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recercher son salut, les estonne, les attriste, les deses-
5)5 père par la crainte de sa ruine ; si les plus illustres louanges, les plus glorieuses recommandations qui ayent eslevé la mémoire de ceux que l'antiquité a admiré a esté ce qu'ils ont faict ou pour la conservation ou pour l'accroissement de leur pays, quand ils s'y sont gene-
560 reusement dévouez, quel blasme seroit le nostre aujourd'huy, si, la France nous ayant nourris en une si douce liberté, faict sentir un si gracieux règne que celuy de noz Roys, honorez des plus illustres charges du Royaume, et faict seoir coste à coste des Ducs et des Princes,
565 nous luy refusions nostre simple parolle, nous luy desrobions en sa nécessité la deffence des loix qu'elle nous a donné en garde ? Car c'est aujourd'huy que Ion entreprend de les renverser toutes et d'un coup ; c'est à la loy Salique que Ion en veut, c'est contre celle-là que Ion
570 a veu déclamer Dom Inigo de Mendose, c'est contre celle-là que Ion a veu les prédicateurs se tempester en leurs chaires : et neantmoins c'est celle-là qui depuis douze cens ans a conservé ce Royaume entier, et l'a mené de masle en masle, tousjours en mesme race, 575 jusques aux Princes soubs lesquels nous sommes nez ; c'est celle-là qui nous a garantis de la tirannie des Anglois, et les a extirpez des entrailles de la France, où les discordes civiles les avoient fourrez. Bref c'est celle qui maintient toutes les autres, qui est l'apuy de noz 580 fortunes, la seureté de nostre repos, l'ornement et la grandeur de l'Estat.
Et qui sont ceux qui usurpent ainsi cette authorité, de vouloir renverser les loix fondamentales du Royaume ? Un petit nombre de députez de quelques villes de ce