‹ Additions à L'anatomie générale de Xav. Bichat :Chapitre 6 sur 35 · Ô ADDITIONS · texte numérisé non relu

Ô ADDITIONS

ciens. On trouve encore assez souvent à sa suite cette sorte de fragilité' dont parle Bicliat (page 79). - Dans quelques cas rinllammation est accompagnée d’ulcération et de destruction du tissu cellulaire.

Simplement divisé par suite d’une lésion mécanique, le tissu cellulaire se réunit assez promptement^ s’il est en contact immédiat avec lui-même : c’est ce qui arrive dans le recollement des abcès, dans la réunion des plaies par première intention , etc. L’adhésion s’établit par l’intermède d’un Iluide coagulablequi s’épanche, se concrète et s’organise, de manière à former un nouveau tissu pendant quelque temps plus dense que le tissu cellulaire ambiant, avec lequel il finit par se confondre.

Mis à nu par une solution de continuité avec perte de substance , le tissu cellulaire présente tous les phénomènes décrits de la formation des bourgeons charnus et de la cicatrisation. Vanhoorn a vu, dans les amputations, le tissu cellulaire graisseux disparoître d’abord à la surface de la plaie, pour être ensuite remplacé par un nouveau tissu , plus dense et plus résistant que le premier.

Les corps étra^ngers introduits dans le tissu cellulaire y déterminent une inllammatioii plus ou moins vive ; la suppuration qui en résulte les entraîne peu à peu à l’extérieur, de sorte que, s’ils sont profondément situés , ils parcourent ainsi des trajets considérables. On voit alors ce tissu se rapprocheiv se réunir constamment deri’ière le corps étranger, tandis cju’i! suppure et s’ouvre au-devant de lui. Cette marche particulière de rinllammation

lui a fait donner le nom à! iiiflammation élimiiiatoire.

Dans quelques cas néanmoins les coi’ps étrangers séjournent dans le tissu cellulaire sans y produire d’accident ; il se forme autour d’eux une espèce de membrane, de kyste , qui préserve de leur contact les parties environnantes ; c’est ce qui se passe dans quelcjues épanchemens sanguins , quand la présence du caillot ne détermine pas la formation d’un abcès. La poche qui renferme le sang, dans les anévrysmes faux consécutifs , se produit par un mécanisme analogue.

Outre les corps inertes , solides , fluides ou gazeux, qui pénètrent accidentellement dans le tisSu cellulaire , on y a ti-ouvé de véritables corps animés , des vers. Le cjsticerciis cellulosæ , le fdaria medinensis ou dragonneau proprement dit , des larves à'œstvus, ont été rencontiés par divers observateurs , non-seulement au-dessous de la peau , mais encore dans les interstices des muscles , dans l’épaisseur de la pie-mère, et jusque sur les os.

Divers tissus naturels de l’économie se développent accidentellement dans le système cellulaire. .

Les transformations et productions osseuses ou cartilagineuses n’y sont point rares; on les observe particulièrement dans le tissu cellulaire qui existe aux environs des membranes séreuses et synoviales, quelquefois dans celui qui pénètre la substance même des organes , moins fréquemment dans le tissu cellulaire sous-cutané. La texture fibreuse se montre

assez souvent aussi clans le tissu lamlneux; on en trouve des exemples dans les parois de certains kystes, dans la production des tumeurs fibreuses, etc. C’est à la transformation de ce tissu en membrane séreuse cjue l’on doit rapporter la production de la plupart des kystes, c[ui se développent à ses dépens. Le mouvement fait encore naître dans certains endroits des membranes séreuses accidentelles ( le Système séreux). Les abcès et les trajets fistuleux anciens sont taj)issés par une membrane C[ul a quelqu’analogie avec celles cpie comprend le système mucjueux .

Toutes ces formes si variées que peut affecter le tissu cellulaire n’ont pas lieu de nous surprendre, si l’on se ra])pelle cjue la fibre cpii le constitue fait en même temps la base de la plupart des systèmes organlc|ues.

