‹ Actualites scientifiques (volume 2)Chapitre 77 sur 105 · LA GUERRE AUX RATS · texte numérisé non relu

LA GUERRE AUX RATS

lades, le service de santé monte à bord, et dit : « Vous avez des rats dans la cale ! » On cherche, et Ton trouve des rats toujours. Alors on nettoie à fond le navire, ce qui est une excellente chose, car, sans cela, les navires ne cesseraient de circuler sans se nettoyer jamais, jusqu'au jour où leurs vieilles carcasses pourries s'effondrent au sein d'une tempête quelconque. La crainte du rat est donc bien un commencement de sagesse internationale.

Lorsqu'un navire est soupçonné d'être descendu des célèbres échelles du Levant avec des rats pesteux dans sa cale, on le soumet à une heureuse désinfection : on y fait brûler du soufre, on le remplit d'acide carbonique, on le garnit de pâte phosphorée qui foudroie le rat. Puis on recueille les cadavres des rongeurs et le navire est considéré comme assaini. On ne saurait assez souhaiter qu'il le soit effectivement, et puisque cela a réussi jusqu'à présent, il faut espérer que cela continuera par la suite.

Mais il y a pour les chercheurs une question qui s'impose. Comment se fait-il qu'il y ait toujours des rats à bord des navires ? Vous faites construire un beau navire bien propre ; vous le lancez avec succès ; vous le menez au bassin, où il fera l'admiration des visiteurs. Le lendemain, vous mettez un piège dans la cale : vous prenez un rat 1

Y a-t-il donc une génération spontanée des rats ? Le fait seul pour une chose flottante, d'avoir la forme d*un navire, fait-elle germer de la graine de rats ?

L'explication qu'en donnent les marins est toute autre. Les rats qui peuplent les quais des ports de mer, en raison de ce fait que les bassins maritimes sont la réaHsation la plus large du « tout à l'égout », ont l'instinct qu'il y a quelque chose à ronger dans les navires amarrés aux quais. Lorsque le marin regagne son bord, pendant la nuit, il voit sautiller les « aussières », c'est-à-dire les gros cordages qui retiennent les navires. Ce sont les rats qui, en file

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indienne, çntrent dans le navire, ou qui en sortent. On a essayé de n^ettre sur les cordages des sortes de balais garnis de pointes, et Ton a obtenu d'étonnantes dégringolades de rats : mais, les marins sont gênés dans leurs manœuvres par ces balais, et au bout de quelque temps, on ne pense plus à les installer. D'ailleurs, une seule nuit sans balai sur les amarres, cela suffit à l'invasion d'un navire.

11 y a aussi une autre voie d'invasion pour les rats, ce sont les ballots, les caisses, les sacs, les colis, que l'on embarque. Tout cela séjourne un tantinet sur le quai avant l'embarquement, et alors le véhicule est tout trouvé pour le rat, ou bien déjà logé dans le ballot, ou bien accroché après. Voilà pourquoi il y a des rats, et pourquoi il y aura toujours des rats dans les cales des navires.

Assurément, ils peuvent apporter avec eux le germe de la peste lorsqu'ils proviennent des régions pestiférées où ils se sont régalés de matières infectes avant l'embarquement ; assurément il est bon et utile de faire, plus que partout ailleurs, la guerre aux rats à bord des navires. Mais, il ne faut pas non plus s'effrayer et se démoraliser parce que, dans un navire suspect, envoyé en quarantaine, on aura trouvé des rats remplis de microbes : ce n'est pas une exception maritime.

Le rat n'est pas davantage une exception terrestre : lorsqu'une arn^ée se met en marche pour la victoire ou pour la défaite, elle est toujours accompagnée d'une légion de vilains compagnons, les rats, les corbeaux, et les loups.

