‹ Actions et traictez oratoiresChapitre 80 sur 103 · HARAKGUE DU PREMIER PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

HARAKGUE DU PREMIER PRÉSIDENT

Royaume, qu'il est à craindre que cette flamme qui consomme tout ne se rende inextinguible, puisque tant de grandes et fécondes sources, espuisées et taries pour l'amortir, ne l'ont peu seulement diminuer, tant nous surinent d'inconvénients qui la font augmenter.

Sire, vous desirez la conser\'ation de vostre Estât, nous la desirons avec vous et là tendent nos cogitations, mais vous seul y pouvez donner ordre et pour y parvenir il est temps et plus que temps d'y pourvoir et prendre s'il est possible resolution certaine des moyens qui puissent lever ce joug pesant et insuportable de nécessité, qui engendre une doleance imiverselle en cet estât.

Ja à Dieu ne plaise (Sire) nous tant oublier et esloigner de l'humilité de nostre devoir que de reprendre vos actions : ma charge ne s'estend pas si avant, comme chose qui n'est jamais tombée au cœur ni à la pensée de cette compaignée et que, si en mon particulier m'estoit" advenue, la fin de mes jours me seroit souhaitable . Mais vostre parlement, voyant par la publication des edicts une diminution [50 r«] grande ou plustost enervation de l'authorité que vos prédécesseurs ont donné soubs leur puissance à la Justice souveraine, ne peut * dissimuler combien les occasions luy semblent desplorables et lamentables qui sont cause du changement et transgression si souvent réitérée des formes de si long temps obsersées en ce Royaume en l'esublissement des edicts et ordonnances, pendant l'observation de laquelle cet estât a esté des plus grands et florissants de la Chrestienté, (Sire) nous recognoissons que vous estes nostre Roy et nostre souverain Seigneur et que serions inexcusables de vous demander la raison de ce qu'il vous plaist de faire, parce qu'il ne nous est pas permis, mesmes après avoir entendu la déclaration qu'il vous a pieu présentement faire. Toutesfois estants establiz pour l'administration de la Justice souveraine, conser\-atrice des grands Estats et Monarchies, et aucunement

a. et si en mon particulier ceste disgrâce m'estoit arrivée (£<i.) — b. peuvent {Ms.).

A citons et Traicte^ Oratoires. IJ

médiateurs d'entre vous et vostre peuple, nous sotîimes contraincts pour la nécessité de nostre debvoir vous représenter quelques raisons pour lesquelles il nous semble que les anciennes loix de vostre Royaulme ne doibvent point estre changées, à quoy nous ne sommes poussez par interest quelconque particulier, ains d'une aflfection visceralle à la conservation de vostre estât qui dépend de la manutention de la Justice plus que de toute autre chose.

Nous ne pouvons ignorer combien il est difficile en' ce temps regrettable, auquel l'ordre est surmonté par son contraire, les loix par les armes, qu'elle puisse estre conservée en son entier, mais si bien " la diminution en quelque chose est inévitable, pour le moings donnez ce contentement à vos subjects qu'ils cognoissent que, comme vous l'aimez de faict *, avez la pieté singulière et voulez qu'elle soit entièrement rendue à un chacun, aussi ne l'avez moins recommandée en temps de guerre que de paix. N'interposez point vostre puissance en ce qu'elle doibt <^ avoir son cours ordinaire, prenez conseil sur ce que vous voulez estre exécuté, par ce que les moyens qui vous sont proposez peuvent sembler de première [50 vo] rencontre tolerables, comme les préfaces des edicts sont belles et spécieuses ^, mais estants examinez ne peuvent estre approuvez comme trop dommageables à vostre peuple tant travaillé qu'il ne luy reste force que pour souspirer et se plaindre. Ainsi ont faict vos prédécesseurs venants en ce Parlement, ainsi faisoient les Empereurs allants au Sénat comme divers autheurs ont remarqué entre les actions d'Auguste, de Tybere et de Claude, d'Anthonin, d'Alexandre Severe et autres. Quant aux edicts qui peuvent estre estimez non dommageables ny « apportans incommodité à vos subjects en ce qu'il n'y a point de surcharges, aides et tailles/, c'est chose que nous désirerions pour vostre contentement que chacun se le peust persuader affinque lesfeffects en fussent moins

a. mais si le malheur du temps veut qu'elle souffre quelque dimiuutioa(Ed.). — b. de faict... singulière om. (Ed.). — c. puissance dans les choses où elle doit (Ed.). — d. speciuses (Ms.). — e. n'y (Ms.). — f. d'aides et de tailles, nous désirerions (£d.). — g. le effects (A/;,).

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