Les dégénérations proprement dites sont trèscommunes dans le tissu cellulaire : plus un organe en est abondamment pourvu , plus il est exposé à ce genre d’altérations. Mais elles n’attaquent pas seulement ce tissu, cjuand il se trouve combiné dans les divers organes avec les autres élémens dont ils se composent , le tissu cellulaire libre qui les entoure y est également sujet ; celui-là même, qui, accumulé dans certaines régions, y semble tout-à-fait isolé, n’en est point exempt. Ainsi, dans les tumeurs blanches des articulations, dans les affections cancéreuses des glandes, des viscères, le tissu lamineux est-11 presque toujoui’s confondu avec les parties malades qu’il revêt, et dégénéré comme elles. Ainsi trouve-t-on, dans les endroits où le tissu cel-

lulalre est comme entassé, des masses squirrheuses, carcinomateuses , tubei’culeuses , fongueuses , dans lesquelles ce tissu seul paroît altéi é.

§111. Altérations dans le Développement.

Le tissu cellulaire peut lui-même se développer accidentellement : on ie rencontre dans un grand nombre de productions morbides; plusieurs d’entre elles en sont essentiellement formées {Voj. p. 99 et io5.). Ce tissu remplace les organes atrophiés; il se produit à la surface des plaies sup| urantes, où il constitue la membrane des bourgeons charnus pag. 89.). Le mécanisme de sa formation dans cette circonstance est loin d’être parfaitement connu : dire que c’est une extension , un prolongement du tissu cellulaire qui préexistoit dans- la partie, ce n’est pas expliquer comment cette sorte d’exubérance se développe. Tout porte à croire que c’est un tissu nouveau, formé, comme dans la réunion des plaies simples , par suite d’une exsudation de nature albumineuse ou du moins concrescible. Qu’observet-on en effet dans une solution de continuité qui doit se guérir par cicatrisation ? L’hémorrhagie cesse, le sang est remplacé par un liquide séreux , la plaie se recouvre d’une couche molle, blanchâtre, d’abord foiblement adhérente; bientôt cette substance, en apparence Inorganique, se pénètre de vaisseaux, elle devient plus dense , on ne la sépare plus que difficilement des parties subjacentes , elle prend tous les caractères de la membrane des bourgeons charnus. Cette série de phénomènes n’a-t-elle pas

aO

la plus grande analogie avec ce qui se passe à la surface des membranes séreuses enflammées? Ne voîton point , dans l’un et l’autre cas , un épanchement de lymphe conci’escible , dont le résultat est la production d’une fausse membrane qui, en s’oi’ganisant, se change en un véritable tissu cellulaire?

AU

Nerjs que Journit le cerveau.

Page iig. « Le cerveau ne fournit que deux

I) nerfs, l’oLfactif et l’optique Leur mol-

» lesse est plus grande que celle de la plupart des » autres nerfs. «

Le nerf optique est rangé aujourd’hui parmi ceux de la moelle allongée. Il tire en effet son origine des tubercules qui surmontent la partie postérieure de la protubérance annulaire; tubercules nommés quadrijumeaux chez l’homme , quoiqu’il n’y en ait que deux chez beaucoup d’animaux , et dont le volume est tel, dans plusieurs classes, comme les oiseaux et les poissons , qu’on les prendrolt pour les hémisphères cérébraux. Ces tubercules , qui mériteroient plutôt d’être appelés optiques que les couches auxquelles on a donné ce nom , sont manifestement une dépendance de la protubérance cérébrale , et non du cerveau, comme l’ont dit quelques anatomistes. Quant au nerf olfactif, son origine n’est pas encore bien connue. Les animaux nous

l’offrent sortant d’une partie accessoire que pre'sente leur cerveau , d’une espèce de lobe surajoute à ses hémisphères. Ce lobe, quelquefois plus considérable à lui seul que tout le reste du cerveau, est 1 formé par un prolongement des pédoncules qui se porte en devant. Mais rien de semblable ne parolt exister chez l’homme. L’olfactif semble se détacher de la surface du cerveau lui-même. Cependant quelques anatomistes disent l’avoir suivi plus j loin. M. Chaussler le fait venir du corps strié, d’autres l’ont vu se continuer avec .les pédoncules. Dans cette dernière hypothèse, et en raisonnant d’après l’analogie , quelques-uns regai'dent le renflement pidpeux de ce nerf comme son véritable point d’origine. Ce renflement ferolt partie du cerveau et représenteroit le lobe olfactif des animaux : les nerfs de ce nom ne commenceroient qu’à la gouttière ethmoïdale.

