ÉTUDE SUR LES ACTEPHILA AUSTRALIENS
commun, qui n’a que quelques millimètres de longueur. Il porte toutefois de nombreuses bractées écailleuses alternes, de l’aisselle desquelles sortent les fleurs. Souvent la fleur centrale de chaque cyme est femelle, et les fleurs périphériques sont mâles; plus rarement, il n’y a pas de fleur femelle au centre des groupes floraux partiels. Chaque fleur est portée par un pédicelle dont la longueur atteint 2 centimètres, grêle, un peu renflé vers son sommet, plus épais dans les fleurs femelles que dans les fleurs mâles.
Le calice de la fleur mâle est formé de cinq et rarement de six sépales, arrondis, entiers ou finement ciliés, membraneux, glabres, un peu inégaux entre eux, et d'autant plus petits qu’ils sont plus extérieurs dans la préfloraison qui est imbriquée, souvent quinconciale. Dans des boutons qui n’ont qu’une couple de millimètres de diamètre, ces sépales sont complétement indépendants les uns des autres. Ils sont déublés, en dedans de leur base, d’un disque annulaire, à peu près circulaire et peu épais. En dehors de ce disque, s’insèrent cinq pétales, qui sont alternes avec les sépales, et toujours beaucoup plus courts qu'eux. D'abord ces petits pétales ont une forme losangique assez régulière; mais il est fréquent qu'ils se déforment en vieillissant; leurs bords se découpent plus ou moins inégalement. A l’époque de l’anthèse, ils sont si petits, par rapport au calice, qu’on les aperçoit difficilement au-dessous du bord extérieur du disque.
Dans le bouton jeune encore, les étamines, au nombre de cinq, sont moins longues que les sépales auxquels elles se trouvent superposées. Leurs filets sont alors très-courts, dressés et rectilignes, ou à peine infléchis au sommet. A cette époque, les anthères sont très-nettement inlrorses. Leurs deux loges, presque didymes, pourvues en dedans d’un sillon de déhiscence longitudinal trèsprononcé, sont attachées au sommet du filet par la portion inférieure de leur surface dorsale.
A l’époque de l'épanouissement, les différentes parties de la fleur mâle présentent des changements notables dans leurs dimensions relatives, et, par suite, dans lèurs rapports réciproques.
Le réceptacle floral s'accroît en largeur, et prend la forme d’un plateau plus ou moins élargi. C’est, pour le dire en passant, un premier degré de celte modification remarquable du réceptacle floral qui, de la figure d’un cône déprimé, passe insensiblement à celle d’une coupe plus ou moins concave, dans les différentes espèces du groupe générique qui, pour nous, renferme à la fois les Amanoa, les Cleistanthus et les Bridelia. Le disque qui entoure le pied de l’androcée, subit alors une déformation comparable à celle du réceptacle floral lui-même. Son contour s'étale en une sorte de gâteau cireulaire, à bords entiers ou légèrement crénelés, qui se superpose au plateau pédonculaire. De la sorte, les insertions des pétales et des sépales sont reportées graduellement plus en dehors; et le calice, vu par sa face inférieure, paraît comporter une portion basilaire où ses pièces ne sont point distinctes, et qui n’est en réalité que l’axe floral lui-même, assez notablement dilaté. Près du centre de la fleur, au contraire, le disque n’abandonne point la base des filets staminaux qu'il maintient unis et comme soudés entre eux dans une légère étendue voisine de leur base. Ces mêmes filets s’étirent considérablement dans leur portion supérieure demeurée indépendante ; ils deviennent exserts ; l’anthère bascule sur leur sommet, de façon que ses deux loges deviennent à peu près horizontales ; et leurs fentes longitudinales, devenues tout à fait supérieures, s’étalent béantes dans la direction de rayons horizontaux qui partiraient en divergeant du centre même de la fleur. Ce centre n’est vide à aucune époque ; une colonnette grêle, représentant un rudiment de gynécée, s'élève verticalement entre les filets staminaux, et se dilate d’abord en une tête triangulaire à lobes peu distincts. Plus tard, chacun de ces lobes devient une branche stylaire claviforme, obtuse ou échancrée à son sommet renflé et chargé de papilles très-fines.
La fleur femelle possède le même périanthe et le même disque que la fleur mâle; ici seulement les pétales deviennent un peu plus longs et plus étroits; ils ont souvent la forme spatulée. L'ovaire, à peu près conique, qui occupe le centre du disque,