Le rat noir paraît être venu d'Asie en France à l'époque des Croisades. On utilisait sa fourrure et l'on faisait des g^nts avec sa peau. Mais vers 1760, des navires anglais inaportèrent de Perse et de l'Inde, en Europe, une autre variété, le rat actuel, le féroce et envahissant surmulot qui a détruit le rat noir. Tout lui est bon, grains, fruits, linge, bois, animaux de toute espèce.

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On a essayé toutes sortes d'empoisonnements du rat sans grand résultat. Ce qu'il faudrait trouver, en dehors du chat qui ne s'attaque pas au rat, et du bon chien qui ne peut le poursuivre dans ses repaires, c'est quelque autre animal destructeur du rat. Car la nature a toujours mis le remède à côté du mal : mais l'application du remède est parfois difficile.

Ainsi, aux Indes, le grand destructeur du rat était le tigre. Le tigre a une très belle fourrure, il est la « descente de lit » par excellence : de plus c'est un grand dévoreur de bestiaux et aussi d'humains lorsque les humains veulent l'empêcher de dévorer les bestiaux. On a donc fait au tigre, dans les Indes, une chasse de destruction systématique. Qu'en est-il résulté ? C'est que les rats délivrés de leur ennemi ont ravagé et ravagent les cultures. Les Indiens regrettent le tigre : ils songent à créer des fermes-écoles pour la reproduction du tigre. Mais le tigre élevé à la ferme-école ne « marche plus » contre le rat ; il en a une peur épouvantable : il est, dès sa tendre enfance, par trop « descente de lit. »

Pour en revenir au rat, en dehors des grandes désinfections à la vapeur, à l'acide sulfureux, à l'acide carbonique, et au sublimé corrosif, les moyens simples de ëestruction consistent tout d'abord dans le baquet plein d'eau avec une planche à bascule sur laquelle on met un appât. Les pièces en fer ne sont pas à négliger. Comme poison, en plus du poison scientifique que l'Institut Pasteur met à notre disposition, on peut recommander les racines fraîches de renoncule pilées et mélangées avec de la graisse, les boulettes de viande au phosphore ou à l'arsenic, les boulettes de verre pilé et de ciguë détrempées de lait, et le lard frit roulé dans la poudre de noix vomique. Puissent ces divers moyens généralisés prélever un large tribut sur l'envahisseur fouinard et pesteux !

REFUSES ET GARBAGES

Refuses et garbages sont deux termes assez singuliers au premier aspect. Nous les employons cependant à dessein ; car, en remuant légèrement les dictionnaires, on apprend que cela correspond à « ordures ménagères » et (t gadoues )>. Or, lorsqu'on parle de ces vilaines choses et (tes moyens de s'en débarrasser, on constate qu'il a été fait bien peu en France pour la destruction et l'utilisation rationnelle des ordures ménagères : au lieu qu'en Angleterre et aux États-Unis on peut déjà obtenir des documents très instructifs sur la façon d'utiliser les « refuses » et les « garbages ». Il convient donc de mettre tout cela dans le même panier, ou dans la même boîte à ordures telle que M, Poubelle, en bienfaiteur de l'hygiène, en dota jadis la ville de Paris. Cela intéresse la généralité des gens qui ont l'honorable, quoique souvent bien exagérée, prétention d'être civilisés. Car, la ville, grande, moyenne ou petite, fabrique en quelque sorte l'ordure, le « refuse », le « garbage M. Elle attire toutes les matières alimentaires et coraesiibles que produit la campagne, et après avoir éplu ehé, rongé, trituré tout cela, elle en fait des tas infects, dangereux pour la santé publique.

Dès qu'une agglomération humaine et stable un peu importante est créée, la question des ordures est donc posée. On en fait des tas aux abords de la cité et Ton invite les maraîchers et les cultivateurs à y puiser comme engrais. C'est un assez bon engrais dans bien des cas, mais rempli

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de débris de verre et de porcelaine qui rendent la culture pénible. Pour les grandes villes, les ordures finissent par former autour d'elles de véritables fortifications remplies de miasmes et d'où peuvent sortir des épidémies.

