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CURIEUSES MALADIES 3TH

lement, le névrosé reste un peu malade de partout ; alora on peut le déclarer malade de Tinfluenza, autre maladïefantâme que l'on a aussi la satisfaction de pouvoir soigner à tort et à travers, n'importe comment.

Mais nous ne sommes pas ici pour disserter sur la névrose en général. Contentons-nous, afin de rire un peu, ce qui est peut-être, probablement même, avec des soins d'hygiène, le seul et véritable remède contre la névrose, contente H s -nous d'en indiquer quelques formes récentes qui sont amusantes par leurs matiifestations.

Il y a d'abord, le « sommeil paroxystique», ou attaques de sommeil, dont les observations datent de 1893. Son caractère est un besoin subit et irrésistible de dormir en dehors des heures où quelqu'un de raisonnable a le droit de dormir.

Les maîtres de la médecine en citent plusieurs cas typiques. Lasègue a observé un garçon marchand de vins qui s'endormit en causant, le verre en main. Thurmen parle d'un bon jeune homme qui ne pouvait s'asseoir sans s'endormir à poings fermés. Labbé nous fait le portrait d'une aimable dame qui s'endormait même dans la rue, dès qu'elle cessait de marcher. Certains sujets s'endorment trois ou quatre fois (et se réveillent tout autant) pendant le déjeuner ou le dtner : d'autres s'endorment en parlant. Terrible chose ! il y a des cochers atteints de «sommeil paroxystique >>,peut-êtreméme des conducteurs de tramways mécaniques k grande vitesse !

Pourquoi cette maladie? M. Furet, qui la nomme « narcolepsie », l'attribue à l'amaigrissement, à l'obésité, à la grippe, à l'alcool, aux tendances lyphiques, à l'aulo-intoxication. Il conseille le régime lacté etiespurgations; on ne risque pas grand'chose d'en essayer.

L'auto-intoxicalion, c'est-à-dire empoisonnement du sujet par lui-même, est évidemment la cause dans certains

cas. Par exemple, on ne saurait s'étonaer d'être raomentanément foudroyé en lisant un de ces feuilletons que publient les journaux avec une douce prodigalité, et qui donnent l'impression d'être enfermé, sans pouvoir remuer, dans une loge de concierge garnie de deux ou trois bonnes commères parlant toutes à la fois.

Certains orateurs sendormenl en prononçant leurs discours. Rien de surprenant à cela; le point d'appui leur manque : c'est bien l'auto-intoxication. Si les auditeurs résistent, c'est parce que, eux, peuvent à table s'endormirsur leurs coudes, ou dans une simple réunion s'effondrer sur leur siège et se laisser bercer. Ils n'ont besoin de se réveiller que pour applaudir. Et que les orateurs ne s'y trompent pas ! L'applaudissement, en tout état de cause, est surtout un remerciement. It signifie : « Enfin I c'est donc fini. Merci! Mais comme je dormais bien ! » L'applaudissement est un hommage rendu à la " narcolepsie ».

II serait superflu de rappeler aussi à tous ceux de nos lecteurs qui ont suivi des cours en vue de passer des examens, à quel point certains professeurs renommés possèdent la propriété narcoleptique. Quelques-uns d'entre eux lui ont dû la plus brillante carrière. « Jamais de bruit à mon cours ! » disaient-ils ! Parbleu I tout le monde y dormait. Mais ne troublons pas non plus le repos que ces maîtres ont si bien gagné ! Invideo quia quiescunt !

Parlons plutôt de « l'akatisie «. Ce n'est pas une province des environs du Thibet: c'est la maladie qui consiste à ne pas pouvoir rester assis sans, tout aussitôt, sursauter d'une façon incoercible. Le docteur Hackovec de Prague l'a décrite à la société de Neurologie de Paris, de façon à donner le frisson aux gens les mieux trempés, même par un temps de sécheresse absolue.

» L'akatisique » peut se tenir debout, marcher gracieusement. Mais ne lui parler pas d'une chaise ou d'un

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