‹ Additions a l'anatomie générale de Bichat [electronic resource]Chapitre 34 sur 38 · SYSTÈME PILEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME PILEUX

Anciennes éditions, T. iv, p. 792, lig. 1; — édition Béclard , T. iv , p. 496 , lig. 1 : — « Système pileux... »

Les poils, comme l'epidèrme, comme les ongles, etc., sont des produits de l'organisme, placés conséquemment en dehors de lui, et totalement étrangers intrinsèquement aux phénomènes si variés et si remarquables de la vie ; ces faits, aujourd'hui connus de tous les savans, ne permettent plus de placer sur deux lignes parallèles les systèmes cellulaire, vasculaire, nerveux, etc., et les parties épidermoïdes , pileuses, etc. , comme Bichat l'a fait dans YAnatomie générale; les poils , en particulier , sont des produits de sécrétion de certaines portions modifiées de la membrane tégumentaire , comme je le montrerai plus loin. (F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. iv, p. 796, lig. 5 ; — édition Béclard , T. iv , p. 5oo, lig. 20 : — « Les poils ont, comme les ongles, un accroissement déterminé qu'ils ne dépassent pas... »

Les ongles et les poils croissent, au contraire, d'une manière indéfinie ; seulement à une certaine époque leur allongement devient moins rapide , quoique toujours continu. Tout cela résulte de l'organisation même de la matrice des uns et des autres : déjà j'ai décrit cette organisation dans les ongles ; pour

les poils , elle sera indiquée plus bas. Or il a été facile de remarquer que^ jamais, quelque développement que l'on suppose à l'ongle , sa matrice ne se trouve comprimée et gênée dans ses fonctions ; que jamais par conséquent, à moins de maladies ou d'autres circonstances anormales, elle n'est mise, par le fait de l'accroissement de l'ongle , dans l'impossibilité de sécréter de nouvelles couches de matière cornée en dedans des premières ; qu'ainsi cette sécrétion continue, et que l'ongle s'accroit par le mécanisme indiqué plus haut. Les dents de l'homme , qui s'accroissent , comme les ongles et les poils, c'est-à-dire par addition de couches sécrétées à l'intérieur, ont une papille ou matrice disposée autrement que la leur , et le terme de leur accroissement est bornée. Cette papille dentaire , en effet , est soutenue par un pédicule rétréci, vers lequel s'avancent les couches de la dent. De la sorte , enveloppée bientôt de toutes parts, elle ne peut plus accroître la dent qu'aux dépens de la cavité de celle-ci ; mais elle— même , d'abord à l'aise dans la cavité qui la protège , ne tarde pas à y être comprimée et atrophiée , comme je l'ai déjà fait remarquer plus haut; et successivement, la dent cesse de croître, elle devient vacillante, et abandonne son alvéole. Ainsi ces deux faits, l'accroissement défini des dents, l'accroissement indéfini, des ongles et des poils , bien que contraires , se fortifient réciproquement , et reconnaissent évidemment pour cause , l'un et l'autre, une disposition spéciale , mais différente , dans les deux cas, de la partie qui produit. (F. Blandin.)

Anciennes éditions,!", rv, p. 809, Ug. 10; — édition Bécfard, T. iv , p. 5 1 4 , Ug- 26 : — « Tous les auteurs disent qu'à l'endroit de l'épiderme le poil ne le perce point, mais le soulève seulement... »

Lors de leur éruption , les poils soulèvent l'épiderme , et forment sous4lui une petite tumeur conique , au sein de laquelle ils s'allongent d'abord, en se contournant en spirale , mais qu'ils percent un peu plus tard ; conséquemment , s'il est inexact de

soutenir que les poils ne font que soulever 1'épiderme , il ne le serait pas moins de nier ce fait complètement. ( F. Blandin. )

Anciennes éditions; T. iv, p. 810, Ug. 5; — édition Béclard , T. iv, p. 5 1 5 , Ug. 11 : — « Le poil est creusé d'un canal qui s'étend depuis le renflementde l'extrémité dermoïde jusqu'à l'opposée...»

Un poil se compose de deux choses , d'un prolongement corné et d'un bulbe ou matrice ; le prolongement corné, qui con^ stitue le poil proprement dit , est un produit complètement inorganique , comme je l'ai déjà dit pour les ongles ; il est creusé, à son extrémité adhérente, d'une cavité conique , dans laquelle se loge une papille , également conique ; enfin il est plus ou moins allongé , plus ou moins irrégulier à sa partie moyenne , et tantôt simple, tantôt div sé à son extrémité libre. Mais il n'y a pas dans l'intérieur des poils un canal qui s'étendrait , comme le croyait Bichat , de V extrémité dermoïde à l'extrémité opposée ; y a point non plus cette substance intérieure , cette moelle que leur ont attribuée les auteurs ; seulement dans le poil , le pigmentum de la peau est associé à la matière cornée , et on peut le considérer lui— même comme une expansion locale considérable des couches albides superficielles du corps muqueux.