Origine des nerfs.

Page 121. « Il est évident que les nerfs ne nais- » sent point dans la profondeur de la substance a cérébrale, d’une manière apparente au moins, a mais qu’ils tirent leur origine de la surface exa terne de cette substance. »

Des recherches exactes ont démontré : i°. qu’on peut suivre, jusqu’à une certaine profondeur, les filets d’origine de la plupart des nerfs tant spinaux que cérébraux; 2°. que ces nerfs ne naissent pas de la substance médullaire qu’ils ne font

que travefser, mais de la substance grise, que l’on trouve toujours accumulée dans le voisinage des endroits d’où ils se détachent, comme Vicq-d’Azyr en a déjà fait la remarque. Ces vérités ont été mises hors de doute par les travaux récens de M. Gall.

Les amas de substance grise qui occupent le centre de la moelle épinière y forment de chaque côté , c[uand on coupe la moelle en travers , deux stries arquées. De la ligne médiane, où elles sont unies entr’elles , ces stries se portent en dehors obliquement , l’une en avant, l’autre en arrière, et se continuent manifestement avec les racines antérieure et postérieure des nerfs spinaux. Eu d’autres termes , cette substance grise représente dans la moelle deux espèces de cordons prismatiques adossés par un de leurs angles, et se continuant avec les nerfs par les deux autres.

En examinant attentivement les nerfs cérébraux à leur origine , on aperçoit de même plus ou moins distinctement la substance grise c[ui les fournit. Tantôt cette substance est superficielle , comme à la naissance du nerf olfactif , de l’optique , et rien n’est plus facile que de voir les filets médullaires s’en séparer. Tantôt elle est profondément située , et ce n’est que par une dissection soignée qu’on parvient à reconnoître la véritable origine des fibres nerveuses , qui , se déchirant au niveau de la substance cérébrale , semblent naître de cet endroit. Quelquefois le nerf est fortifié dans son trajet par l’addition de nouveaux filamens qui lui viennent des parties voisines de la substaiice cérébrale : l’op-

tique est dans ce cas. Il existe encore de la substance grise à l’origine de ces filaraens.

Il ne faut pas néanmoins conclure de ces faits que la substance grise produise les filets nerveux , et c’est sans doute dans un sens figuré que M. Gall l’a nommée substance originaire , matrice ou nourricière des nerfs. Le mot origine, comme Blcbat le fait observer, ne doit point être pris à la lettre. D’ailleurs, de ce que la substance grise se rencontre par-tout où la nerveuse se continue avec les centres nerveux , 11 ne s’ensuit pas pour cela que l’une fasse l’autre ; la réunion de ces deux substances peut avoir des usages tout différens.

Entrecroisement des nerfs.

'Page I2I. «Je ne crois pas qu’avec nos con- « noissances actuelles nous puissions rien dire cjui » explique ce phénomène (l’entrecroisement, dans I) la paralysie par compression du cerveau), et >) l’opinion anatomique indiquée plus haut (savoir, » cjpie les nerfs s’entrecroisent à leur origine) est « manifestement contredite par le premier coup- I) d’oeil. »

Si, en effet, l’entrecroisement des nerfs à leur origine a été plutôt supposé qu’aperçu, il n’en est pas de même de celui qu’ admette i en t dans la moelle épinière Petit, Lieutaud, Wlnslow et d’autres anatomistes. Enlevez avec précaution la pie-mère qui recouvre la queue de la moelle allongée, écartez ensuite l’une de l’autre les éminences pyramidales

