‹ Adansonia; recueil d'observations botaniquesChapitre 25 sur 132 · DEUXIÈME SÉRIE FÈVES AYANT VÉGÉTÉ A L'AIR LIBRE ET A LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE FÈVES AYANT VÉGÉTÉ A L'AIR LIBRE ET A LA LUMIÈRE

Le 22 septembre 1864, on choisit dans le cristallisoir où l’on avait déjà pris les sujets de la catégorie n° 120 quatre pieds aussi semblables que possible. Ces végétaux s'étaient librement développés jusqu'alors, sans supports ni tuteurs. Chacun d'eux portait alors quatre feuilles distinctes et séparées du bourgeon terminal, et possédait en outre d’excellentes racines et des cotylédons parfaitement sains. Il fallait maintenant redresser les tiges pour favoriser la végétation. Pour cela on prit un vase cylindrique de verre, dont l’orifice libre était entouré d’un collier de liége. Ce dernier portail quatre tiges de fer régulièrement espacées et sur chacune desquelles on avait fixé une des plantes. Pendant toute la durée de l'expérience, oneut le soin de maintenir le niveau de l'eau dans le vase de manière à submerger les racines qui se trouvaient librement suspendues dans le liquide, sans jamais atteindre les cotylédons. Enfin l'appareil était placé sur le rebord extérieur d’une fenêtre et pouvait recevoir le soleil durant les premières

heures de la matinée. On arrêta l'expérience le 2 décembre 1864. Aucune des plantes n'avait fleuri, la végétation des tiges paraissait se continuer, mais le développement des racines était arrêté. Enfin les divers pieds, rangés par ordre décroissant de vigueur, étaient ainsi placés :

Les trois premières seules furent soumises à la dessiccation et donnèrent les résultats’suivants :

NUMÉRO | NATURE

de de POIDS. | FRAIS. EAU. SEC. | ÉTAT DE LA VÉGÉTATION. L'EXPÉR. | L'ORGANE.

| gr. gr, gro] À observé | 6,242! 5,88 10,362 130—4| racine es 1 0.94210.058112 feuilles séparées et distincte ; : du bourgeon terminal, les feuilles

sr 7 observé 19,524 17,65 4,874 3, 4 et » sont tombées. A niee era 1 | 0,904/0,096

oo

(observé | 5,135| 4,83210,303

5 13 feuilles séparées et distinctes ( calculé J 0,941 0,059 du bourgeon, les feuilles 3, 4,

130 — à ( observé 117,063115,54311,52 | 5,6,7,8, sont tombées. 301] 08e ocuté | ‘4 | 0:91410,089

1 30—1| racine

1303 racine observé] 5,732] 5,39410,338

(| calculé JAM 0,94110,059/19 fouilles séparées et distinctes { observé 14,647113,34014,307 du bourgeon terminal, les feuilles

= l 4,5, 6, 7, sont tombées.

130—3| tige | calculé ! 0,914|0,089 3, 4,5, 6, 7, sont tombées

Ces nombres donnent lieu aux remarques suivantes :

Dans ces trois plantes, deux seulement, les n% 4 et 3 sont physiologiquement comparables, et fournissent d’ailleurs des résultats d'une remarquable concordance. Ces deux plantes, en effet, sont parvenues sensiblement à la même phase d'évolution : la première à treize feuilles, et la seconde douze ; dans la première, les six premières feuilles du bas sont tombées ; dans la seconde, ce sont seule-

ment les cinq premières, en exceptant bien entendu les deux feuilles bractéiformes, qui persistent sur les deux sujets.

Quant à la première plante, elle offre, relativement aux deux autres, une anomalie de composition qui me paraît tenir surtout à ce que sur douze feuilles elle n’en à encore perdu que trois, ce qui dénote chez elle un état d’affaiblissement et de dépérissement moins avance.

Enfio, on remarquera que la proportion d'eau est sensiblement la même pour les (rois racines.

Ce résultat s’explique aisément, puisqu’au moment de la dessiccation, les trois racines, comme je m'en suis assuré, étaient dans le même état physiologique.

Il résulte de cette discussion que l’on doit adopter les nombres suivants, pour les proportions d’eau contenues dans les plantes, à cette période de leur existence :

Pour la racine, 0,944 Pour la tige, 0,941.

Cette conclusion montre que :

4° Ces plantes ont dépassé la période du maximum d'imbibition et par conséquent du maximum d’aclivité végélative, et qu'elles sont entrées dans la phase de dépérissement signalée, entre autres particularités, par une diminution graduelle dans la quantité d’eau; résultat en tout conforme à celui qui résulte de l’examen physiologique des sujets ;

2% Même arrivée à cette période de la vie végétale, la racine contient encore une plus forte proportion d’eau que la tige.

Page 1