TRUFFES ET CHAMPIGNONS
Parmi les produits de cueillette qui se tiennent, en quelque sorte, sur la frontière de l'agriculture de plus en plus scientifique et réglée, il y en a deux bien curieux en vérité : ce sont la truffe et le champignon.
Non pas qu'il soit absolument impossible de les cultiver. Mais on peut plutôt encourager que déterminer leur production naturelle.
a Ne forçons point notre talent I », dit le vieil adage, et il a raison. Mais il serait encore moins imprudent d'essayer de forcer son talent (quand on en a) que d'essayer de forcer la production de la truffe et du champignon. Ces sortes de parasites libertaires n'en font guère qu'à leur façon.
La truffe est une cueillette tout à fait française. Ce déconcertant cryptogame, de l'ordre des tubéracées, présente de nombreuses variétés. On la trouve en Provence (c'est la « rabassa » des Provençaux), dans le Périgord, le Quercy, l'Angoumois, en Bourgogne, principalement dans les bois de chênes, de hêtres, et de châtaigniers. Nos vieux Gaulois, de l'époque des cavernes, devaient déjà manger des œufs brouillés aux truffes.
Les truffes du Midi de la France, la « grosse fouine » et la a petite fouine o sont justement renommées pour leur saveur et leur parfum.
En Algérie, dans les sables, après les pluies, on récolte
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aussi les truffes aupieddescysles. C'est la joie des Arabes, qui les dégustent sous le nom de « terfas » ou « truffes des lions •>.
Comment se produit et se développe exactement la truffe? De nombreux savants ont fait des études intéressantes sur ce sujet. Cependant, le mode de culture reste à trouver.
Parmi ces éludes et ces recherches, il convient de signaler, avec les éloges qui leur sont dus, celles de M. Chatin, membre de l'Institut, et de M. de Bosrcdon.
M. de Bosredon pense et affirme que l'on peut, non seulement améliorer les truffières qui existent déjà et développer leur production, mais encore créer des truffières.
De temps à autre, avec un peu trop de confiance sans doute dans des résultats de laboratoire, on annonce, en effet, que l'on a trouvé moyen de cultiver les truffes comme des pommes de terre. Jusqu'à présent, cela ne s'est point encore réalisé ; il ne faut décourager personne, ni se livrer cependant à des équipées Imaginatives sur ce difficile sujet.
Pour le moment, le mieux à faire quand on veut obtenir de la truffe est de choisir de bons terrains propices à l'insidieux cryptogame, tels que ceux du Lot, de la Dordogne, du Périgord, de la Charente, do Lot-et-Garonne, de la Corrèze et du Vaucluse. Le terrain doit être calcaire, à sous-sol perméable, principalement oolithique, au versant de quelque montagne, bien exposé au soleil, et sans trop d'ombrage.
On y plante du vieux chêne français, le chêne vert ou 11 yeuse » et le chêne noir jurassique, et l'on a pris, dès lors, un bon billet à la loterie de la truffe.
Il n'est pas mauvais d'ensemencer — si l'on peut s'exprimer ainsi — avec de la terre de « truffières » en activité, ou avec de simples débris et épluchures de truffes. Mais