LA FIXATION DE L AZOTE
Tout récemment on donnait au monde scientîfiquB, puis au public, la nouvelle que des électriciens américains étaient parvenus, au moyen de décharges électriques, à fixer Tazote de Tair, c'est-à-dire à produire des vapeurs nitreuses, puis de Tacide nitrique, et enfin des nitralc^s.
Ainsi donc serait résolu, dans des conditions économiques à étudier, bien entendu, le troublant problème de la nilrification : Tatmosphère serait bien l'inépuisable gisement des nitrates que l'on supposait, et dans lequel il suffisait de puiser indéfiniment et à volonté.
On n'a point admis, tout d'abord, ce fait important, sans beaucoup d'objections et de doutes.
A la vérité, la formation des vapeurs nitreuses par lo passage des décharges électriques dans l'air est un phénomène connu depuis la fin du dix-huitième siècle ; los célèbres chimistes Cavendish et Priestley, avec les procédés électriques élémentaires dont ils disposaient alors, le mirent cependant en évidence.
De nos jours les recherches scientifiques de M. Borlhelot, en France, de MM. Hoffmann et Buff, en Allemagne, ont corroboré d'une façon effective l'action de l'étinreUe électrique sur les mélanges gazeux dont l'air atmosphérique est le type usuel et magistral.
Enfin, en 1897, lord Rayleigh fit la démonstration com-
plèie. Dans un mélange d'air et d'oxygène il fit jaillir, en enceinte fermée, des décharges électriques entre des électrodes en platine. Il obtint environ 87 grammes d'acide nitrique par cheval-heure électrique, et ne laissa aucun doute sur cette production. Le principe de la nitrification industrielle entrait, dès lors, dans l'application.
MM. J. de Kowalski et Moscicki, qui se sont attachés au perfectionnement des méthodes indiquées, viennent de confirmer les espérances que l'on en peut tirer dans une instructive communication faite, à Paris, à la Société internationale des électriciens.
Ils prennent de l'air atmosphérique tout simplement avec ses 20,8 volumes d'oxygène et ses 79,2 volumes d'azote, et le soumettent à des décharges électriques de haute fréquence. On voit se former du bioxyde d'azote, puis de l'oxhydride azoteux et du peroxyde d'azote. Ces vapeurs nitreuses étant oxydées et hydratées se transforment en acide nitrique. Assurément, c'est ainsi que les grandes décharges électriques agissent sur l'atmosphère :
Cœlo tonantem credidimus Jovem « niiriftcare.
Dès 1899, M. de Kow^alski avait remarqué que le rendement de vapeurs nitreuses produites dans l'air par les décharges électriques augmente beaucoup avec la fréquence du courant alternatif employé pour produire ces déchaînes. C'est sur ce point que s'est utilement portée son attention, et c'est là qu'il a réalisé un réel progrès.
MM. Mac Dougal et Howler, en produisant un arc entre deux électrodes métalliques avec un courant de deux dixièmes d'ampères produisaient 33 gr. 6 d'acide nitrique par kilowatt-heure.
Notons bien que le matériel électrique nécessaire pour arriver à cet étonnant résultat n'a rien de mvstérieux ni de