‹ Activités sociales (volume 2)Chapitre 29 sur 51 · EN FACE DES LOIS ET DES FAITS SOCUUX · texte numérisé non relu

EN FACE DES LOIS ET DES FAITS SOCUUX

qu'il abandonne son foyer et entre dans Tocéan du monde, les dangers commencent pour son âme sentimentale, naïve et simple; exposé aux mille nuances religieuses, frappé par la différence des mœurs et de la vie, il se sent ébranlé et changé tout à coup. Alors, — malheureusement ses pratiques religieuses sont presque toujours l'effet des traditions plutôt que le fruit de la conviction, — au premier assaut, tout l'édifice s'écroule; l'émigré devient la victime de l'indifférence. »

Mais ce n'est pas le seul danger que court la foi de rémigrant : « A la différence des ouvriers allemands et suisses, l'ouvrier italien, très peu instruit, confond facilement la question religieuse avec la question sociale ; dès qu'il se déclare ennemi du capitalisme, il le devient de la religion; tandis qu'en Suisse fleurissent les Arbeiterbundj qui n'ont aucim caractère confessionnel, le socialiste italien ne supportera jamais à son côté un ouvrier catholique : pour lui, être socialiste, c'est la même chose qu'être anticlérical. » De plus, lisons-nous dans cette brochure, « l'indifférence religieuse des émigrés éveille les convoitises des sectes qui essaient de leurs puissants moyens financiers pour conquérir des prosélytes parmi les ouvriers. Mais le fait démontre que le résultat de leurs efforts est nul. Les ouvriers italiens restent catholiques ou deviennent tout à fait indifférents à l'idée religieuse ».

Après avoir indiqué les dangers courus, nos deux auteurs notent ce qui rend ces dangers particulièrement redoutables à leurs compatriotes : « Pour eux, déclarent-ils, V ignorance est le grand mal; ne connaissant rien, n'ayant rien que de i^ agites traditions y ils n'opposent aucun obstacle aux ravages de l'irréligion ; ils se trouvent dans une condition intellectuelle et morale inférieure à celle de leurs camarades... »

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bonahwnmgii ne sont ploi muata; ils oppoMBt dnquante objections à mon argnméntatii»). Le«: mal-' -Jtienreiixl Os n'étaiMit pu capables d'une r^MMue chrétienne, et ils tenaient d'nne foçon t*ès piittmhlrr If rAle dn oontradictenr sodaliste. Ceqniestpireenoape, c'est qu'ils paraissaient croire à ' la Talcûr de lean tristes raisonnemants. Les pauvres «liants voyaient bien qne je n'étais pas content; ansn l'on ^'eox me dit, sinon poor me consoler, an moins pour excaser ses camarades : ■ N'est-ce pas, Monsieor, on n'entend c rien que ça à l'atelier, et on y est tout le temps, « nons autres ; et pois, ici, on ne cause jamais de ça.' » Voilà le bouquet, me dis-je, ea écoutant cette réflexion ; on n'entend que ça à l'atelier où l'on est tout le temps, et on ne parle jamais de cela an patronage. — ■ Mes chers enfants n'ont pas appris l'économie sociale au patronage; mais ils ont trouvé des professeurs à l'atelier. Je les ai préservés du péril de devenir des démocrates chrétiens; mais, par contre, ils sont devenus socialistes. Ce n'est pas précisément ce qae je rêvais. »

Remarquez qu'il s'agissait là de jeunes gens fréquentant un patronage, c'est-à-dire d'une élite de la jeunesse ouvrière au point de vue religieux : or, pas un seul n'avait été capable de répondre à une objection courante contre la vérité catiiolique. Supposez — l'hyp'othôse ne concorde que trop avec la réalité des faits — que, deux ou trois ans plus tard, tel ou tel de ces braves garçons quitte sa petite ville ou simplement même son quartier, bref qu'il change d'entourage :

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chez d'aatres peu d'imhatei soixante centirneB par jour, i épargnes la famiDe qn'fl a d

permettra d'apprécier aa sobriété et son esprit vtaiment familial : dans le seul mois de décemJire 1901, les 1.826 ouvriers italiens qni travaillaient an tunnel do Simplon ont envoyé en Italie par mandat postal, la somme de 30.257 francs.

Malgré ces qnalités, les émigrants îtaHau soBt fréquemment d^ns nne sitoation qni devait tonchw le oœor de quelques-uns de leurs compabiotes plos Ibrttmés. Ce fut M" Bonomdli, évèqne de Grémonei qoi Indiqua le premier ce qu'O y avait de praitiqae à Caire pour ces pauvres gens.

Il entreprit tout d'abord d'organiser l'émigratloD dans son diocèse. Pois, peu k peu, les concours de toutes sortes s'omirent à l'évéque qui, an mois de mai 1900, créait l'œnvre de VAMtûtaace des ouçriera italieru émigrés.

Le fonctionnement de l'œuvre repose essentiellement sur les secrétariats ouvriers.

En voici Je programme :

1" Procurer à l'ouvrier émigrant des passeports, ainsi que les papiers et actes dont il pourrait avoir besoin ;

2° Lui faire, à titre gracieux, des traductions, des correspondances ainsi que des expéditions d'argent;

3° Faire les démarches nécessaires pour obtenir le paiement d'une indemnité en cas d'accident du travail;

4" Obtenir des réductions sur les chemins de fer, soit lorsqu'il quitte sa patrie, soit lorsqu'il y revient;

5° Renseigner les ouvriers, qui désirent émigrer, sur les conditions du travail et du placement à l'étranger ;

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£n maints endroits, c'est le Secrétariat qui entreprend l'oeuvre du groupement. Ainsi, il y a un an, à Carouge, près de Genève, on constata, dès la création du Secrétariat, qu'il n'existait aucune, association italienne. Le terrain était particulièrement difficile, mais cependant, peu de temps après, une société de secours mutuels fut fondée : c'est la Fratellanza. On nous dit qu'aujourd'hui elle est en pleine prospérité.

Les secrétariats créèrent des associations de même genre à Saint-Gall, à Bâle, à Fribourg-en-Brisgaa, à Lyon et en plusieurs autres villes.

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