SYSTÈME CARTILAGINEUX
Tissu propre.
Page 126. « Avec mi peu d’attention ,
on distingue (dans ce tissu) des fibres longitudij) nales , que d’autres , transversales et obliques , » coupent en sens inverse, n
Ces fibres sont elles-mêmes très-difficiles à bien apercevoir ; tout semble homogène , comme le dit Blcliat, dans un cartilage coupe en travers. La seule chose qui y dénote l’organisation , c’est qu’il se fait un suintement séreux, au bout de peu de temps, sur les surfaces divisées , ce qui indique qu’il y avoit des fluides en circulation. Ce suintement est d’autant plus abondant que le sujet est plus jeune.
Divers faits semblent néanmoins montrer un arrangement particulier dans le tissu cartilagineux; d’oîi sont nées diverses opinions. Duhamel pensoit que ce tissu étoit composé, dans les cartilages d’os-
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slfication, de lames concentriques superjDOsées, d’après la formation des couches osseuses successives que ses expériences sur la garance lui avoient dé- ; montrées. Il a été question ailleurs de ces expériences; nous avons vu ce qu’il falloit en conclure relativement à l’accroissement des os. Elles ne prouvent nullement la disposition dont il s’agit, puisque les couches ne se forment qu’à la surface de l’os quand une fois celui-ci est développé en entier : on ne trouve ni plaques ni lames d’aucune espèce dans le cartilage préexistant.
Hunter et Delassone ont dit que les cai’tilages des articulations mobiles avoient leurs fibres perpendiculaires, pour la plupart, et implantées sur les os de ces articulations ; ils comparent au tissu du velours l’aspect qui doit en résulter. La facilité plus grande avec laquelle ces cartilages se cassent dans , le sens de leur épaisseur , la direction perpendiculaire des fibres qu’on y aperçoit quand on les coupe dans ce même sens, la macération, qui rend, dit -on , ces fibres distinctes lorsqu’elle est suffisamment prolongée , sont les motifs sur lesquels se fonde cette opinion , c[u’on ne sauroit entièrement rejeter; caria structure qui vient d’être dé- I crite devient quelc]uefois apparente dans les maladies. Je dirai seulement, par rapport au second 1 fait , qu’on aura sans doute pris pour des fibres les traces c|ue laisse l’instrument dont on se sert pour opérer la section du cartilage.
Suivant Hérissant , les cartilages des côtes sont formés de lames contournées en spirales, et c’est à cette disposition qu’ils doivent leur élasticité. Cet
ADDITIOÎJS
auteur cite la maeération comme preuve de ce qu’il avance. Ses observations à ce sujet ont besoin d’être confirmées.
Enfin , quelques-uns paroissent avoir été trompés par les cliangemens que subissent les cartilages lorsqu’ils sont sur le point de s’ossifier. C’est ainsi que Mascagni admet dans les cartilages costaux des lames en forme de rayons , parce qu’il a trouvé dans le centre de ces cartilages une sorte de moelle séparant ces lames. Mais elles n’existent- que chez les adultes et sur des cartilages qui ont été exposés à la dessiccation : or, pris à cette époque , le tissu cartilagineux n’est plus parfaitement homogène ; son extérieur, plus compacte, se dessèche plus vite que l’intérieur, et ne peut revenir sur lui-même quand celui-ci tend encore. à diminuer de volume; il en résulte des vides qui se produisent au centre. On doit de même attribuer à un commencement d’ossification , dû aux progi’ès de l’àge , les cavités rougeâtres et aréolaires que Morgagni et M. Poi’tal ont décrites comme inhérentes à la structure des cartilages.
Les cartilages membimieux du nez, de l’oreille, dont il sera question dans le système fibro-cartilagineux, ont, suivant Sœmmering , des fibrilles distinctes après une macération d’un mois.
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Composition chimique.
Page (( L’ébullition sur les extré-
» mités articulaires le fait gei’cer (le tissu cartila-
» gineux), et lever par plaques, quelle
)) ramollit et quelle fond enfin presque complè- « tement »
Les cartilages des sutures se dissolvent de même dans l’eau bouillante et fournissent une sorte de gelée , comme les cartilages diarthrodiaux ; tous les autres résistent à l’ébullition, et ne donnent de la gélatine dans ce cas que lorsqu’ils renferment des points osseux. Cela s’accorde avec ce que l’on sait aujourd’hui de la composition des cartilages. Haller les croyoit formés d’eau, de gélatine eÆ de substance teiTCuse ; mais les chimistes modernes ont obtenu des résultats différens. M. Hatchett a trouvé dans les cai’tilages de l’albumine et du phosphate de chaux. M. Chevreul a donné l’analyse des os cartilagineux du squalus maximus : ils contiennent, d’après ses recherches, du mucus, de l’huile,
I de l’acide acétique et différens sels. Enfin, d’après J. Davy , il y a dans les cartilages 44»^ d’albumine , 55,0 d’eau, et o,5 de phosphate calcaire.
Au reste , cette composition doit varier aux différentes époques de la vie , ainsi que la proportion des principes constituans. Les cartilages des jeunes sujets contiennent plus de fluides , comme il est aisé
de s’en convaincre en les faisant sécher compara- • tivementavec ceux d’un adulte. Ils se réduisent presfju’à rien dans cette expérience, tandis que les seconds perdent beaucoup moins de leur volume. On volt de même, dans la combustion, les uns ne laisser presque point de cendres tandis que les autres donnent un résidu terreux abondant.
Anatomie pathologique du Système cartilagineux ( p. i44)*
§ b''. Altérations dans les formes extérieures.
