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EN FACE DES LOIS ET DES FAITS SOCUUX

un missionnaire italien dans tout secrétariat, a Le missionnaire, en dehors de son service habituel du dimanche, et des visites aux familles, à Fhôpital et aux prisons, trouve le temps de donner ses soins aux ouvriers qui sont éloignés de sa demeure et il pénètre là où Taction des consulats ne pénètre pas, ni même la propagande socialiste, si tenace et si intense dans les grands centres. Soit que l'ouvrier se trouve à 4.200 mètres sur les hauteurs de la Jungfrau, soit qu'il travaille sur les blanches montagnes de l'Engadine ou dans les sombres vallées de la Forèt-Noire, il a la consolation de recevoir, de temps en temps, les visites du missionnaire. Cette visite lui apporte le souvenir de la patrie lointaine ; il lui semble revivre au milieu de sa famille et assister aux sermons de son bon curé. Cette joie délicieuse se conçoit. L'émigré souffre cruellement de son abandon; il ne connaît personne; l'ignorance de la langue est souvent un obstacle que rien ne peut renverser. . . Les missions donnent parfois lieu à des scènes émouvantes; que de beaux spectacles dans le duché de Bade, dans la Suisse allemande, lorsque nos rudes travailleurs se rangent autour d'un prêtre de leur pays pour retrouver, en l'écoutant, les enseignements de leur jeunesse et accomplir les devoirs d'une religion qu'ils ne savaient plus comment pratiquer ! » M^*" Bonomelli a visité, Tan passé, plusieurs des secrétariats de'l'œuvre établie en Suisse. Le 20 août, il faisait l'ascension de la Jungfrau ; en présence des cent cinquante ouvriers italiens qui travaillent au chemin de fer qui transportera les touristes au sommet de cette montagne de plus de 4.000 mètres, il a célébré le saint sacrifice de la messe. Le Momento du 25 août 1905 disait la joie de ces émigrés en voyant et en entendant l'évèque de Crémone — un évêque de chez eux.

A côté du missionnaire, l'œuvre envoie des Sœurs

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extrémemeiit féconde et bienfaisante, qa'elle rencontre bon accueil auprès des Frai^^ que les circonstances mettront «d tdatiùOB avec eUe* Ne faisons-nous point partie de ce qae Ton nommait jadis d^on si beau nom : la Chrétienté? Sacbons donc ne pas onbUer nos deroirs dé membres de la Société catholi- %qae; cela ne nous empêchera noHemenl — bien au contraire — de remplir nos obligatmns Wers la patrie*

que nos amis étaient, dans le bon sens du mott de vrais « réalistes » : soit dans leurs propontimis de loi, soit dans les résolutions de leurs Con^prëSy.ils se sont toujours appliqués à chereher la justificaiicm de leui% théories, non seulement dans des considérations doctrinales, mais aussi dans l'examen attentif des faits.

Ils seraient d'ailleurs impardonnaUes d'agir d'antre façon : les événements, en effet, ne travajllent-ils pas dans leiur sens et tie mettent-ils pas à nu, chaque j<mr davantage, l'insuffisance et les dangers du libéralisme économique?

Nous voudrions apporter, en faveur du catholicisme social, deux ou trois confirmations qui poiirrcmt sembler quelque peu inattendues.

Nous en avons trouvé les éléments surtout dans un livre de M. É. Dudaux, qui fut directeur de l'Institat Pasteur, livre consacré à l'étude de questions d'hj- * giène ^ On sera peut-être surpris de nous voir invoquer à l'appui de conclusions économiques un ouvrage du savant bactériologiste; mais si Ton veut bien nous lire, on reconnaîtra, nous Tespérons, que les observations de l'hygiéniste fortifient indirectement quelques-unes des thèses des catholiques sociaux.

La première de ces thèses porte sur Tobligation où

1. L'Hygiène sociale^ par Emile Duclaux, membre de l'Académie des scieoces, Paris, Félix Alcan, éditeur (Bibliothèque générale des sciences sociales), 4903.

Il est regrettable que Tauteur se soit laissé parfois entraîner par la passion antireligieuse. On est d'ailleurs surpris de trouver ces manifestations d'anticléricalisme dans un pareil livre; tout lecteur impartial estimera, nous en sommes sur, qu'elles n'ajoutent rien — bien au contraire — à la valeur de ces études où elles n*ont que faire. Mais, sous ces réserves, nous tenons à noter le haut intérêt scientifique de l'ouvrage de l'ancien directeur de llnstitut Pasteur.

— ^ de celte tubercnlode qui, i&aqae année» ealèfe à k France près de cent cinqoante inille de aas enfuila.

Et ne prétendes pas qnele boorgeobponrwtoigoiirs se mettre, loi et les simis, à V4bn dn teriiUhi flésu» Sans dontCt ses ressonrces lui permettront de prendre de nombrenses précanticms prév^ittres, mais emnniMit ponrraii41 se garantir êArement contre cm êtres invisibles qui, an sortir de la poitrine dHm inoari-d»-&&ii, se répandent dans l'air et pmvent être resj^rés aiwi inconsciemment par le millionnaire que par le 8a]^hIésou qui passe dans la rue? Que de personnes ridies, atteintes de la tuberculose, ne scmt pmit4tipe que les victimes par fMMiiet Aes misses physiques diûs aux cbAmages prolongés, au meurtrier travail de nuit ou bien surtout aux « salaires de famine »1

Niera-t-on encore qu'il y ait intérêt pour cbaeun de nous — je laisse la question du devoir social — i se préoccuper des conditions de vie imposées à noire prochain?

Il est un autre fait qui met en lumière cet intérêt, d'une façon non moins frappante.