Les chemins de fer et les canaux peuvent bien en emporter un peu à distance. Mais dès que cette distance est grande, le prix de transport arrête l'exode de l'infecte et fertilisante marchandise.

La véritable utilisation consiste à trier tout d'abord les ordures afin que les industrieux chiffonniers puissent prélever dessus leur petit bénéfice, puis à les traiter par le feu, ou chimiquement, dans la banlieue même des villes de façon à n'en renvoyer à l'agriculture que la partie utile. Ces procédés rationnels gagnent chaque jour du terrain au grand profit de la propriété et de l'hygiène.

Ils se subdivisent en traitement par incinération et traitement par réduction ; ce dernier est surtout pratiqué aux Etats-Unis.

En général, les ordures ménagères, qui contiennent pas mal de papier, de débris de bois et d'escarbilles, peuvent être brûlées sans addition de combustible : elles se brûlent par elles-mêmes. On utilise alors la chaleur produite pour chauffer des chaudières à vapeur : la vapeur de ces chaudières fait tourner des machines électriques et l'on obtient de l'éclairage à assez bon compte : c'est ce que l'on a nommé la pratique de « l'ordure lumière ». Les cendres et les scories agglomérées sous pression avec un peu de ciment fournissent des matériaux artificiels, des dallages, des carrelages, qui ne sont pas sans mérite. Mais ce système a l'inconvénient de détruire l'engrais agricole contenu dans les ordures.

Le traitement « par réduction » permet, au contraire, la conservation de l'engrais. Il consiste à enlever aux ordures la graisse qu'elles contiennent en les faisant bouillir dans

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d'énormes chaudières autoclaves, puis à dessécher le résidu qui est utilisé comme matière fertilisante. Parfois on opère la dissolution et l'extraction des graisses par le naphte et la benzine. Chose curieuse, les graisses ainsi extraites sont envoyées dans les savonneries et c'est avec elles que Ton prépare les savons fins, parfumés, les plus délicats.

A Boston, aux Etats-Unis, on a installé, récemment aussi, un procédé de traitement des garbages qui les dégraissait, transformait le résidu en coke, et permettait de recueillir l'azote fertilisant sous forme de sulfate d'ammoniaque. Malheureusement, l'usine où se faisaient les essais en grand fut dévorée par un incendie avant que Ton eût pu établir exactement les conditions économiques de fonctionnement du système. Cela est à reprendre.

A Paris, on procède surtout, dans les essais que l'on fait, par incinération pure et simple. Il est déjà fort utile et avantageux d'avoir brûlé à fond, détruit le microbe, et empêché les fermentations des tas avec toutes les mauvaises odeurs consécutives.

Mais il y a à signaler aussi un intéressant essai de traitement rationnel des ordures par broyage, lequel fonctionne à Saint-Ouen. Voici en quoi cela consiste :

L'usine comprend deux fosses symétriques destinées à recevoir les ordures ménagères que les tombereaux amènent. La matière, tirée sur une toile roulante, qui court le long du fond de chaque fosse, est triée par une équipe spéciale d'ouvriers placés à l'extrémité de la toile. Après triage, la matière se déverse sur un premier élévateur qui la mène à un broyeur où elle est hachée, triturée, réduite en une sorte de pâte innommable. De là, un second élévateur la reprend et la charge dans ses wagons : la voilà partie pour aller fertiliser les champs. Les promoteurs disent que cette fertilisation peut avoir lieu dans un rayon de 200 kilomètres. A 4o kilomètres de distance

Refuses Et galbages 2â.^

cette sorte de terreau serait, d'après les calculs, fourni aux cultivateurs à des prix avantageux. D'ailleurs, c'est une question de tarifs de chemins de fer. Au point de vue agricole, qui a une grande importance, ce système est certainement l'un des meilleurs que l'on ait imaginés et proposés : il peut s'appliquer très bien aux villes petites et moyennes ayant une zone de culture à proximité.

