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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU SYSTEME PILEUX

L'altération la plus commune des^ poils est la canitie ou blancheur accidentelle. On parle beaucoup de cheveux qui ont blanchi tout à coup , et dans toute l'étendue du crâne à la fois : Bichat a même cité des exemples de ce fait. Mais ces cas ont-ils été suffisamment observés? Il est permis, je crois, d'en douter, surtout lorsqu 'aucun d'eux n'est rapporté avec les détails nécessaires, jusqu'à ce que de nouvelles observations viennent confirmer ou détruire les premières. Si ces fails sont exacts , ils tendraient à prouver qu'il se fait une circulation dans les cheveux. Ceux bien connus établissent seulement qu'une apparence de décoloration subite peut avoir lieu , quand les cheveux tombent et sont remplacés par d'autres différemment colorés. C'est ce qu'on voit souvent chez les phtliisiques qui ont des intervalles de santé presque parfaite ; il arrive alors que leurs cheveux , qui avaient blanchi pendant le^ paroxysme, tombent et repoussent noirs, comme ils l'étaient auparavant : le docteur Chaumeton présenta ce phénomène pe :i de temps avant sa mort. Cela peut se répéter plusieurs fois de suite , et les cheveux peuvent être ainsi alternativement colorés et incolores suivant l'état général de l'individu. Dans les cas ordinaires, le changement de couleur ne se fait point dans tous les cheveux à la fois , mais successivement dans chacun d'eux ; il commence à la racine , et gagne petit à petit , a mesure que celle-ci se prolonge et que le sommet est usé par l'action des corps extérieurs : il s'explique facilement par le changement survenu dans la sécrétion opérée par les bulbes. L'alopécie ou chute des cheveux est accompagnée , dans eer«

taihes circonstances et non dans d'autres , comme on l'a vu « d'une sorte d'atrophie de leurs bulbes. Cette lésion est quelqûefois la suite d'une irritation long-temps prolongée , comme dans la teigne; d'autres fois , quoiqite rarement aujourd'hui , elle dépend de la syphilis ; mais une infinité d'autres causes peuvent également la produire. On n'a pas recherché quel est l'état des bulbes dans ces différens cas.

La plique est une affection encore peu connue dans sa nature. Les meilleurs observateurs ne sont pas d'accord sur ce qui se passe dans cette maladie : suivans les uns , les cheveux acquièrent de la sensibilité et se pénètrent de vaisseaux ; d'autres assurent qu'ils ne font que se feutrer. Il serait possible de c. ncilier ces deux opinions en admettant que les cheveux deviennent simplement vasculaires à leur base, par un accroissement extraordinaire de la papille contenue dans leurs bulbes , accroissement qui élèverait cette papille au dessus du niveau de la face externe de la peau , et dont l'irritation primitive ayant causé la maladie , ou celle secondaire résultant de la malpropreté , du tiraillement des racines des cheveux, etc., pourrait aisément rendre raison. La plique produirait alors un phénomène analogue à celui qu'on observe dans les plumes, chez les jeunes oiseaux : les papilles de ces plumes dépassant le niveau des tégumens , elles saignent lorsqu'on les coupe.

On rencontre des poils accidentels , outre les circonstances indiquées , à la surface de la peau , à la suite de l'inflammation de cette membrane : M. Boyer citait dans ses cours l'exemple d'une femme dont la cuisse se recouvrit de poils rudes et longs à la suite d'un érysipèle. Il faut noter , parmi les kystes qui renferment des poils, ceux situés dans la paupière supérieure , auprès du sourcil ; leurs poils ressemblent tout— à-fait à ceux du sourcil , et semblent n'être autre que ces derniers déviés de leur direction accoutumée. Les poils contenus dans les kystes de l'ovaire sont fins, soyeux, faiblement colorés, ordinairement libres de toute adhérence (i), quelquefois renflés à uiie de leurs extrémités. Il est extrêmement rare que des poils naissentdans les kystes formés dans d'autres parties. On trouve quelquefois des poils dans le méconium des enfans nouveau-nés; leur origine est peu con—

nue : on suppose qu'ils existaient primitivement sur la peau dit fœtus. (Béclard.)

Souvent au contraire , les poils des kystes ovariens ont une extrémité adhérente sur un point du kyste, ou sur un mamelon plus ou moins saillant à l'intérieur de celui-ci ; ce qui conduit tout naturellement à penser que ces kystes pilifères sont des débria d'ovules fécondés, et que le point vers lequel les poils sont fixés dans de véritables bulbes n'est autre chose qu'une portion du cuir chevelu dont la vie a continué malgré l'atrophie générale de l'embryon auquel elle appartenait Mon ami le docteur Reynaud a publié un exemple remarquable de ces productions; et dans ce moment, j'ai sous les yeux un kyste du volume du poing, dans lequel des poils longs de plusieurs aunes , pelotonnés et mélangés avec de la matière grasse jaunâtre , sont implantés sur un des points de la surface extérieure d'une masse informe adhérente aux parois de la poche ; masse au sein de laquelle on trouve entre autres choses une dent grosse molaire et quelques pièces d'un squelette atrophié ; tout concourt, par conséquent , dans ce cas parculier, à prouver quele kyste quia clé trouvé dans l'ovaire est le reste d'un fœtus irrégulièrement développé dans cette partie. Quoi qu'il en soit, dans les kystes de ce genre, il est bien certain que l'on trouve aussi des poils libres par leurs deux extrémités ; mais certainement ces poils avaient été primitivement fixés comme les autres, et ils ne sont devenus libres que consécutivement, comme on voit la chose arriver, dans l'état ordinaire, aux cheveux et aux autres productions du même genre.

'F. Blandin.)

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