‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 13 sur 35 · AUX SYSTÈMES CAPILLAIRES. I IQ · texte numérisé non relu

AUX SYSTÈMES CAPILLAIRES. I IQ

tant les veines , de l’autre, on reconn oit aisément i°. quelles sont très-dilatées à leur origine ; 2°. que les espèces de renflemens auxquels elles donnent lieu ont des anastomoses très-multipliées , comme le système ca*]3illaire dont ils font partie. Il résulte de là que ces vaisseaux paroissent, pour ainsi dire, criblés d’ouvertures , ce qui les fait ressembler à des aréoles ou mailles communiquant toutes entre elles. Le tissu érectile du corps caverneux est donc formé d’artérioles et de vénules entrelacées à la manière des réseaux capillaires ; toute la différence, c’est qu’ici les radicules veineuses sont plus déA'eloppées et dilatées d’une manière particulière. Ces renflemens sont si peu des cellules , qu’ils ne se continuent qu’avec les veines , et qu’on y retrouve la membrane interne de ces conduits.

Au reste, cette manière d’envisager le tissu érectile n’est pas nouvelle : Vésale , Ingrassias , Malpighi , avoient entrevu sa véritable disposition. J. limiter a dit positivement qu’il n’étoit formé que par des vaisseaux. Duvernoy eut la même idée d’après la dissection de la verge de l’éléphant. De nos jours, MM. Cuvier j Rjbes et autres en France, Mascagni , Paul Farnese. , Moreschi en Italie , Tiedemann en Allemagne , ont parfaitement démontré ce fait, soit chez l’homme, soit chez divei'S animaux.

Dans l’éi'ection, le sang s’accumule dans ce tissu, ainsi que SAVammerdam s’en est*assuré; mais on ignore quelle en est la cause. Duvernoy attribuoit ce phénomène à une eontraefion des A^eiiies. D’autres ont dit C[u’il dépendoit de ce que le sang

ahordoit en plus grande quantité par les artères: il resteroit à expliquer, dans cette hypothèse, pourquoi cet aOlux existe. Quelques-uns ont prétendu que c’étoit une expansion vitale de ce tissu, et que l’accumulation du sang n’étoit que secondaire.

11 est quelcfues parties dont la structure se rapproche de celle du corps caverneux , ou cjui sont même susceptibles d’une sorte d’érection plus ou moins semblable à la sienne. La l’ate paroît être dans ce cas, cjuant à la structure, et même quant aux phénomènes : en effet , ce viscère présente un mouvement réel d’expansion et de contraction , i”. dans les expériences : quand, sur un animal vivant, on arrête le cours du sang dans la veine splénique, la rate se gonfle; elle revient promptement sur elle -même aussitôt qu’on rétablit la circulation ; 2". dans les maladies : les accès de fièvre intei mittente sôiiit accompagnés d’un gonflement manifeste de cet organe, qui cesse dès que l’accès est passé; 5“. il paroît que la même ehose a lieu pendant la digestion. Mais c’est surtout au tissu spongieux de l’urètre, au corps caverneux du clitoris, au mamelon , au tissu ^^culaire des ny/nphes , qu’on peut applic[uer le^from de tissu érectile. On a expliqué les mom^eji^ns de l’iris en la supposant formée de ee" tissu. Les lèvres présentent ([uelque chose d’analogue. Par-tout , au reste , la disposition du système veineux semble, jusqu’à un certain point , indiquer la présence d’une sorte de tissu éreetile , suivant la remarque c[u’en a faite M. Chaussier. Les injeetions montrent par-tout les veines très-prononcées à leur origine," et donnant

naissance à des réseaux à mailles tellement serrées qu’on pourroit Jes prendre pour les cellules d’un tissu spongieux ; la pulpe des doigts offre cette disposition d’une manière évidente.

Circulation capillaire.

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(( Toute la doctrine des mécanl- » ciens reposoit , comme on sait , sur cette exj) trême étendue qu’ils avoient donnée au coeiu' n pour ses rnom'emens.

Ce qüe nous avons dit de la circulation veineuse s’applique également à celle des capillaires ; l’expérlenc^ qufi' nous avons citée prouve l’influence du cœur sur cette dernière comme sur la première. En outre , si , dans cette expérience , on vient à ; comprimer l’artère , le jet du sang qui sort par la veine baisse et devient moins rapide. Donc, en suspendant momentanément l’action du cœur par rapport à la veine , on a soustrait l’une des causes qui détermlnoient le sang à s’écouler au dehors.

' Or , quelles sont ces causes ? les mêmes , à peu de ' chose près , que celles qui déterminent la circulation capillaire. Donc , la circulation capillaire reconnoît pour causes, i°. l’action propre des réf seaux capillaires, 2°. l’action du cœur. Il ne faut I jamais perdre de vue que le cœur peut influencer ' cette circulation à sa manière.

Anatomie pathologique du Système capillaire (p. 548).

