‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 28 sur 105 · COURANTS ÉLECTRIQUES DE L>AIR · texte numérisé non relu

COURANTS ÉLECTRIQUES DE L>AIR

Le professeur a imaginé un curieux appareil d'investigation des ces courants, appareil qui est peut-être le principe des « bouées de captation électrique aériennes » dont nous parlions au début de cet article.

Il enroule tout simplement un fil métallique conducteur en hélice autour d'une baguette, de 5o en 5o centimètres ; sur sa longueur, le fil porte une pointe métallique.

Suspendez cet appareil à un support isolé et mettez-le en communication, par un iil isolé, avec une des bornes d'un galvanomètre dont l'autre borne est à terre sur plaque de zinc. En tout lieu, partout, dans l'atmosphère, vous verrez se manifester le passage des courants électriques à potentiel variable. Parfois, surtout dans les pays du Nord, les pointes de l'appareil jettent des lueurs clignotantes qui paraissent être identiques à celles des Aurores boréales.

Dans les régions polaires, le professeur Lemstrôm a observé l'exaltation toute particulière de ces courants. Il leur attribue, et cela paraît vraisemblable, la rapidité extrême avec laquelle poussent les végétaux dans ces régions pendant la brève période où le sol veut bien se dégeler. C'est une activité végétative en quelque sorte fiévreuse, une bousculade. L'azote et Foxygène de Tair n'ont que le temps de se combiner pour former les précieux azotates nécessaires à la vie des plantes ; la capillarité, grâce à laquelle la sève monte dans les vaisseaux capillaires des plantes, est accrue dans une très large mesure que ne connaissent pas les régions tempérées. 11 y a incontestablement une intervention électrique toute spéciale.

L'auteur de ces recherches engage les observatoires météorologiques à faire des observations méthodiques du genre de celles qu'il a faites et à en coordonner les résultats. Il faut vivement souhaiter que ce conseil soit suivi.

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D'une part, on y trouvera peut-être Texplication de certains phén'omènes météorologiques et astronomiques dont la cause est incertaine, par exemple des Aurores boréales dont nous venons de parler.

Mais, d'autre part, on y trouvera sans doute aussi des indications précieuses sur le régime de ces courants électriques de l'air au milieu desquels nous tournoyons et qui ont des relations évidentes avec les courants telluriques et avec le magnétisme terrestre en général.

Dès lors, le fonctionnement électro-magnétique de l'atmosphère étant bien étudié et, si possible, déterminé dans diverses circonstances, on pourra, plus que jamais, serrer de près le problème de la captation de Ténergie électrique atmosphérique et puiser, à grands coups de machines dynamos, dans cet énorme et inépuisable réservoir de force motrice.

Un des mérites du professeur Lemstrôm aura été de montrer tout d'abord le but pratique de ces recherches, et de mettre en premier lieu en évidence la nécessité de l'observation suivie des courants électriques de Tair. L'électricité est, en effet, avant tout, dans ses prodigieuses révélations, une science d'observation et de constatation. Plus tard, on fera des théories confirmatives ou complémentaires; mais, pour le moment, il faut tâcher, avant tout, de seller et brider les chevaux électriques de l'atmosphère : c'est déjà de quoi nous occuper énormément et utilement.

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