‹ Addition à l'exposé des titresChapitre 6 sur 9 · De l'hêtêroplastie · texte numérisé non relu

De l'hêtêroplastie

Dès 1869, je fus amené à me demander s’il fallait ne considérer que comme un naïf roman la célèbre observation de Dutrochet. Encouragé par les résultats obtenus par la transplantation de lambeaux périostiques, je voulus tenter la transplantation de lambeaux cutanés. Si cette expérience réussissait, il était évident qu’on aurait accompli un’e véritable révolution dans l’autoplastie faciale. Je ne pus opérer mon

malade qu’au commencement de 1870. L’opération consista à emprunter à la peau du bras les téguments nécessaires pour remplacer une paupière inférieure. J’échouai, et j’attribuai mon échec à ce que j’avais dépassé dans mon lambeau les limites du derme. Je renouvelai ma tentative en mars 1872. Il s’agissait'cette fois de combler, par un petit lambeau cutané, l’espace laissé vide dans une opération d’ectropion par incision transversale et suture des paupières. Le lambeau, emprunté au bras gauche, fut complètement détaché, découpé à la dimension voulue, et appliqué sur la surface saignante, où il fut retenu par une couche de gutta-percha laminée et de côliodion; il reprit parfaitement. Le malade a été présenté à l’Académie quinze jours après l’opération. L’hétéroplastie me parait donc créée. L’avenir nous montrera quelle pourra être la sphère de son application.

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