RESPIRATION DES PIERRES
porter à laération artificielle, il peut résulter du voisinage même des murs poreux des modifications plus ou moins importantes dans l'état hygiénique intérieur. Car le mur, en sa qualité de filtre, retient les germes de l'air qui l'a traversé : il s"en sature dans une période plus ou moins longue, surtout s'il est soumis à des alternatives de chaleur et d'humidité.
Voilà pourquoi si, lorsque l'on construit quelque chose quelque part, on ne se préoccupe pas de la perméabilité des matériaux mis en œuvre, on croira avoir construit une maison ; dans la réalité de l'avenir, on aura édifié peutêtre ce que l'énergique expression vulgaire appelle un a pourrissoir ».
Des expériences nombreuses ont montré que les mélanges gazeux qui traversent les corps poreux subi.ssent des modifications sensibles dans la proportion des éléments qui les composent.
Le savant Graham, qui a étudié spécialement ces phénomènes, les classe en trois catégories :
L'effusion quand l'écoulement a lieu en paroi mince ; la transpiration quand les conduits capillaires traversés par les gaz ont une longueur de quatre mille fois leur diamètre (ce qui est le cas, le microscope le démontre, de la plupart des matériaux calcaires) ; enfin la diffusion, si la matière poreuse a unestructure très fine, comme par exemple le plâtre.
Entre autres considérations pratiques, il établit, d'après cela, que les peintures et les enduits colloïdes qui semblent assurer l'étanchéité des locaux oITrent, au contraire, une perméabilité particulière pour l'acide carbonique : de telle sorte que la présence de ces peintures sur un mur poreux, si elle att<5nue sensiblement la transmission par le mur, encourage, par contre, la transmission de certains gaz. Dans les maisons aux appartements multiples, dont
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les murs et les plafoods ne sont pas très i^pais et sont bien garnis et bien peints, les locataires sont, sans s'en douter, solidaires les uns des autres au point de vue des gaz de leurs atmosphères réciproques : et cela ne va pas, dans bien des cas, sans présenter de fort graves inconvénients.
Cette question delà perméabilité des matériaux est^ nous l'avons dit, principalement régionale. Les architectes etles entrepreneurs sont généralement prémunis contre ses inconvénients par l'expérience acquise, et ils n'y dérogent que pour des questions de prix de revient. Mais, elle a, de plus été étudiée scientifiquement. Des essais contrôlés out été faits et des chiffres ont été donnés relativement à la quantité d'air qui peut traverser, à des pressions variables, des matériaux d'épaisseurs diverses. Il y a là d'utiles indications.
M. Ch. Somasco, ingénieur hygiéniste, a fait, entre autres, les intéressantes expériences que nous allons dire au sujet de la perméabilité gazeuse des matériaux.
Il passe, sous une pression constante de 3 centimètres d'eau, au travers d'une pierre de liais de i centimètre d'épaisseur, environ 2.700 litres d'air par heure et par mètre carré de surface. Cette quantité n'est réduite que de moitiéenvironpourune épaisseur cinq fois plus grande: elle est d'environ 800 litres pour une pierre de 20 centimètres d'épaisseur. On voit que le liais a, en somme, unetrès bonne respiration.
La pierre de Chantilly, justement renommée, est un peu plus perméable encore que le liais. Elle laisse passer 1 mètre cube d'air par heure et par mètre carré pour une épaisseur de aS centimètres, toujours sous la pression d'essai de if centimètres d'eau.
Les briques demi-dures peuvent être considérées comme analogues à la pierre de liais.
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Les marbres, et les bois dans le sens perpendiculaire aux " fibres, n"ont, au contraire, sous la pression d'essai, aucune porosité appréciable. Mais ce n'est pas une raison du tout pour aller habiter dans les mausolées avec le mobilier qu'ils contiennent.
Enfin, le plâtre sec, sous lo centimètres d'épaisseur, ne laisse passer que 1.200 litres d'air par mèlre carré et par heure ; ildevient, de plus en plus, presque imperméable, avec deux couches de peinture. La seule chose à éviter c'est, suivant la redoutable expression, de « sécher les plâtres» pour son propre compte ; il convient, autant que possible, de laisser ce soin à des gens de bonne volonté et qui sont, ou qui pensent être, à l'abri des rhumatismes.
Comme conclusion générale, ces quelques observations montrent que les matériaux usuels ont une perméabilité assez grande, en ce qui concerne l'air atmosphérique, pour qu'il ne soit pas permis logiquement de négliger l'appoint que l'enveloppe extérieure apporte à l'aération générale de nos habitations. On ne respire bien que dans une maison qui respire bien elle-même. A l'antique proverbe, cruellement vrai, qui dit que « les murs ont des oreilles », il convient d'en superposer un autre en disant que u les murs ont des poumons " et lorsque l'on construit, il est utile de ne pas l'oublier.
LUHINOTHÉRAPIE
Les recherches scienlifiques récentes que l'on a faites au sujet de l'action des vibrations lumineuseB sur les organismes permettent de dire qu'une branche nouvelle de la thérapeutique est en voie de s'affirmer; c'est la « luminothérapie » ou du moins on peut Imommer ainei, car son moyen d'action c'est l'emploi raisonné et réglé de l'illumination, de l'éclairement, de l'insolation.
Il y a bien longtemps que l'on en connaît d'une façon générale les effets, les uns néfastes, les autres bienfaisants.
L'effet néfaste par excellence, c'est « le coup de soleil i> qui grille les tissus, congestionne les vaisseaux sanguins, et abat sa victime.