■ AtJ SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ANIMALE. 55

antérieures, vous verrez manifestement les filets médullaires de la droite passer à gauche en se dirigeant obliquement vers le cerveau; 'vice 'versa, ceux qui composent la pyramide gauche gagnent, en montant, le côté droit. Au^-dessusde cet entrecroisement en forme de natte , les pyramides sont unies par des fibres transversales qu’il ne faut pas confondre avec les obliques dont il s’agit ici;

Cette disposition permet d’expliquer comment les lésions qui existent au-dessus de cet endroit , soit dans le cerveau, soit dans la moelle allongée, déterminent la paralysie du côté opposé à celui qu’elles affectent. Au contraire, quand la moelle de l’épine est divisée transversalement et d’un seul côté , c’est celui-là même qui est paralysé, comme Yelloly l’a prouvé : Galien avoit déjà annoncé ce fait.

On dit avoir vu dans quelques cas la paralysie, et la lésion cérébrale qui en étoit la cause, occuper le même côté du corps , les mouvemens étant conservés du côté opposé. Il n’est guère possible de se rendre raison de ces faits insolites à moins d’admettre l’explication qu’en a donnée M. Gall. Cette explication est fondée sur ce que, parmi les faisceaux qui de la moelle épinière se portent au cerveau, les pyramides antérieures seules s’entrecroisent. Or, en supposant que le cerveau soit lésé dans un point où ses fibres ne se continuent pas avec celles des pyramides, le phénomène de l’entrecroisement n’aura point lieu. Il resteroit à savoir sL cette exception se rencontroit dans les cas observés : c’est ce qu’oq n’a pas constaté.

Composition chimique du Sy stème nerveux.

Page 148. « L’endurcissement, résultat des aci-

» des, de la coction, ou de l’alcool , rappro-

)) che la substance cérébrale des fluides albumi- » lieux. Je dis qu’il l’en rapproche , car il y a en- » core entre eux de très-grandes différences que }) nous connoissons, je crois, assez peu. »

La substance cérébrale a été analysée par les chimistes modernes. M. Vauquelin y a trouvé , 1°. ,deux matières grasses particulières unies à une certaine quantité de phosphore, 2°. de l’eau qui en forme les 0,80, 3°. de l’albumine, 4“- de l’osmazome, 5°. du soufre, 6”. des phosphates de potasse, de chaux et de magnésie, 7“. des traces de muriate de soude.

Des deux matières grasses, l’une est blanche, brillante , d’une consistance molle et visqueuse. Elle^se distingue de la graisse proprement dite par son apparence cristalline , par la facilité avec laquelle l’aicool la dissout , et parce quelle prend une couleur noire quand 011 la chauffe. Si on l’enflamme, on obtient pour résidu un charbon qui. contient de l’acide phosphorique. Elle constitue les o,45 de la substance du cerveau. L’autre matière grasse y est beaucoup moins abondante, et ne diffère de la précédente qu’en ce qu’elle a une couleur rouge, une odeur et une saveur fortes, et qu’elle est plus soluble encore dans l’alcool.

Les mêmes principes se retrouvent dans la

moelle épinière : la proportion de la matière grasse y est plus grande; il y a, au contraire, moins d’alhumine, d’osmazome et d’eau. La moelle allongée offre les mêmes différences.

C’est Falbumine cjui prédomine dans ks nerfs : les matières grasses blanche et rouge y sont en trèspetite quantité.

Tissu propre au Système nerveux.

Page i5a. «En général, je crois que cette » substance (la nerveuse) ainsi que la cérébrale, >1 abstraction faite des vaisseaux qui les parcou- » rent , devroient être plutôt rangées parmi les M fluides que parmi les solides , ou , si l’on veut , }) elles forment véritablement la transition des unes » aux autres, a

On doit distinguer, dans le tissu propre à l’organisation du système nerveux , les deux substances C[u’il renferme, la blanche et la grise.