D'autre part, le bulbe ou la matrice des poils est tout simplement un follicule cutané , soutenu par un pédicule nerveux et vasculaire , follicule au gouleau duquel sont groupés en cercle neuf follicules sébacés plus petits , et dont le fond enfin dopne naissance à une papille conique considérable , qui est reçue dans la Cavité de la base du poil , et qui produit celui-ci par sécrétion.

(F. Blandin. )

Anciennes éditions, T. iv , p. 810, lig. 1 5; — édition Béclard, T. iv, p. 5i6, lig. i3: — « L'enveloppe épidermoïde des poils est blanche, quelsoit la couleur des poils... »

Si les poils examinés contre le jour paraissent blancs en deN hors et p us foncés à l'intérieur, ce n'est là qu'un effet de lumière; en effet le bord est plus mince , par conséquent il doit plus facilement laisser passer la lumière , et la couleur doit y paraître moins intense. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. iv, p. 8 1 3 , lig. 3o; — édition Béclard, T. iv, p. 5rt) , lig. ai : — Je crois que rien ne peut prouver l'existence des vaisseaux dans les poils... »

Les poils sont tout-à-fait dépourvus de vaisseaux : leur absorption n'est qu'une simple imbibition ; et les phénomènes de la pli;iue polonaise , maladie moins commune qu'on ne l'a dit , résultent tout simplement de l'inflammation de la papille pilifère , et d'une tuméfaction telle de cette partie , qu'elle s'élève au dessus du gouleau du bulbe en refoulant le poil au dehors, et qu'elle peut être intéressée avec le poil, lorsque l'on coupe celui-ci près de la peau. Mais dans ce cas , il est bien clair que ce n'est pas le poil proprement dit qui saigne , pas plus que ce sont les plumes des très— jeunes oiseaux qui répandent du sang , quand on les coupe près de la peau.

(F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. iv,^?. 8 1 5 , lig. 20; — édition Béclard, T. iv,p. 5a 1, lig. 12 : — « Si l'effroi peut faire dresser les cheveux, faut-il bétonner que le chagrin et la douleur changent subitement les fluides qui s'y trouvent... »

Sans doute , il est incontestable que sous l'influence de la

peur et d'autres impressions inorales vives, les cheveux ont souvent changé presque subitement de couleur ; toutefois ces faits sont difficiles à expliquer, et ne peuvent aucunement être comparés , sou ce rapport , à ceux de l'érection des cheveux et des autres poils dans certaines circonstances. En effet cette érection est un produit très— simple de contraction musculaire : les fibres des muscles peauciers ont quelques insertions sur les bulbes des poils , et, en se contractant, elles impriment nécessairement des mouvemens au bulbe et au prolongement corné qui en naît ; c'est par un semblable mécanisme que les piquans du hérisson se dressent suivant la volonté de cet animal. ( F. Blandin. )

Il n'est pas de fables absurdes qui n'aient été débitées à l'occasion de la plique polonaise ; cette opinion peut à tous égards être rangée dans cette classe. (F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. iv, p. 817, lig. 3o; — édition Béclard, T. îv, p. 5a3, lig. 34 : — «Les douleurs de tête qu'on éprouve lorsqu'on s'est fait teindre les cheveux, prouvent leur vitalité... »

Les substances que l'on emploie pour teindre les cheveux peuvent bien affecter douloureusement la tète , sans que cela prouve la vascularité de ces poils ; car dans tout état de chose, les cheveux sont très-hygrométriques , comme on sait ; dès lors , il ; s'imbibent aisément des substances que l'on emploie pour les teindre; etces substances, qui viennent se mettre en rapport avec la papil'c , partie bien distinctement vasculaire , peuvent être , là seulement , prises par les vaisseaux , de façon à impressionner nos organes d'une manière lâcheuse. ( F. Blandin.)

Anciennes éditions, T. i\',p. 821 , lig. 3i ; — édition Béclard, p. 5a8 , lig. 5 : — « Les cheveux devancent les autres poils dans leur accroissement...»

Le duvet lanugineux qui recouvre la peau du jeune fœtus tombe vers l'époque de cinq mois de la vie intra-utérine, et il

est remplacé par des poils plus forts ; l'eau de l'amnios et le niéconium , produit de la digestion de l'eau de l'amnios , selon toute apparence , contiennent de ces poils caduques. (F. Blawdin.)

Anciennes éditions, T. iv, p. 828, ligne dernière; — édition Béclard, T. iv, p. 535, ligne dernière.

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