§ P’’. Altérations dans les formes extérieures.

liOs vaisseaux capillaires paroissent augmenter de volume dans deux circonstances principales: 1°. lorsque le cours du sang se trouve interrompu dans un tronc artériel ou veineux ; 2°. lorsque ce Iluide s’accumule dans une partie en vertu de l’irritation c[u’elle a éprouvée. ( oyez ce qui a été dit de tin- \ jlamniation. )

Après la ligature de l’artère d’un membre , il se passe, comme on sait, des changeraens fort importans dans la circulation de ce membre. Tout le sang qui passoit par l’artère liée reflue d’abord vers les i extrémités capillaires des branches collatérales situées au-dessus , et arrive ainsi, à la faveur des anastomoses si nombreuses du système capillaire, dans les branches situées au-dessous du point lié. i La circulation se fait donc alors, dans une cer- | taine étendue, presqu’ exclusivement par les vais- I seaux capillaires, qui se dilatent à proportion. Les 1 injections faites sur le cadavre montrent à cette épo- | que une quantité innombrable de ces vaisseaux , 2 dont beaucoup ne deviennent apparens que parce | que le sang les traverse au lieu des fluides séreux 5 tpi’ils contenoient. Sur le vivant, ce passage subit j d’une grande quantité de sang à travers le système r capillaire donne lieu à une élévation de température, souvent même à la rougeur de la peau. Plus

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tard , un ou plusieurs de ces vaisseaux prennent un accroissement plus conside'rable que les autres , lesquels reviennent à leur volume primitif ; les phénomènes indiqués disparoissent peu à peu. Il existe ordinairement alors deux ou trois grosses branches collatérales dilatées , qui rétablissent la circulation dans le membre.

1/ oblitération spontanée des artères est suivie, comme leur ligature , du rétablissement de la circulation par le moyen des anastomoses. Mêmes phénomènes dans les veines ; il y a , comme pour les artères, accroissement des réseaux capillaires à une certaine époque. Il faut, au reste , distinguer cet accroissement des capillaires de celui qui s’opère dans les branches anastomotiques d’un volume plus considérable, et dont il a été question ailleurs.

§11. Altérations dans V organisation.

Inconnus dans leur structure, les capillaires le sont aussi dans leurs altérations de tissu. La contusion semble affoiblir leurs parois -, du moins ils se laissent souvent , dans ce cas , énormément distendre par le sang : la commotion paroît agir de la I même manière. Les capillaires sont fréquemment ! rompus, de là les diverses espèces d’ecchymose, d’infiltration sanguine, etc. Divisés dans les plaies,

‘ ces vaisseaux fournissent d’abord du sang , puis des fluides séreux, puis une matière concrescible qui devient la base de la cicatrice.

ADDITIOSS

§ \)1. Altérations dans le développement. !

Des réseaux capillaires se produisent accidentel- | lement, i“. dans la production des fausses membranes , 2“. dans la formation des cicatrices. Stoll paroît avoir^ le premier, fait la remarque que, dans j quelques cas, les couches membraneuses qui recouvrent les membranes séreuses enflammées con- j tiennent des vaisseaux très-manifestes et se conti- J nuant avec ceux de la séreuse elle-même. J. Hun- ! ter, M. Chaussier , ont fait depuis la même obser- < vation. La plupart des auteurs admettent que ces j vaisseaux ne sont qu’un prolongement de ceux de î la séreuse. M. Home pense, d’après J. Hunter, qu’ils î se développent d’une toute autre manière : suivant I lui, iîyauroit, i°. fox'mation de petites ampoules ne ! contenant que des fluides Incolores ou même gazeux i dans le principe; 2“. réunion de ces ampoules et ! production d’un réseau vasculaire encore dépourvu de sang; 5“. enfin, abouchement entre les vaisseaux développés et ceux de la membrane enflammée, abord du sang dans les premiers. Telle paroît être, ■ en effet, la marche de la nature. Si l’on remplit de mercure, au hasard, une fausse membrane qui ne I semble pas, en apparence, contenir de vaisseaux, le métal s’y distribue régulièrement, et prend la forme de stries ramifiées, semblables à des ner- ! vures de feuilles : ce sont les vaisseaux de la fausse membrane, qui existoient avant de communiquer avec ceux de la séreuse. Ces vaisseaux présentent i même par la suite un diamètre supérieur à celui des 1

A.UX SYSTÈMES CA.PILLA.IRES. IsS

vaisseaux de communication, et une disposition propre différente de la leur, comme je m’en suis assuré par l’injection.

C’est sans doute par un mécanisme analogue C[ue se produisent les vaisseaux des cicatrices. M. Home a fait, conjointement avec M. Bauer, des expé- ; riences microscopiques qui viennent à l’appui de ! cette idée; je la crois d’autant plus admissible, quelle j s’accorde parfaitement avec ce que nous savons de j la fonnation des vaisseaux dans le développement I naturel des tissus.

1 On retrouve dans une maladie décrite pai’Bell sous j le nom anévrysme par anastomose , par Frier et j les auteurs allemands sous celui de télan^iectasie , cette variété de forme du système capillaire qui constitue le tissu érectile. Souvent c’est un vice de conformation que l’enfant apporte en naissant : telles sont beaucoup de ces taches dites de naissance ou nævi materni. Cette maladie apparoît ordinairement sous la forme d’une tumeur, dont l’étendue, le volume, la couleur, etc., varient. On a vu tout un membre en être le siège. Le tissu c[ui forme ces tumeurs ressemble à celui du corps caverneux : injecté par les ar.tèï-es, il ne se remplit pas toujours; l’injection réussit bien mieux par les veines. On trouvera, au reste, de plus amples détails à ce sujet dans l’ouvrage déjà cité de Hodgson.

AU

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