L'effet bienfaisant, c'est la bonne promenade, la bonne exposition au soleil, sans effort excessif, sans surmenage, et sans prolongement exagéré. Les <i cures de soleil » sont innombrables, et pour ce qui concerne les habitations, les hygiénistes ont pu dire avec raison : « Les médecins sont les premiers à convenir de l'exactitude de ce principe. »
Or, qu'y a-t-il dans le rayon de soleil qui, soit en plein air, soit par la fenêtre, vient vous toucher la peau ?
Il y a, la Science actuelle le démontre, un faisceau, un écheveau de vibrations colorées, non pas mélangées, non pas surperposées, mais connexes. La preuve en est que l'on peut les séparer mécaniquement les unes des autres
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au moyen d'un BÏmple prisme en quartz ou en cristal, et mettre en évidence le « spectre solaire », sorte de prestigieuse gamme de vibrations.
Il est évident que le prisme avec sa section triangulaire équilatérale joue merveilleusement le rûle de filtre pour séparer les unes des autres les vibrations de potentiel différent, d'énergie électrique différente, dont l'ensemble constitue un rayon de soleil. Le prisme oppose au passage des « ions », compagnons et transmetteurs de toute vibration, une série de résistances exactement graduées puisqu'elles reposent sur une épaisseur prismatique de quart/, ou de cristal régulièrement radio-actif. Le triage des rayons lumineux est donc ainsi irréprochable.
En conséquence, séparons les uns des autres au moyen d'un prisme, on de toute autre combinaison optique analogue, les rayons principaux, les vibrations principales, dont se compose un rayon de soleil, ou de lumière électrique. Faisons agir sur un organisme humain ceux de ces rayons dont l'action a été reconnue expérimentalement la plus bienfaisante ; ce sont les radiations bleues, violettes et ultraviolettes : nous aurons ainsi pratiqué rationnellement la a luminothérapie ».
La cure de lumière et de soleil se fait actrellement dans un certain nombre de u sanatoria ». Mais, c'est à Copenhague que l'on trouve l'organisation-type créée par le docteur Finsen et que l'on nomme « l'Institut Finsen », Elle a valu à son savant auteur le prix Nobel en igo^.
Un des desiderata de cette méthode, qui est « bactéricide », serait la guérison de l'horrible maladie jusqu'ici considérée comme incurable et désespérante de toute science, que l'on nomme le « lupus » : cet ulcère rongeur dévore littéralement sa victime, et ce serait, au point de vue humanitaire, un bienfait aussi grand de le supprimer que celui qui a été obtenu en supprimant, d'une façon pres-
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que absolue, l'épouvantable lèpre qui désola le moyen âge.
La méthode du docteur Finsen — qu'il ne faut pas confondre avec aucune méthode empirique et grotesque de médicastres vulgaires — repose sur l'emploi des radiations ultra-violettes que l'on projette sur le sujet.
La lumière produite par une lampe à arc électrique est concentrée à l'aide de lentilles de quartz, lesquelles laissent mieux que les lentilles en verre passer les rayons ulf ra-violets : entre les lentilles disposées dans un tube est interposée de l'eau distillée, laquelle absorbe les rayons calorifiques infrarouges mais qui n'entrave pas le passage des bienfaisants rayons dont la gamme va du bleu au violet.
Pourquoi ces rayons sont-ils salutaires et bactéricides? Des recherches approfondies le diront peut-être: pour le moment, il faut observer et constater.
On a pu observer notamment que les rayons ultraviolets, en traversant l'oxygène ou l'air, l'ozonisent fortement ; c'est le principe sur lequel sont implicitement fondés les appareils producteurs d'ozone dans lesquels l'effluve électrique, en émettant des radiations ultraviolettes, semble provoquer une sorte de condensation moléculaire et, par suite, une accumulatiou d'énergie. On sait que précisément l'ozone est une forme de l'oxygène particulièrement vitale, peut-être, probablement même, une simple forme radio-active de l'oxygène. Les méthodes de cure lumineuse en général, et celle du docteur Finsen en particulier, trouvent là une base scientifique sérieuse et qui paraît certaine.
D'ailleurs, les effets immédiats d'un traitement par les rayons bleus, violets et ultra-violets montrent que l'on se trouve physiologiqueraent en présence de quelque chose de tout à fait actif et important.
Immédiatement après le traitement sur un malade, la peau, sur la région traitée, est rouge et tuméfiée, atteinte
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d'une sorte d'inflammation qui devient caractéristique au bout de vingt-quatre heures environ : on voit se produire des ampoules, mais il a n'y pas de nécrose des tissus, pas de destruction. Il est intéressant de constater que les sels de radium produisent une action du môme genre, mais avec plus de lenteur : cela peut s'expliquer tout d'abord par ce fait que les sels de radium lorsque l'on en fait l'application sont nécessairement renfermés dans une ampoule de verre ou de cristal dont la texture et la « conlre-radioactîvité » propre peuvent influer sur la vitesse de translation et de projection balistique des « ions ». Avec la vibration lumineuse, réglée comme nous l'avons sommairement indiqué dans la méthode et les procédés du docteur Finsen, la transmission vibratoire est beaucoup plus libre ; néanmoins, les deux moyens d'action sont, à ce que l'on peut penser, connexes dans une large mesure.
Pour nous résumer sur ce vaste sujet, rappelons que des expériences faites entre autres par le savant maître Camille Flammarion ont démontré l'action des rayons lumineux diversement colorés sur la croissance et sur ce que l'on peut appeler" la santé « des plantes. Une application nouvelle est faite, une étape physiologique est parcourue, parles recherches couronnées de succès du docteur Finsen. L'eflluve, la radiation, la vibration, seront probablement bien plus qu'on ne le pense encore des moyens curatifs efficaces dans un avenir prochain, el ce seront, après tout, des moyens plus agréables que les lourds et rigoureux procédés du passé.