La substance blanche ou médullaire est manifestement composée de fibres dans plusieurs parties du cerveau tels sont le corps strié , le .corps calleux, la protubérance annulaire, les proion gemens qu’elle envoie au cerveau et au cervelet, la queue de la moelle allongée. A part ce petit nombre d’exceptionà, la masse cérebrale, incisée dans tous les •sens, semble parfaitement homogène, et n’est interrompue que par les points rouges qui sont les orifices des vaisseaux divisés : on n’y aperçoit aucun filament bien distinct. Cependant on sera déjà

porté à en admettre , si , en cherchant à déchirer la substance blanche , on observe qu’elle résiste plus dansunsens que dans l’autre. Maissi, au lieu de disséquer ainsi le cerveau par des coupes irrégulières, on essaie de suivre le trajet des fibres apparentes à sa partie inférieure, en raclant légèrement la substance cérébrale dans la direction de ces fibres , on reconnoît bientôt qu’elles vont beaucoup plus loin qu’on ne l’avoit cru d’abord. On les voit pénétrer la masse cérébrale elle -même, s’y renforcer, et concourir par leur ensemble à former ces éminences si multipliées , ces faisceaux si diversement configurés, entre lesquels on ne trouvoit d’aboi'd aucune espèce de liaison.

C’est eu suivant cette méthode que Malpighi est parvenu à découvrir la véritable structure du cerveau, si bien développée depuis parRell, M. Chaussier et M. Gall. Piien de plus aisé à vérifier que les faits annoncés par ces anatomistes, pourvu qu’on ait nu cerveau d’une"certalne consistance , tel c[ue le seroit celui d’un animal vivant. On peut le rendre plus ferme à l’aide des réactifs. On ne dira pas que c’est leur action qui produit uneapparence défibrés, cai', avec.des liquides très-dissemblables, les résultats sont constans. Voici la disposition que l’on observe :

Les faisceaux fibreux qui constituent la queue de la moelle allongée , arrivés au bord inférieur de la protubérance annulaire , se séparent. Lés postérieurs ou corps restiformes se portent au cervelet, dans lequel ils se terminent. Les pyramides antérieures et les cordons provenant des éminences ôli-

AU SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ANIMALE. Zq

vaires traversent la protubérance en passant au-deSsus de ses fibres transverses. Ils s’y renforcent au milieu de la substance grise qu’ils y rencontrent, puis viennent sortir au-devant du pont de Varole, et se prolongent de chaque côté pour former les pédoncules ou cuisses du cerveau : les filets médullaires sont très-distincts dans ces prolongemens , parce qu’ils sont mêlés de substance grise qui les isole. Ces filets prennent un nouvel accroissement en se continuant à travers les couches optiques et les corps striés. Au-delà de ces éminences, les faisceaux venus de la moelle s’épanouissent dans chacun des hémisphères cérébraux; leurs fibres se dirigent en tout sens et s’étendent jusqu’à la périphérie de l’organe. Celles qui en occupent la partie postérieure et supérieure vlennenjt des éminences olivalres , tandis que les pyramides forment spécialement la partie antérieure et inférieure du cerveau.

D’un autre côté , les fibres qui unissent les hémisphères sur la ligne médiane, comme celles du corps calleux , de la vovite à trois piliers , les commissures antérieure et postérieure , ne paroissent pas se continuer avec les faisceaux provenant de la moelle. De là la distinction de fibres divergentes et convergentes, ou appareils de formation et appareils de réunion ( Gall ) , appelés encore sjsièmé des cuisses du cerveau et système du corps ca/- /e7zx(Rell). On n’est pas d’accord siu’ l’origine des fibres du second ordre : peut-être dilFère-t-elle pour chaeune de ses parties.

Le cervelet a de même deux ordres de fibres. La plus grande partie de sa masse est une suite de celles

ADDITI0^■3

f[ui viennent des corps restiformes , et qui se sont beaucoup accrues dans la substance grise de ces corps . Quelques-unes proviennent des faisceaux que reçoit le cervelet des tubercules quadrijumeaux ; ce sont elles qui forment plus spécialement le lobe médian, ou l’éminence vermiculaire supérieure, comme Vlcq-d’Azyr l’a démontré le premier. Enfin d’autres, analogues aux commissures du cei’veau, unissent les deux lobes latéraux en formant ce c[u’on appelle le pont de Varole^ soit que ces fibres naissent , ainsi c[ue le pense M. Gall , de la substance grise extérieure, ou qu’elles ne soient autre chose que les divergentes recourbées sur elles-mêmes , d’après l’opinion de Tiedemann. ( Voyez plus bas l’article Développement. )

La substance médullaire des nerfs est formée comme celle du cerveau, défibrés juxtaposées. D’après les expériences de Reil, cet aspect fibreux n’est point dû à la présence du névrilème , qu’on peut détruire par les acides sans altérer la texture filamenteuse.