Les hygiénistes réclament surtout, et ils ont raison, que toutes ces manutentions, tous ces traitements d'ordures, se fassent en vase clos. C'est la première condition à remplir et elle est, il faut le reconnaître, bien mal remplie. Paris donne encore le fâcheux exemple des tombereaux d'ordures ouverts qui déambulent par les rues en répandant sur leur passage des débris malpropres et de fâcheuses odeurs. On voit aussi des wagons ouverts, de simples plates-formes, promener les ordures sur les voies ferrées et ce n'est pas une chose agréable, ni hygiénique, surtout par les temps de chaleur, que de rencontrer un de ces Irains-h'».

A Vienne, en Autriche, où l'on a fort étudié la question, on a combiné des tombereaux fermés dont le chargement ne présente aucune difficulté. Il y a là un bon exemple à suivre pour ceux qui se préoccupent de cette question. Et, ceux qui s'en préoccupent seront de plus en plus nombreux ; car, tous les recensements nous montrent que les villes exercent sur les populations rurales, en tous pays, une incoercible attraction. Le tas d'ordures, désagréable dans les petites agglomérations, devient encombrant et néfaste dans les autres, et il n'est que temps de s'en occuper ; en effet, à force de laisser s'entasser les ordures, les « refuses » et les « garbages », on peut se demander quel serait, à un moment donné, l'Hercule capable de nettoyer les étables d'Augias de la civilisation ? Il faut que les villes s'accoutument à faire proprement leur ménage si elles veulent conserver leur hygiène et leur santé.

Ce n'est point d'une maladie de la houille que nous voulons parler ici, et pour cause. Mais il y a, dans le vocabulaire scientifique, u charbon et charbon » ; nous allons jeter un coup d'œil ur la terrible maladie professionnelle que Ton désigne i asi, et qu'un langage plus strict nomme « septicémie charbonneuse » ou empoisonnement par le virus charbonneux.

Toujours la rançon du progrès ! Les ouvriers qui manipulent les peaux, les laines, les crins, les poils des animaux, dont les dépouilles passent par Tindustrie pour entrer dans le commerce, sont soumis, de ce fait, à de graves dangers.

Lorsqu'en effet, ces dépouilles proviennent d'animaux infectés du virus charbonneux, les poils et les crins qui étaient emplantés au voisinage des tumeurs et des œdèmes entraînent avec eux des particules organiques garnies de bactéries. Ces débris organiques sont transportés à Tétat ^ec dans les ballots d'exportation ; lorsque Ton déballe, que Ton secoue et que Ton épluche, dans l'atmosphère humide des ateliers, les furieuses bactéries se réveillent et Von a tout à craindre de leurs atteintes.

En fait de peaux, les plus dangereuses sont celles qui proviennent des pays lointains, surtout les peaux de chèvres importées d'Afrique, de Turquie, et de Syrie. Les grandes

peaux de bœufs et de vaches sont moins à redouter ; avec les peaux de moutons, les accidents sont rares»

La manipulation des cornes brutes, dont il arrive des naAâres remplis, notamment de Tlndo-Chine anglaise, demande de très grandes précautions. Mais c'est surtout dans la manipulation, très importante aussi, des crins de cheval provenant de l'Amérique du Sud, de la Russie, de la Chine, que Ton doit redouter les accidents charbonneux.

Les trieurs de laines étrangères peuvent être aussi atteints du charbon ; mais alors, ce n'est plus par piqûre, ni par écorchure ; la forme de la maladie est pulmonaire ou intestinale.

Il y a, en effet, deux sortes de modes d'inoculation.

En général, l'absorption a lieu par voie cutanée ; l'ouvrier s'est écorché soit par rencontre de quelques pointes, soit en se grattant. Voilà la voie ouvejte à l'infection par les poussières de l'atelier contenant le virus. Cette forme d'inoculation se nomme « charbon externe » ou « pustule maligne ». Le crin perçant la peau, et introduisant le virus dans l'épaisseur des tissus, donne aussi la pustule maligne.

