LA FIXATION DE L'AZOTE
compliqué : les auteurs l'ont décrit sans rien en cacher, à la Société internationale des électriciens. Une usine de nitrification électrique s'installera avec tout autant de facilité, où Ton voudra l'installer, qu'une usine destinée à produire de la lumière électrique ou de la force motrice.
On voit dès lors que des industries de ce genre se fonderont assurément partout où la «houille blanche» , partout où la chute d'eau, naturelle ou aménagée, se trouveront à brève distance des gisements alcahns.
Actuellement on fait venir à grands frais le nitrate de soude. Ce remarquable engrais, plus efficace que le sulfate d'ammoniaque, vient du vaste gisement qu'il occupe dans l'Amérique du Sud, sur les côtes du Pacifique. La province de Tavalapa, au Pérou, le désert d'Atacama, en Bolivie, en possèdent d'énormes couches dont l'agriculture européenne est tributaire. Grâce au procédé de fixation électrique de l'azote, les mines de nitrate de Tavalapa et d'Acatama vont se trouver reportées au-dessus de nos têtes : il ne s'agit que de savoir y aller puiser.
Certes, il convient de perfectionner encore les procédés dont M. de Kowalski nous a entretenus : il est nécessaire de réaliser des prix de revient du « nitrate électrique » avec lesquels le nitrate naturel ne puisse pas lutter. On y parviendra, ayons-en la confiance.
Dès lors, supposons cette production nationale des nitrates organisée au moyen de l'énergie des chutes d'eau. Cette même énergie permettra de labourer mécaniquement les champs sur lesquels on se propose d'épandre l'engrais emprunté à l'atmosphère.
On sait de plus qu'avec l'emploi du nitrate de soude comme engrais, il n'y a pas d'année de sécheresse : les racines des plantes renforcées par cette nourriture azotée vont chercher dans les couches profondes du sol l'humidité que les couches superficielles leur refusent.
74 ACTUALITÉS SOÏENTlFIÇUES
Un vieux proverbe, qui fut pendant longtemps véridique, dit: « On ne vit pas de Tair du temps ». Pauvre vieux proverbe ! Lorsque les récoltes vivront à volonté de « Tair du temps », il ira, et ce sera bientôt, rejoindre les vieilles lunes, car assurément le problème de la nitrification artificielle est résolu.