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SUR LES ACTEPHILA AUSTRALIENS

lien, Leurs loges sont globuleuses, à fentes intérieures dans le bouton, tout à fait comme celles de A. lœviqgata, que nous avons examinées au même âge; et ce n’est qu'après l’épanouissement que les lignes de déhiscence deviennent, comme nous l'avons dit, supérieures, et à peu près horizontales, parce que le connectif se renverse plus ou moins en dehors. D'ailleurs ces fentes sont parfaitement longitudinales, et non point réellement transversales, comme le dit la caractéristique générique du Prodromus.

Les deux sections des Savieæ (215) et des Andrachneæ (216) du Prodromus, diffèrent entre elles par ce seul caractère, que les lobes du disque sont, dans les premières, alternes avec les pétales, et opposés aux pièces de la corolle dans les dernières, Outre que la valeur de ce caractère devient assez minime, dans des genres tels que les Actephila, où le disque, « adné au calice dans une étendue variable » (1269), peut avoir des bords presque entiers, la plante australienne que nous examinons appartient certainement plutôt à cet égard aux Savieæ qu'aux Andrachneæ ; car, toutes les fois que les bords du disque présentent des échancrures distinctes, elles correspondent à l'insertion des pétales, de sorte que les lobes du disque sont alternipétales, comme dans tous les Actephila.

Il en résulte ce fait, de quelque importance pour la nomenclature : Que si le genre Lithoæylon n'était représenté que par l’espèce australienne du Prodromus, ce genre se confondrait entièrement avec le genre Actephila, et qu’alors toutes les espèces devraient prendre le nom générique le plus ancien; fait qu’il nous semble suffisant d'indiquer ici, sans qu'il nous paraisse nécessaire, pour nous assurer une priorité de peu d'importance, d'entrer dans les détails d’une nomenclature puérile.

D'ailleurs le genre Actephila ne paraît pas destiné à jouir longtemps d’une autonomie incontestée. M. Hasskarl avait sagement rattaché (Hort. bogor. 243) les Actephila au genre Savia de Willdenow, et nous avions cru devoir admettre cette adjonction (Et. gen. Euphorbiac., 569). Aujourd’hui les deux genres sont de nouveau considérés comme distincts, à cause de l'absence dans les

366 ÉTUDE Actephila d'un albumen que posséderait seule la graine des Savia.

Toutefois, ce caractère perd considérablement de sa valeur, quand on voit l'albumen très-abondant des Amanoa asiatiques, si analogues aux vrais Bridelia, devenir membranenx dans les espèces américaines et dans les Vanopetalum ; et surtout quand on voit un albumen, peu abondant il est vrai, mais existant d’une manière incontestable dans l'intervalle des ecirconvolutions embryonnaires de notre Actephila grandifolia ; tandis que les espèces asiatiques, d’ailleurs tout à fait semblables en organisation, passent pour en être tout à fait dépourvues; et nous espérons qu'une époque viendra où l’on pourra, sans contestation, considérer toutes les plantes dont il vient d’être question, comme des espèces de l’ancien genre Savia de Willdenow.

La seconde espèce australienne que nous avons nommée À. Mooriana, paree qu’elle a été trouvée par M. Moore (n. 211), dans les mêmes localités que la précédente, notamment au Mont Lindsay, possède exactement la même organisation fondamentale. Mais ses fleurs disposées en cymes sont bien plus brièvement pédicellées. Le pédicelle des fleurs mâles déjà épanouies n’a guère que 2 millimètres de long, et celui des fleurs femelles, un peu plus d’un demi-centimètre. Les pédicelles sont donc ici plus courts que les pétioles, ce qui n'arrive pas dans l4. grandifolia, Les sépales sont plus inégaux, fortement réfléchis. Leur extrémité est renflée en une glande dure, assez épaisse ; et les plus courts d’entre eux sont réduits à cette portion glanduleuse. Les styles se relèvent verticalement près du sommet, et ont des branches conniventes. Les feuilles, oblongues-lancéolées, un peu obtuses au sommet; longuement atténuées à leur base en un pétiole qui a environ un centi= mètre de longueur, sont glabres et finement veinées. Leur limbe, parfois un peu insymétrique, inégalement sinué ou obscurément crénelé sur les bords, est d’un vert clair, lisse et luisant en dessus; pale, terne et plus jaunâtre à la face inférieure. I est long d'environ 6 centimètres et large d'environ 2 centimètres. A ces caractères, qui peut-être ne suffiraient pas pour constituer autre chose qu’une

SUR LES ACTEPHILA AUSTRALIENS. 307 variété de l'espèce précédente, il faut joindre, d’après les notes de M. Moore, qu'il ne s’agit plus ici d’un arbre où d’un arbuste peu élevé, mais bien d’un végétal qui atteint une soixantaine de pieds de hauteur, et dont les fleurs blanchâtres répandent une odeur suave, tandis que celles de l'A, grandifolia sont inodores,

Ces deux plantes présentent encore çà et à une particularité qui condamne aussi, après tant d’autres faits analogues, tout ce qu’on a dit de la parthénogenèse dans les phanérogames. Quelques fleurs sont hermaphrodites; nous n’en avons observé que de monandres. Dans l’A, Mooriana, l'étamine hypogyne de la fleur hermaphrodite était semblable aux étamines normales de la fleur mâle. Dans l’autre espèce, l’étamine était normale aussi comme taille et comme forme dans certaines fleurs ; mais, dans d’autres fleurs, elle était anormale ; tantôt sessile, ou à peu près, au lieu d’être portée par un long filet; tantôt nettement extrorse dès le début, au lieu d’être introrse, et cela sans pouvoir subir aucun mouvement de baseule (le contact immédiat du gynécée n'aurait pu permettre ce renversement); ici, pourvue d'une anthère ordinaire, portée sur un filet étroit; là, au contraire, n'ayant qu’une anthère uniloculaire, hippocrépiforme, ou tout à fait déformée, et surmontant plutôt une écaille bractéiforme qu'un filet rétréci et basitixe, Il est inutile de rappeler que la fleur femelle normale ne porte aucun rudiment d'androcée.

EXPLICATION DES FIGURES

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