Les cartilages articulaires sont quelquefois gonflés et ramollis dans les tumeurs blanches , d’autres fols détachés en partie et pendans dans l’articulation , souvent détruits dans une plus ou moins grande étendue : cette destruction , frécjuente dans les maladies des articulations, peut amener l’ankylose. Dans certains cas , les cartilages articulaires s semblent avoir entièrement disparu, et l’on ne ' trouve cpie des surfaces osseuses comme éburnées : (
le tissu cartilagineux s’ossifie-t-il dans cette cir- \ constance, comme le dit Blchat (t. ni, p. 128), ou j: bien a-t-il été détruit? C’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ces mêmes cartilages offrent assez souvent , après des affections rhumatismales , à la suite d’engorgemens chroniques , des espèces de fibres flottantes et libres par leur extrémité : ce sont ces fibres qui semblent favorables à l’opinion de limiter et de Delassone sur la structure des carti-
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lages. Le tissu cartilagineux semble se décomposer dans cette circonstance, à moins qu’on ne regarde cette altération comme le résultat d’une érosion partielle.
§ II. Altérations dans V organisation.
On n’a jamais eu occasion d’observer l’inflammation des cartilages ; dans aucun cas , les vaisseaux de ces parties ne sont colorés par le sang ; des fluides blancs seuls paraissent susceptibles de s’y accumuler. Cependant l’ulcération , qui n’épargne pas les cartilages articulaires , comme on vient de le voir , est un indice que l’inflammation doit s’y développer.
La dénudation et les plaies qui, par-tout ailleurs, sont suivies d’inflammation , ne produisent pas cet effet dans les cartilages. Lorsqu’ils sont mis à nu dans une plaie des parties molles, celle-ci se réunit par adhésion ou par cicatrisation, suivant que le lambeau a été réappliqué ou non ; malsle^jlfeu cartilagineux ne participe point au ti’avail de la réunion , comme l’ont vu J. Hunter et J. Bell il reste isolé, reçouvert parla cicatrice, sans lui adhérer aucunement. Quand on ouvre une articulation sur un animal vivant , le cartilage ne s’enflamme point , ne rougit point, quelle que soit la durée de son exposition au contact de l’air : seulement, si on prolonge l’expérience , on volt la synoviale , rouge d’abord dans le reste de son étendue , s’enflammer aussi sur le cartilage; et la rougeur de cette membrane s’^é-
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tendre peu à peu vers le eentre de ce dernier. Cependant les cartilages rompus se réunissent , comme Autenrielli l’a reconnu le premier pour les cartilages costaux. Divers observateurs , MM. Magendie, Lobsteln et moi-même, avons de nouveau constaté ce fait. Mais le rôle des cartilages est purement passif dans cette circonstance. Quand ceux des côtes sont fracturés , si les deux bouts restent affrontés, une virole osseuse se forme autour d’eux et les maintient en contact,* si, comme c’est le plus ordinaire , les fragmens ont clievauclié l’un sur l’autre , un bourrelet , fibreux d’abord , puis cartilagineux et osseux, tenant au pérlchondre, remplit leur Intervalle ; mais , dans ce cas comme dans l’autre , eux -mêmes sont simplement contigus. Ce n’est que chez le vieillard , quand les cartilages sont sur le point de s’ossifier , qu’ils se réunissent, comme les os , par un véritable cal intermédiaire.
Les ulcères des cartilages diartlirodiaux -sont fjuelquefois le si^^ d’un travail de réparation qui ressemble, jusqu a un certain point, à celui des plaies des parties molles. On trouve alors des portions cartilagineuses nouvellement formées en remplacement de celles que l’érosion avolt détruites. Cette altération a été prise par quelques-uns pour un vice de conformation originel : elle n’est évidemment que secondaire.
La transformation osseuse est la seule qu’éprouvent les cartilages ; mais ils l’éprouvent presque nécessairement avec l’age , et sans presque sortir pour cela de l’ordre naturel ( t. iii, p. i4*^)*
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reste , on distingue , sous ce rapport , deux sortes de cartilages : les uns, purement temporaires , doivent s’ossifier dès les premières années ; les autres , qui persistent plus long-temps , sont dits penna- Tiens , mais seulement par rapport aux premiers , car eux-mêmes finissent aussi par s’ossifier; les cartilages des articulations mobiles font seuls peutêtre exception. Mais leur ossification n’a pas lieu régulièrement ni à des époques fixes , comme celle des cartilages temporaires ; elle peut se faire attendre jusqu’à un âge très-avancé. Kell a vu les cartilages costaux non ossifiés sur un homme de cent
trente ans ; Harvey a fait la même observation sur un autre de cent cinquante-deux. Au reste, lemé-. canlsme de l’ossification est le même pour tous les cartilages.
§ III. Altérations dahs le développement.
Le système cartilagineux est sujet à un petit nombre de vices de conformation : les cartilages costaux offrent quelquefois de ces irrégularités.
Il a été question (t. iii, p. 142) du développement accidentel de ce système : nous reviendrons , dans le système synovial, sur les corps étrangers désarticulations , et sur le véritable mécanisme de leur formation. Les productions cartilagineuses diffèrent, coinme toutes les aùtres, suivant c[u’elles paroissent déposées , pour ainsi dire , dans les interstices des organes, ou qu’elles sont dues à une transformation qu’a subie l’un d’entre eux. Des masses
cartilagineuses isolées ont été trouvées dans diverses parties. Plus souvent encore divers organes deviennent cartilagineux. M. Laennec a rencontré dans l’urètre cette transformation ; je l’ai observée dans le vagin , à la suite du renversement de la matrice : je l’ai vue également dans le prépuce, dans un cas de phymosis.
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AU