THERMOMÈTRES
constata que i5 p. loo environ des thermomètres médicaux qui lui étaient soumis donnaient dt:s résultats inexacts. Cee fallacieux instruments devaient être mis au rebut. Lee autres, dûment poinçonnés, méritaient seuls d'entrer dans le pratique.
Ainsi qu'il arrive souvent, les spécialistes, mis en goût d'exactitude, ne s'en tinrent pas là.
Ils se demandèrent aussi si l'on tenait suffisamment compte de la transmission possible des maladies par les thermomètres médicaux etils arrivèrent à cette conclusion qu'il y avait là un danger.
En effet, la température d'un malade peut osciller entre 85 degrés et 42 degrés centigrades : tous les thermomètres médicaux sont gradués en conséquence, et l'on ne peut, sans les faire éclater, leur faire supporter une température supérieure ; tranchons le mot, on ne peut les « stériliser par la chaleur. Dans ces conditions, malgré un lavage dans une solution de sublimé corrosif, il y a beaucoup de chances, lorsqu'un instrument a servi à un contagieux, pour qu'il transmette la maladie.
On nous a cité, entre autres, le cas suivant :
Dans un hôpital, la salle d'un service contenait une quarantaine de malades parmi lesquels douze typhiques. On y prenait la température interne des malades : en l'espace de quelques jours, presque tous les malades avaient contracté la fièvre typhoïde. C'était une belle expérience, en vérité, sur la transmissibilité des maladies infectieuses par les thermomètres médicaux; mais les malades s'en fussent bien volontiers passé.
Donc, il faut stériliser les thermomètres médicaux, c'est-à-dire les porter, après usage, & la température de i3o degrés centigrades, température à laquelle on est certain que germes, microbes, et bacilles, sont définitivement anéantis.
Mais le moyen d'opérer à cette température ? Avec les thermomètres actuels, la dilatation de la colonne mercurielle serait telle que pour éviter l'éclatement, il faudrait donner à la tige graduée une longueur de i m. 3o au moins. On voit tout de suite, en imagination, un thermomètre médical de ce genre 1 L'idée de s'en servir pour prendre la température d'un malade serait assez comique pour fournir un supplément à la célèbre « Cérémonie du Malade Imaginaire » du Maître Molière.
Donc, comment faire ?
Voici ce qu'a imaginé, avec un succès complet, UD savant spécialiste en ces choses, M. A. Bardy.
li prend un thermomètre tout ordinaire, dont le verre est préparé de façon à se dilater et à se contracter sans conserver de déformation en aucun cas. Dans l'axe du thermomètre se trouve foré le petit canal dans lequel monte le mercure. Or, à la partie supérieure de ce petit canal, M. Bardy dispose une petite cavité, une petite ampoule, que le mercure vient remplir lorsque l'appareil est soumis à la stérilisation en autoclave à haute température. Ainsi, sans augmenter la longueur normale et raisonnable des thermomètres médicaux, on se trouve en mesure de les stériliser d'une façon absolue. Il va sans dire que ces thermomètres, tout comme les autres, sont vérifiés et poinçonnés au Laboratoire d'essais du Conservatoire des Arts et Métiers.
Lorsque la tige du thermomètre a été ainsi remplie de mercure, par dilatation, ainsi que la petite ampoule, il faut pouvoir faire redescendre rapidement ce mercure dans la cuvette de l'appareil afin de le rendre disponible pour une nouvelle investigation. M. Bardy a eu encore, à ce sujet, une idée fort ingénieuse. Il place le thermomètre dans tin petit étui en métal muni d'une collerette à laquelle on assujettit les deux bouts d'une ficelle.. On visse bien le