Lorsque l'infection a lieu par les muqueuses, par les voies respiratoires, par le tube digestif, la maladie, très grave aussi et fort insidieuse, se nomme « le charbon interne ».

Autrefois, la pustule charbonneuse était considérée comme presque toujours mortelle. Actuellement, il ne faut pas se désespérer dès que le cas est bien dûment constaté. Un traitement énergique consistant en injections d'iode dans la zone œdémateuse conduit le plus souvent à la guérison. Malheureusement, ce genre de traitement ne peut s'appliquer au charbon interne ; celui-là est presque toujours mortel.

Le docteur Layet a dressé une statistique des profes-

2^S ACtOALitÉS SCIENtÎFIOUES

sîons qui pxposent les travailleurs à contracter le charbon. OîttesLatislique est cruellement bien fournie.

Sans parler des bouviers et des bergers, forcément en contact avec leurs animaux malades, il y a les équarisseurs et les bouchers, les mégissiers et tanneurs, les portefaix qui transportent les cuirs, les criniers et brossiers, les trieurs de laines, les trieurs d'os et de corne depuis Téquarisseur jusqu'au chiffonnier, les corroyeurs, les cordonniers, les selliers, les bourreliers, les cardeurs de laine {qui passent souvent, comme on dit, un mauvais « quart (Hieiire ! »), les matelassiers, les tapissiers, les fabricants de boutons, de baleines, de peignes, de noir animal, et de colle forte ; enfin, les fondeurs de suif et les savonniers.

Après avoir lu cette énuméralion, on se demande, étant donni'^e l'importance des dangers, comment il ne se produit pas de véritables hécatombes de tant de braves gens. Fort heureusement, en cette matière, comme en tant d'autres, Taccidenl fst Texception ; parmi des millions de microbes, quelques-uns seulement évoluent et font leur œuvre de mort, El puis, il y a la défense contre Tinfection, la prophylaxie ; elle consiste surtout pour le charbon, comme pour tous les empoisonnements industriels en général, dans lobservation stricte des règles de la propreté. Plus une industrie est logiquement propre, plus elle se respecte ellemême, si Ton peut s'exprimer ainsi, et plus aussi le microbe la respecte.

En ce qui concerne le charbon, la réception et le triage des matières suspectes doivent être faits avec un soin méticuleux; les planchers, les tables de travail, imperméabilisés, doivent être lavés chaque jour et bien ventilés ; les murs et les plafonds doivent être recouverts d'.un enduit lavable et passés au lait de chaux au moins une fois par an.

Lea ouvriers doivent s'abstenir sagement, Ainsi qu^on

le leur recommande, de manger dans les ateUers ; ils doivent s'astreindre à changer de vêtements, avant et après le travail ; s'il y a des baignoires, ou des bains-douches dans la fabrique, c'est à eux d'en user. Faut-il dire que par ignorance, ou par accoutumance du danger, bien souvent les intéressés dédaignent les précautions qu'on leur conseille et se refusent à se défendre eux-mêmes contre un danger qui leur paraît douteux.

Enfin, rappelons, pour terminer le bref examen de cette matière que, dans les industries que nous venons d'examiner, les soins médicaux doivent être donnés, sans aucun délai, dès l'apparition du moindre bouton suspect. Jamais le fameux précepte: « Principiis obsta! » « mettez le pied sur la mèche I » ne fut plus applicable qu'en présence d'une atteinte possible du terrible charbon. Des soins immédiats devront être donnés à toute blessure, inême légère, à toute écorchure même insignifiante, et cela par un médecin, ou tout au moins prescrits par lui et appliqués sous ses ordres et sous sa direction par une personne expérimentée. Les fameux « remèdes de bonne femme », les pommades, les onguents, ne sont pas seulement inactifs, ils sont nuisibles; cela a été dit, mais il faut le dire et le redire encore ; lorsqu'il s'agit de la préservation de là vie humaine, on a non seulement le droit, mais encore le devoir de « rabâcher ».

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