TERRES RARES
sorte de réveil de radio- activité : on a essayé de l'utiliser dans divera dispositifs ingénieux en télégraphie.
Mais, où a-t-on trouvé le sélénium ? Dans les boues des chambres de plomb où l'on prépare l'acide sulfurique !
Cela rendit ces boues intéressantes i pour les chimistes et, mis en goût par cette découverte, ils y trouvèrent le thallium, puis le rubidium et te coesium, et ainsi de suite. La chaîne des découvertes de ce genre est ininterrompue.
Jusqu'à présent, les gisements de minerais producteurs de ces éléments rares sont industriellement cantonnés en Transylvanie, en Bohème, en Moravie, en Saxe. Mais, il n'est pas douteux que l'attention des géologues étant attirée dans cette direction, on n'en découvre ailleurs. La cuisine volcaniqire qui a imprégné de ces éléments les minerais de cette région a dû logiquement se produire ailleurs, et l'on verra certainement, en cherchant un peu, le prix de revient de la matière radio-active, excessivement élevé actuellement, devenir relativement abordable. Ce serait d'une extrême utilité, car on pourrait alors procéder, dans de nombreux laboratoires, à des expériences sur ce sujet qui semble apporter de graves modifications aux anciennes conceptions des physiciens.
Qu'esf-ce, en effet, en quoi consistent les propriétés radio-activcs de ces métaux extraits des terres rares et auxquels le radium sert, en quelque sorte, de type?
Y a-t-il là de simples transformateurs d'énergie? Oubien, comme le pensent M. et Mme Curie, le radium, et les autres métaux qui se comportent ou qui peuvent se comporter de la même façon, est-il constitué par des atomes en formation ? Chacun de ces atomes serait alors une sorte de nébuleuse non encore éteinte qui se contracterait, et l'énergie émise serait la conséquence de celte contraction.
Ou bien, autre hypothèse qui ne sera pas sans doute la
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dernière, le radium est-il un « corps ïiimple » qui se transforme incessamment en atomes moins gros 7
Est-ce une contraction, est-ce une désagrégation à laquelle les recherches des physiciens et des chimistes nous font assister ou, plutôt, qu'ils nous permettent de constater ? Faut-il que nous admettions, désormais, le retour du pondérable à l'impondérable, et réciproquement '! L'électro-magnélisme avait déjà ouvert, à ce sujet, des aperçus qui ne manquaient pas de susciter de grandes incertitudes.
Rien, d'ailleurs, ne peut être, à proprement parler, inquiétant pour l'avenir dans ces recherches nouvelles. Certaines théories admises jusqu'à présent peuvent disparaître : elles ne laisseront que le regret de renoncer à la satisfaction de trouver des exphcations scientifiques faciles. Dans le vaste champ d'investigation qui s'ouvre aux chercheurs, ce sont, tout d'abord, des observations que l'on trouve, des constatations : l'observation est désormais la base de toute recherche scientifique sérieuse, et comme elle est essentiellement pratique en elle-même, elle ne peut évidemment conduire qu'à des résultats pratiques. L'enchatnement de découvertes des « terres rares » et les déductions que l'on en a tirées sont un véritable chapitre de cette philosophie scientifique où se jetaient les idées toutes faites, et en montrant l'inanité de tant de formules qui s'imposaient par leur seule ancienneté, il prépare incontestablement d'énormes progrès.