La plupart des vêtements et des pièces de lingerie, vendus dans les grands magasins à un prix parfois dérisoire * de bon marché, sont confectionnés par de pauvres femmes qui, exploitées par les intermédiaires, sont obligées d'accepter une infime rétribution. Cette insuffisance de gain entraîne pour ces malheureuses et pour leurs enfants une, existence de misère ; dans Tunique chambre qui sert de logement à toute une nichée de marmots, à peine nourris, mal soignés, les

i. Nous pourrions citer tel magasin où l'on ne vend pas plus chéries draps et les serviettes, qu'ils soient ourles ou non : on se demande ce qui, dans ces conditions, est payé aux ouvrières qui effectuent les ourlets en question.

m XN FACt DES LOIS ET BBS FAITS SOGUUl.

social. Mais les doctrines pastenriennes noas réyèl^ott aiyourd*hui que c'était là un intérêt mal compris; le christianisme vonlait notre bien matériel, 0a même temps que notre bien moral» lorsqu'il nous interdisait de profiter de Texploitation de nos frères ouvriers.

Une seconde démonstration sociale, que nous apportent les découvertes de Pasteur et de ses disciples, concerne TefiBcacité et la nécessité, en certaines matières, de rintervention des pouvoirs publies ou, si Ton préfère, du principe d'obligation étàUi par la loi.

n 7 a une école qui voudrait réduire FÉtat à un simple rôle de police. D'après ces ultra-libéraux, l'initiative privée suffirait à tout. C'est assurément une exagération regrettable et condamnable : de ce que l'initiative privée est chose excellente en soi, digne d'être encouragée, il ne faut pourtant pas conclure qu'elle soit toujours capable de mener à bonne exécution les œuvres les plus diverses et les plus considérables.

L'histoire de la guérison de la variole vient nous en donner une preuve péremptoire ; elle établit, ce nous semble, la supériorité, en certains cas, d'une mesure décrétée obligatoire sur les procédés, si ingénieux soient-ils, dus uniquement à la libre initiative des citoyens.

Les faits, intéressants en eux-mêmes et par les conclusions qu'on en peut tirer, valent la peine qu'on les relate avec quelques détails.

Au lendemain de la guerre de 1870, la population allemande fut très cruellement éprouvée par des épidémies de variole : de 1870 à 1874, il mourut de ce chef

SM n Fio> DU Lou n vmi

pérer que nous oesserons bienti dot plofl dUtingaés ■. Le Sém Tient, en efFet, de voter ane loi i anti^rioliqne obligatoire an ooors de la prenîtot année delà vie, abui qae la nvaooina^n an omn de la omième et de la vingt et onième. C'est A pea {wte . dans ces conditions qae l'idiligstion de la vaceÎBatiui • été imposée non seolemant en Allemagne , mai* oneere en Suède, m Norvège, en DanemaA.

Lors de la discoHion de oette loi an Sénat, M. Je D' Brooardel, en sa qualité de commiMaire du gonvemement, a cité na certain nombre de bits qû établissent les heorenx résultats obtenus par ToUigation et, par contre, rendait évidente l'insaffisasee de l'initiative privée, Void, entre antres oboses, ce qa'a déclaré l'anci^i doyen de la Facnlté.de médedne de Paris * : « Cenx d'entre nous qni amt «liés k l'Exposition universelle tmt pa voir des tableaux dons lesquels on faisait figurer la mortalité varioUqne dans les difFérenls pays européens, il j avait une grande partie blanche aumilieu de l'Europe, s'étendant sar la Suède, la Norvège, le Danemark, l'Allemagne, pays où la vaccination est obligatoire. L'expérience est donc faite. Elle a eu lieu en Allemagne dans des conditions très sévères, et en voici le résultat : alors que nous perdons encore, sur 100.000 habitants, de 15 à 20v&rioleux par an, suivant les villes, toute l'Allemagne donne 0,04 pour 10.000 habitants. Par conséquent, tous les ans, l'Allemagne fait, par rapport à nous, une économie de k.OOO wiea humaines. »

L'infériorité de l'initiative privée, en pareille matière, n'est-elle pas assez nettement prouvée par cette

il janvier 19IB. — Sénat, séance du 30 Jantier

TOUS proposer d'aller j d'un de nos collègues, médeom Donvellemeat marié, va & Édimba LA, qaarante-luiit heures après t ' contracte la fièvre scarlatine. Le i l'apprend et prévient l'inspecteor.

femme, on renferme pour qnariuite tal de contagieux, et le médedn beaucoup de peine k accompagner hdpital spécial *. > Noos signait Bronardel à ceux qoi seraient tentés de supposer qoe le libéralisme anglais assore à l'indinda le droit de' bire tout ce que bon lui semble.

Après cette grave et gênante limitation apportée ii l'exercice de la liberté individuelle, voyons maintenant les limitations fort graves et non moins gênantes im- ' posées à l'exercice de la propriété individuelle, — au nom de l'intéràt collectif.

C'est au livre de M. Dnclanx que nous empruntons l'indication de ces faits '. « Les statistiques de mortalité ayant montré depuis longtemps le danger que présentaient non seulement pour leurs habitants, mais aussi pour le voisinage, les maisons bondées des quartiers pauvres, les Anglais ont conclu, avec leur sens pratique et le goût pour le bien-être du home qu'ils ont tons à un degré si éminent, qn'il y avait là une imperfection à corriger. De là un mouvement d'opinion, qui date de 1848, et gui s'est immédiatement traduit par des acts du Parlement, s

M. Duclaux passe en revue ces divers acts : « Le premier définit ce qu'il appelle les nuisances, c'està-dire les conditions hygiéniques qui peuvent être

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