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GOURANTS ÉLECTRIQUES DE L'AIR

Un grand nombre de rêves scientifiques tendent actuellement à entrer dans la réalité. Il en est un, entre autres, d'extrême importance : c'est la caplation directe de l'électricité atmosphérique et son asservissement sous forme de force motrice dans les machines électriques au ras du sol. Cela n'est point du tout une utopie ; les grandsphénomènes électriques de l'atmosphère, à peine étudiés, ne laissent aucun doute sur la possibilité future, sinon prochaine, de cette cnptalion, à côté de laquelle la captation de l'énergie des chutes d'eau serait vraisemblablement tout à fait secondaire.

Le principe peut s'en établir ainsi qu'il suit : La Terre, dans sa rotation, tourne au milieu de nappes atmosphériques superposées, mouvementées, plissées, qui forment des couches de niveau à un degré de saturation électrique, de « potentiel » électrique différent, mais temporairement constant pour chaque nappe.

Supposons donc que nous élevions dans l'atmosphère, à l'extrémité de deux conducteurs, deux bouées de captation, deux sortes de ballons captifs, dont la formule est cherchée et que l'on trouvera. Supposons que l'une et l'autre de ces bouées se trouvent immergées chacune dans une nappe atmosphérique à potentiel différent. En reliant les deux conducteurs aux deux pôles d'une machine électrique à la surface du sol, l'équilibre du potentiel se fera

dans cette machine sous forme de rotation, c'est-à-dire de force motrice disponible.

Ce n'est pas plus difficile que cela, et cela est très difficile comme combinaison du matériel spécial nécessaire pour la captation. Mais, nous le répétons avec une ferme confiance, on le cherche et on le trouvera.

L'existence des courants électriques de l'air est, d'ailleurs, une chose indiscutable et, de plus, constatée.

Lorsqu'un ballon libre atterrit après avoir séjourné dans l'espace à une certaine hauteur, son enveloppe est chargée du potentiel électrique de la couche atmosphérique dans laquelle il a stationné. C'est au point que, parfois, lorsque le guide-rope touche à terre pour l'atterrissage sur un terrain mouillé, ou bien lorsque l'enveloppe du ballon s'accroche à quelque branche d'arbre, le circuit électrique se ferme entre le potentiel terrestre et le potentiel rapporté de la nappe atmosphérique par le ballon, l'étincelle de conjonction, inverse de ce que l'on nomme l'étincelle de rupture, jaillit : le ballon fait explosion. On en a déjà d'assez nombreux exemples que nous avons précédemment rapportés.

Un savant professeur d'Helsingfôrs, le feu professeur S. Lemstrom, s'est, par ailleurs, attaché depuis quelques années à l'étude des courants électriques atmosphériques il les a mis en évidence d'une remarquable façon dans un Mémoire récemment présenté ^ la Société phyeico-chimique russe.

M. S. Lemstrdm définît ces courants comme tout à fait identiques à ceux qui circulent dans nos circuits électriques, ordinaires, mais en supposant ces circuits interrompus sur leur longueur par une couche d'air. Dès lors qu'il y a différence de potentiel aux deux bouts, le courant s'établit, et il peut être constaté sur un point quelconque de ce circuit, lequel « existe sans exister ».

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