‹ Adansonia; recueil d'observations botaniquesChapitre 123 sur 132 · SUR LES ACTEPHILA AUSTRALIENS · texte numérisé non relu

SUR LES ACTEPHILA AUSTRALIENS

s’atténue à son sommet en un style épais, bientôt partagé en trois branches courtes révolutées et un peu aplaties. Leur sommet parait d’abord entier ; mais son extrémité, cachée inférieurement, est réellement partagée en deux par une échancrure plus ou moins profonde ; la face interne est toute chargée de papilles stigmatiques.

Le fruit, tricoque, haut d'un centimètre et demi environ, est muni à sa base du calice et du disque qui persistent sans grandir beaucoup. Chaque coque présente : un épicarpe membraneux et glabre, un mésocarpe subéreux assez épais, et un endocarpe ligneux et très-dur. Toutes ces parties se séparent en deux moitiés, suivant une fente verticale, après que les coques se sont détachées de la columelle centrale, triangulaire, très-dure, à trois ailes courtes, inégalement déchiquetées. La graine peut alors se dégager de l’intérieur de chaque coque ; et c’est la graine qui, sans contredit, constitue la partie la plus intéressante à étudier dans l’Actephila grandifolia.

Aussi large que haute (8 à 10 millimètres), et présentant la forme d’un tétraèdre peu régulier, à arêtes émoussées, la semence se compose : d’un embryon charnu, très-volumineux, de couleur rosée (à l’état sec); d’un albumen charnu peu considérable, et de téguments minces et fragiles, d’une teinte vert brunâtre. Si peu épaisse que soit l'enveloppe séminale, elle est cependant formée d’une triple couche, et comprend un testa relativement plus sec et plus dur, interposé à deux lames molles et blanchâtres; elle est semblable, sous ce rapport, à celle des Actephila asiatiques. Sa résistance est si peu considérable qu’elle se brise spontanément, à ce qu'il semble, dans l’intérieur du fruit, de manière à mettre à nu une porlion variable de l'embryon. Celui-ci est formé de deux cotylédons membraneux, ellipsoïdes et très-étendus en surface, réunis par une tigelle courte et cylindrique. D'abord, les deux cotylédons se recouvrent l'un l’autre par leurs bords, comme il arrive dans les autres espèces du genre; mais, en outre, ils s'enroulent l’un sur l’autre, de la base au sommet, un très-grand nombre de fois. Lors donc qu'on fait une coupe longitudinale de

la graine, suivant un plan médian qui passe par son bord interne et le milieu de son dos, on voit sur une des faces de cette coupe une spirale à tours nombreux et serrés, très-régulièrement disposés; elle est formée par l’enroulement des cotylédons. Il y a fort peu d'espace entre les tours de la spire; mais le vide est un peu plus considérable vers la région chalazique, et dans l’intervalle qui sépare la radicule, repliée en dedans, de la portion supérieure des cotylédons. Dans ces espaces, persiste une certaine quantité de l’albumen qui est mou, gélatineux, très-analogue à celui qu’on observe dans plusieurs Malvacées, dans le Cotonnier, par exemple, entre les replis de l'embryon.

Sans doute, les caractèresiqui viennent d’être exposés dans la description de notre espèce australienne, devront modifier très-légèrement ceux qu’on accorde au genre Actephila. Mais il y a lieu de discuter les motifs qui nous font rapporter la plante que nous étudions à ce genre, plutôt qu'au genre Lithoæylon, ainsi que l’a fait M. Mueller d’Argovie (Prodrom., XIV, sect. post., 232). Quant à la véritable organisation du Lithoæylon décrit autrefois par Lindley, sous le nom de Securinega, il nous est impossible de rien aflirmer, car nous n’avons pas eu le bonheur de pouvoir analyser la plante ellemême, et nous n’en connaissons les fleurs que par la figure des Collectanea. Mais nous pouvons facilement comparer aux A ctephala indiens la plante australienne dont M. F. Mueller nous a généreusement communiqué des échantillons complets. |

Le Prodromus dit des étamines des Actephila (216) : « Antheræ subglobosæ, rimæ introrsæ ; » et des Lithoxæylon (232) : « Rimæ antherarum extrorsæ transversæ. » Pour le premier des deux genres, ce caractère est parfaitement exact. Les anthères ont beau, dans certaines espèces, reporter leur sommet plus ou moins en dehors à l’époque de l’anthèse, elles n’en sont pas moins parfaitement introrses dans le bouton, et elles le redeviennent tout à fait après l'épanouissement, si l’on redresse leur connectif pour lui donner une direction verticale. Mais il est certain qu'il en est tout à fait de même des anthères de notre Actephila austra-

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