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PHYSIQUE, CHIMIE

TERRES RABES

Les remarquables travaux de M. Becquerel et de M, et Mme Curie sur la radio-activité des corps ont fait entrer, en quelque sorte, dans le langage scientifique courant les noms d'im certain nombre de curieux métaux à peine connus, quelques-uns simplement pressentis, tels que le poloniuro, et le radium.

Déjà auparavant, on était mis sur cette voie, quoique dans des directions techniques différentes, par la préparation des produits chimiques d'éléments rares, de " terres rares », pour employer l'expression admise, sélénium, tellure, thallium, lithium, cœsium, rubidium, vanadium, indium, zirconium, lanthane. Tous ces métaux ou ces corps simples doivent être assurément radio-actifs à des degrés divers.

On a pu voir ou, du moins, on pouvait en voir une remarquable collection dans une des vitrines de la section d'Électricité de TExposition universelle de 1900. Qui eut pu penser alors que cetle collection renfermait tant de troublants aperçus futurs sur la radio-activité ?

C'est là que se trouvaient, en effet, les terres rares, les éléments rares, au moyen desquels, le docteur Auer de Welsbach, chimiste autrichien, imprégnait ses célèbres manchons de becs à incandescence.

En cherchant dans son laboratoire, pour le simple

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intérêt scientifique, les propriétés de certaines de ces terres rares, le docteur Auer observa que si on les interposait dans une flamme, elles possédaient une véritable puissance de dégagement de lumière. Cela parut tout d'abord inexplicable et l'on dut se borner, après avoir constaté le phénomène, à le mettre en pratique. Le succès fut complet lorsque l'inventeur, en 1891, découvrit que l'oxyde de thorium, quoique complètement pur, presque sans effets lumineux à l'état d'incandescence, acquérait, par l'addition d'une quantité d'oxyde cérique, un effet lumineux superbe et intense. C'était, assurément, une manifestation de cette radio-activité qui devait tant faire parler d'elle par la suite, après les observations sagaces de M. Becquerel.

L'historique des « terres rares ■> est, d'ailleurs, fertile en observations déconcertantes de ce genre.

Ainsi, c'est en cherchant de l'or en Transylvanie, au pays même des terres rares, que l'on découvrit le « tellure », dans la célèbre mine de « Maria Loretto », Les chercheurs mirent en évidence une matière métallique dont ni la couleur, ni les autres propriétés, n'indiquaienE qu'elle contînt un métal précieux : cependant, elle contenait véritablement de l'or. Le restant était un singulier métal auquel on donna des noms divers, « auru m » paradoxum, problematicum, album, or lavé. C'était le tellure qui reçut une grande médaille à l'Exposition de

Le tellure mit les savants sur la piste du a sélénium », lequel l'accompagne dans ses minerais. Ce métal se comporte très curieusement aussi. Si l'on en met un fragment dans un circuit électrique, le courant électrique fst interrompu : mais, vient-on à lancer un rayon de lumière sur le fragment de sélénium, il semble qu'il soit réveillé de sa torpeur, et voilà le courant électrique qui passe. C'est une

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