HARANGUE DU PREMIER PRESIDENT
sensibles. Mais nous ue pouvons doubler que l'augmentation des Juges inférieurs, sergeants et autres ministres de Justice ne la rendent plus chère que jamais, encores qu'elle le soit trop des à présent, qu'il \- ave tant de destroicts et passages à traverser devant que de parvenir à un arrest définitif, si pénibles pour ceux qui n'ont pas moyen de fournir aux fraiz grrands et nécessaires qu'ils n'estimeroient pas plus rigoureux se la voir desnier du tout qu'estre reduicts à la despence excessive et intolérable qu'ils sont contraincts de faire s'ils ne veulent exposer leur bien en proye. Nous vous supplions treshumblement d'y pour\'oir et considérer que justement nous recourons à vous, auquel Dieu a donné la puissance sur nous pour estre honoré, révéré et obey, qu'il a constitué sur tous vos subjects pour leur commander, régir et gouverner, que nous ne pouvons recevoir allégement que par nos supplications et remonstrances treshurables qui ne s'adressent qu'à vous ", ny borner nos méditations particulières par chose qui puisse donner contentement à nos esprits, d'autant que si nous discourons sur la souvenance de ce qui s'est passé depuis 25 ans, le fruict que nous en remporterons est un regret infiny et perpétuel ; si sur le présent troublé et affligé de trois accidents qui sont fléaux du couroux de [51 r»] Dieu et flèches de son ire, il n'y a rien plus déplorable ; si nous entrons en prevoiance de l'avenir, le progrès confus de nos affaires nous oste le jugement et ne prevoions qu'incertitude hors mis en vostre bonté, bénignité et aff'ection que nous tenons très asseurée envers nous *. Comme vous nous avez tousjours faict cet honneur de la nous impartir, faictes*^ nous donc cette grâce de la nous continuer et conserver cette maison qui est le siège de vostre justice, de laquelle il ne surviendra jamais chose qui vous puisse estre désagréable moyennant la grâce de Dieu, lequel nous prions de cœur et d'affection donner accroissement à vos jours en tout heur et félicité, continuer en vous la bénédiction tant désirée de vos subjects de l'heureuse lignée qui a successivement duré plus
a. qu'à vous et qu'il n'y a rien aujourd'huy qui soit capable de satisfaire et consoler nos esprits (Ei.). — b. nous, comme (Mj.), nous, et comme (£4.). — c. faictez (Afî.) .
long temps qu'à tous autres Roys de la Chrestienté, tant pour vostre contentement que pour délivrer vos subjects d'une crainte de voir et sentir les effects d'un malheur qui nous rendroit la mort souhaitable, conserver la Royne vostre mère pour l'affection et prudent conseil qu'elle a tousjours apporté à la direction de vos affaires et nous faire la grâce de vous rendre nostre treshumble service si agréable que soyons tcnuz de vous pour treshumbles, tresobeissants et tresfidelles subjects et ser\'iteurs.
LEXIQUE