Considérée dans la moelle épinière , la substance blanche est encore composée de filamens ; Vieussens , l’un des premiers , y a reconnu cette disposition, très-bien observée par Monro et par M. Gall. L’arrangement des fibres est ici fort remarquable. La pie-mère s’enfonce dans le sillon médian antérieur , et se prolonge en arrière dans l’épaisseur de la moelle , presque jusqu’à la face postérieure ; de chaque côté de ce prolongement se détachent une foule de filamens canallculés , dirigés de haut en bas , cjui contiennent la substance médullaire. En

soumettant la moelle à l’action des alcalis, on détruit cette substance , et les conduits membraneux restent intacts. H y a donc une grande analogie, sous ce rapport , entre la structure de la moelle et celle des nei’fs ; la pie-mère joue véritablement ici le rôle du névrilème. Si l’on augmente la consistance de la moelle par les acides, on distingue aisément les fibres qui la composent. La plupart sont longitudinales , et représentent une infinité de petites lames formées elles-mêmes de filamens déliés; c[uelques-unes sont transversales. Oii voit surtout ces dernières dans le fond du sillon médian antérieur; le postérieur n’ofl’re , au conü’aire, c[ue des fibres longitudinales. Toutes ces fibres s’unissent et s’anastomosent de diverses façons , comme cela a lieu dans les nerfs.

I^a substance grise ne forme pas un tout continu comme la substance blanche : tantôt extérieure à cette dernière , tantôt entremêlée à ses fibres , elle' se rencontre , en général , par-tout où les filets médullaires prennent de l’accroissement. On la trouve dans toute la circonférence du cerveau , ce qui l’a fait nommer substance cor~ ticale ; elle forme à la base de ce viscère plusieurs amas que l’on a comparés à des ganglions. Elle occupe le centre de la moelle de l’épine : on a dit que les extrémités nerveuses en étoient pourvues, mais cela n’est nullement démontré.

La couleur de cette substance est généralement d’un gris brunâtre , dans quelques parties jaunâtre et même noirâtre ; la diversité de ces nuances est attribuée à la plus ou moins grande quantité de

sang cju’clle reçoit. Sa densité est moindre que celle de la substance blanche. Sa structure est peu connue : quelques-uns y admettent des fibres ; Vicc|d’Azyr y a suivi des filets provenant delà substance médullaire. Elle contient beaucoup de vaisseaux sanguins , plus même que la substance blanche; mais elle n’en est point entièrement formée, comme le prétendolt Ruysh. Il se fondolt sur ce qu’en lavant cette substance, aprè«s l’avoir injectée, on finit par n’obtenir que des vaisseaux; mais il est évident cjue , dans ce cas , comme l’a dit Albinus , les lotions entraînent tout ce qui n’étoit pas injectable ou vasculaire.

Examiné au microscope , le tissu nerveux paroît composé de globules ; c’est ce qui a été observé un grand nombre de fois. Prochaska , Wenzel , Barba, et tout récemment M. Bauer se sont particulièrement occupés de ces globules. Pour les voir, il faut délayer dans l’eau un peu de substance blanche et la placerai! foyer d’une forte lentille. Leur volume a été très-dlvei’sement apprécié; on le compare, ainsi que leur aspect , à celui des globules Incolores qu’on trouve dans le sang. Prochaska les croit plus petits que ceux du sang. Les frères Wenzel pensent qu’ils sont creux. Ils ne sont pas détruits par la-macération ni par l’action des réactifs. Leur union paroît intime : on ignore c[uel en est le mode ; on a supposé qu’il existoit entre eux un tissu cellulaire trèsdélié , parcouru par des vaisseaux ; d’autres y ont cru voir une matière fluide et visqueuse. Tantôt, rangés à la file, ils forment des lignes droites parallèles ; tantôt on les trouve confusément entassés»

