‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 19 sur 35 · SYSTÈME FIBREUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME FIBREUX

Tissu fibreux jaune^

Page iSy. «Ils paroissent (les ligamens pla^ » cés eiitie les lames des vertèbres ) contenir beaii“ J) coup moins de gélatine , et être entièrement dif- M féx’ens par leur nature. »

Ces ligamens appartiennent , en effet , à une division du système fibreux confondue pendant longtemps avec les autres organes du même nom , mais qui en diffère par une foule de caractères; je veux ])arler du tissu fibreux jaune ou élastique. Il faudra donc , à l’avenir , partager le système fibreux en deux grandes classes : l’une comprendra les organes fibreux blancs ou albuglneux de M. Chaussler , l’autre les jaunes ou élastiques. Cette dernière expression est peut-être plus convenable que la première pour désigner ce genre de tissu , l’éiastlclté en étant le principal caractère, tandis que la couleur ne lui est pas aussi essentielle. Au reste, personne ; que je sache , n’a donné de descrip-

tion complète de ce tissu ; il n’a prescpe été in=-

(ie tissu se rencontre par-tout où il faut une ré» s’stance continuellement en action , une soi’te d’an"tegenisine perjiétuel , dillérent sous ce rapport du fibreux ordinaire, dont la résistance est, pour ainsi dire , j)assive , et n’entre en exercice tjue par la distension , et du musculaire, qui ne résiste qu’autant que dure sa contraction. On le retrouve chez les animaux dans les mêmes circonstances. Le ligament cervical postérieur des quadrupèdes agit de cette manière pour s’opj)oser à la pesanteur, qui tend incessamment à llécliir leur tête. Une tunique de ia même nature fortifie la paroi abdominale chez ces mêmes animaux , et l’empêche de céderai! poids des viscères. Tout le genre des à un ligament

élastique inséré à l’ongle, et maintenant celui-ci dans le sens de l’extension dès que l’animal ne contracte plus ses muscles ])ou!’ le rendi’e saillant. Les écailles des bivalves, huitres, moules, etc., s’ouvrent au moyen d’ini tissu fibreux anabîgue, quand les muscles qui les ferment sont relâchés, (.liez l’homme, outre les ligamens jaunes des vertèbres, on doit encore ranger parmi les organes que ce tissu concourt à former la membrane propre des artères, celle des veines, des vaisseaux lymphatiques , des conduits excréteurs, celle des voies aériennes, l’enveloppe fibreuse du corps caverneux, de l’urètre, peut-être aussi celle de la rate. Toutes ces parties ont besoin d’une force sans cesse active, opposée

diqné jusqu’à ce jour <[ue dans des leçons orales. M. Chevreul s'e^, dit-on , occupé de sa composi-

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à la distension , et qui les fasse revenir sur ellesmèines aussitôt que l’elfort contraire cesse d’avoir le dessus.

Les fibres du tissu élastique ont la meme disposition que celles du tissu fibreux blanc. Leur couleur tire plus ou moins sur le jaune ; elle est plus marquée dans le cadavre. Leur ténacité est moindre que dans l’autre tissu ; leur élasticité est , au contraire , plus grande. Les vaisseaux de ce tissu sont en petit nombre.

La coction ne le résout point en gélatine, comme le tissu fibreux blanc. 11 paroît contenir beaucoup de fibrine, jointe à un peu de gélatine et d’albumine.

Ses propriétés sont peu marquées, à part l’élasticité et la résistance qui le caractérisent spécialement. Il ne paroît point sensible , ou du moins ne l’est-il, comme le système fibreux en général , ejue pour certains genres d’impressions. 11 s’ossifie rarement. îl a pour fonctions de servir de lien ou d’enveloppe, et de faire en même temps l’office d’un ressort, qui obéit à l’extension et revient brusquement sur lui-même une fois .jcf^t^le ne subsiste plus. C’est ce qui est bien manifeste dans les artères : la colonne de sang cju’eliès-eontlennent , ébranlée à chaijue contraction des v^iifricules , étend les parois de ces canaux ; mais l’instant d’après, l’élasticité resserre ces parois : par là le cours du sang est continu, tandis qu’il devroit être interrompu si le coeur en éloit l’agent unique,, comme nous l’avons dit ailleurs..

ÂBDÏTIONS

Anatomie pathologique duSystème fibreux (pag. 2io).

§ P*", Altérations dans les formes extérieures.

Les ligamens et les tendons sont épaissis , raynollis dans les tumeurs blanches ; ils deviennent aloi’S fragiles, pour ainsi diie, et cèdent aux moindres efforts dirigés sur eux. Le tissu cellulaire qui les entoure est souvent confondu avec eux et avec celui des parties voisines, ce qui leur ôte leur mobilité , et rend en partie raison de la fixité de leur situation et de la gêne des mouvemens qui accompagne presque toujours ces maladies. Dans d’autres cas , comme dans certaines contractures , les raouvemens sont empêchés par la rigidité qu’acquièrent les tendons, et par la difficulté avec laquelle ils se laissent étendre. Les ligamens offrent une rigidité semblable dans les fausses ankylosés.

§ II, Ahé'ations dans V organisation.

