VIE
simplement maintenue à son niveau primiüf; enfin les bulles de gaz ont reparu.
Cependant tous ces phénomènes qui annoncent el accompagnent la végétation des protophytes diminuèrent graduellement; et dans la seconde semaine du mois de mai, l’eau de la cloche s'était de noüveau éclaircie, le stroma avait disparu et le dégagement gazeux presque entièrement cessé. Attribuant ces effets à l’appauvrissement du liquide, j'ai versé dans la cloche quelques éprouvettes d’une eau que j'avais filtrée à diverses reprises sur du terreau bien consommé. Bientôt la végétation des conferves s’est ranimée, le stroma reformé et les bulles gazeuses ont reparu.
Depuis ce moment j'entretiens ces phénomènes dans toute leur activité, en versant dans la cloche, lorsqu'il y a lieu, un peu de l’eau filtrée sur le terreau. Ceci montre bien toute l'influence que les matières nutritives contenues dans l’eau exerce sur la production de ces phénomènes. Mais si des substances organiques sont absolument nécessaires, un excès de ces matières est d’ailleurs fort nuisible. Ainsi, l’année derniere, j'ai mis en observation une cloche remplie d’eau fortement chargée des principes solubles du terreau ; le liquide s’est troubié, a dégagé une odeur désagréable en se putréfiant, mais il ne s’y est développé aucun protophyte vert.
Le 26 mai 1865, le fuchsia présentait les particularités suivantes.
Sur la pousse de l’année dernière, les bourgeons axillaires des deux entre-nœuds termiraux se sont épanouis; el ils venaient alors de former leur deuxième verticille de feuilles. Au contraire, les bourgeons axillaires situés plus bas ne se sont pas épanouis, ou leur développement a été incomplet; ce que j'attribue surtout à ce que, dans cette région, le rameau plonge dans l’eau ou flotte à sa surface. Cette partie submérgée n’a que beaucoup plus tard d’ailleurs émis des racines adventives. La pousse de l’année à déjà sept verticilles de feuilles et son développement se poursuit; mais tout l’ensemble du rameau est ce que les jardiniers appellent tré, signe certain d’üne alimentation mauvaise ou insuffisante.
Enfin les racines nées l'année dernière continuent de vivre et de s’accroitre; et je n'ai point observé qu’elles aient perdu, pendant
le repos hivernal, leur chevelu d'ailleurs très-rare et réduit à quelques minces filaments. Enfin de nouvelles racines sont venues cette année s'ajouter à celles de l’année dernière.
La végétation se continue dans ces conditions; jamais on n’a arrosé la terre du pot, à part deux ou trois mouillures données dans les débuts de cette longue expérience.
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Les plantes ligneuses à bourgeons latents pendant le repos hivernal peuvent, le printemps venu, accomplir sous l’eau leur premier bourgeonnement. Cette évolution terminée, les bourgeons s'épanouissent et les feuilles qui en proviennent, à part leurs dimensions plus réduites, présentent les caractères ordinaires.
Ces organes et les pousses nouvelles s’orientent comme dans air, puis périssent prématurément par asphyxie et inanition.
Si pendant ce temps des bourgeons parviennent à naitre sur la parlie émergée de l’axe, et peuvent trouver dans la lige assez de séve pour atteindre un certain accroissement, la végétation de la partie submergée prend alors une activité nouvelle qui se révèle bientôt, soit par la naissance suivie promptement de l’atrophie et de la mort de quelques nouveaux bourgeons, soit plus généralement par l'apparition et le développement de racines longues,blanches et grêles, portant quelques rares ramifications semblables à des cheveux. Ces derniers organes paraissent successivement dans les diverses parties de l'axe, en procédant de la région superficielle à la région profonde.
Les bourgeons aériens se montrent du côté le plus éclairé, et les racines au contraire sur la face la moins éclairée de l'axe.
Le développement de ces racines adventives favorise la végétation des rameaux aériens dont la croissance est en raison directe de la masse des racines.
Ces dernières persistent, sans modifications apparentes, d’une période de végétation à l’autre; mais les feuilles, dans le fuchsia, tombent toutes à l'entrée de l'hiver, à l'exception de celles qui terminent la pousse.
Ces phénomènes présentés par des espèces végétales d'ordre supérieur sont étroitement liés à l’existence des protophytes; et ces deux sortes de végélalion s’accompagnent toujours et subissent simultanément des variations de même nature.
La naissance et le développement des plantes confervoïdes est en rapport direct avec les qualités nutritives du liquide. On peut régler en quelque sorte à volonté le mouvement d'organisation des protophytes en introduisant dans l'eau, en temps utile, des doses convenables de matières alimentaires.