L’inflammation des parties fibreuses est peu connue. Celle du périoste est la plus commune ; elle joue un très-grand rôle dans beaucoup de maladies des os. J’ai vu divers tendons être le siège d’engorgemens lents, qui quelquefois avoient été manifestement la suite d’une inflammation aiguë , telle que celle c[ue produit une piqûre , par exempie, J’ai eu moi-même une affection de ce genre

qu’avoit dëterminëe une piqûre à la main : une tumeur se forma dans le tendon extenseur d’un doigt et subsista fort long-temps.

C’est particulièrement dans les ruptures du tendon d’Achille qu’on a eu occasion d’observer le mode de rëunion des organes fibreux *divisës. Une matière coagulable , albumineuse ou fibrineuse , s’épanche dans cette circonstance , acquiert une densité de plus en plus grande, et finit par unir solidement les deux bouts : molle et extensible dans le principe , cette substance est susceptible de s’allonger a cette époque , comme cela arrive en efi’et lorsque le membre se meut trop tôt. La rupture des ligamens a presque constamment lieu dans les luxations; mais on n’a pas décrit ce qui arrive après la réduction de ces dernières.

L’ossification est peu fréquente dans le tissu fibreux. Rarement l’espèce d’endurcissement qu’éprouve ce tissu chez le vieillard va-t-il jusqu’à y produire cette transformation ; elle ne survient guère que dans les tendons , aux endroits de leurs frottemens, et dans les ligamens, à leur extrémité attachée aux os .^1 n’en est pas de même chez certains animaux : cRez les gallinacés , par exemple , les tendons des muscles des pieds sont constamment osseux à une certaine époque.

Le périoste est quelquefois affecté de cancer , comme on le voit dans ce que les uns appellent fongus ou fongus médullaire du périoste , les autres, tumeur ossivore, tumeur lymphatique du périoste, etc.. D’autres organes fibreux, comme la dure-mère^ présentent des tumeurs analogues. La pérlostoset

diffère de ces tumeurs, en ce cfu’elle est le re'sultat d’une exsudation qui se fait au-dessous du périoste détaché de l’os : la matière de cette exsudation devient quelquefois de plus en plus consistante ; nous avons vu qu’elle peut devenir osseuse.

§ III. Altérations dans le développement.

Certains vices de conformation sont accompagnés d’un relâchement extrême des ligamens qui unissent les os, comme les pieds-bots en fournissent un exemple : ce relâchement n’est , dans ce cas , qu’une circonstance seeondaire qui dérive de la foiblesse de certains muscles.

Le tissu fibreux se produit dans plusieurs circonstances. i”. Sans parler de sa reproduction quand il est lui-même divisé, les cicatrices de divers organes sont essentiellement fibreuses : c’est ce que nous avons déjà vu dans quelques circonstances pour les os, et ce que nous verrons par la suite pour les muscles, pour la peau. 2°. Le tissu cellulaire, la membrane rétine, la substance du testicule, la glande thyroïde , se transforrfî^^ parfois en tissu fibreux. 5'’. Des produc|i^ns fibreuses diverses se développent au milieu des organes. Elles affectent la forme de membranes, comme dans les kystes, de faisceaux, comme dans les ligamens des fausses articulations , ou bien ce sont des masses qu’on désigne sous le nom de corps fibreux. Ces corps se rencontrent partieulièrement dans l’utérus : Biehat en fait mention (t. iii, p. 176). Ils occupent dsfférens points de l’épaisseur de cet organe. Leur

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îîombre varie ; souvent on en trouve plusieurs. D’abord très-petits, ils augmentent progressivement de volume, et prennent en certains cas un accroissement considérable. Leurs fibres forment des couches à-peu-près concentrlcjues, etparoissent*comme pelotonnées : elles reçoivent des vaisseaux plus ou moins appareils. Ces corps passent souvent à l’état fibro- cartilagineux; mais cet état ne leur est pas propre, comme on l’a dit. L’ossification peut même s’en emparer ; ils ressemblent alors à des pierres ou à des concrétions. Quelquefois ils se détachent entièrement et tombent, soit dans la cavité du péritoine, soif dans celle de l’utérus ; ils constituent, dans le second cas , les prétendus calculs de la matrice , dont on trouve plusieurs exemples dans un mémoire de Louis inséré parmi ceux de l’Académie de Chirurgie. Les corps fibreux de l’utérus sont connus depuis fort long-temps : Chambon leur avoit donné le nom de sclérôine. Mais c’est surtout à Blchat , dont les idées sur ce point ont été publiées par M. Roux , et à Bayle , qu’on en doit une description plus exacte. Des corps fibreux analogues ont été trouvés dans d’autres parties , comme au cou , dans l’épaisseur des doigts. Il n’est pas rare de rencontrer autour du vagin , entre la vessie et ce conduit, entre celui-ci et le rectum , ou dans ses parois même, des tumeurs fibreuses, cjui, à la vérité, diffèrent un peu des précédentes. Elles n’ont pas l’aspect pelotonné de ces dernières : leur tissu, mou et flexible , a quelque ressemblance avec celui des polypes ordinaires. Mais elles ne naissentpas comme ceux - ci ; leur adhérence avec tous les tissus vol-

sins est foible, en sorle que leur extirpation n’offre aucune difiiculté. M. Peîletan cite des exemples de cette affection : l\î. Dubois l'a observée un grand nombre de fois; j’ai vu moi-même plusieurs de ces tumeufs. Leur structure mériteroit d’être approfondie. Elles sont importantes à connoître dans la pratique, parce cju’on pourroit, si l’on n’y falsoit attention , commettre quelque méprise à leur sujet.

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