ainsi que Prochaska dit l’avoir observé dans la substance grise. C’est sans doute d’après cette différence que Carus , rejetant la distinction de substance blanche et grise , établit que l’organisation du système nerveux ne présente que deux modifications essentielles : dans l’une , celle qui constitue les niasses gangliformes ou centrales, la substance nerveuse est composée de points irrégulièrement disséminés ; dans la seconde , qui comprend les nerfs , ce sont des lignes régulières et constantes. De cette différence d’organisation il déduit les différences d’action des deux systèmes , le premier pouvant agir par irradiation , tandis que l’autre est borné , sous ce rapport , au sens de sa longueur.

La couleur de la substance grise paroît moins résider dans les globules eux-mêmes , que dans l’espèce de tissu cellulaire mou qui les sépare. Il suffit de mettre cette substance dans l’eau tiède par tranches minces , pour lui enlever sa matière colorante. Le sublimé produit en partie le même effet. Cette matière ne semble donc pas inhérente aux globules.

Développement des centres nerveux.

T âge 200. «L’extrême mollesse du cerveau rend >) extrêmement difficile sa dissection chez le foe- 0) tus. »

Tiedemann est parvenu à vaincre cette difficulté. Cet auteur a suivi toutes les phases du dévelop-

peinent de l’encéphale, et les a décrites avec une très-grande précision. Déjà Carus , Doelllnger , Ackerniann , avoient annoncé quelques faits relatifs au développement du système nerveux. M. Serres s’en est occupé de nouveau dans ces derniers temps.

Le cerveau existe à peine dans le principe : chez un embryon de six semaines , on ne trouve qu’un cordon aplati qui représente la moelle épinière , et dont l’extrémité supérieure est légèrement renliée.

A deux mois de grossesse , le cerveau est* encore très-peu développé relatiA^ement à la moell% ; il se compose alors, du cervelet , dont l’étendue transversale est assez grande ; 2°. du cerveau proprement dit , qui est très-petit; 3°. d’une troisième portion placée entre les deux premières, et dont le volume dépasse celui du cerveau : cette partie paroît correspondre à la protubérance cérébrale , ou plus exactement aux tubercules quadrijumeaux. M. Serres a reconnu qu’elle se forme , dans l’homme et dans les animaux , avant le cerveau et le cervelet, et immédiatement après la moelle.

Plus tard, les dimensions de ces divers organes, changent de rapport. Le cerveau s’accroît de plus en plus ; vers le cinquième mois , il recouvre déjà une partie de la protubérance ; au sixième il s’avance jusque sur le cervelet , qu’il dépasse au septième. Les autres parties , au contraire , augmentent moins à proportion , surtout celle c|ui coirespond à la protubérance.

Tout l’encéphale est d’abord divisé en deux par

■une fente longitudinale : on a observé cette disposition sur des fœtus de sept semaines. Les deux moitiés se rapprochent ensuite et finissent par se confondre , excepté dans c[uelques endroits, où les intervalles qui subsistent forment autant de cavités ; de sorte qu’à trois mois on découvre , au lieu d’une division longitudinale , i“. le troisième ventricule , 2°. l’aqueduc de Sylvius, qui est, à cette époque , une grande cavité continue au ventricule moyen ; 5°. le quatrième ventricule. Par la suite , la cavité de l’aqueduc se rétrécit peu à peu : ce n’est plus qu’un canal vers le septième mois. Les deux autres cavités n’éprouvent de cllangemens ultérieurs que ceux qui tiennent au développement de leurs parois.

Dans les premiers temps de la gestation , la conformation du cerveau proprement dit est fort simple ; il n’existe encore c[ue la base de ce viscère , et elle est mêjne très-imparfaite. On ne distingue dans un embryon de sept semaines que les couches optiques , à peine voit-on les corps striés ; une partie comme membraneuse semble indiquer la place des hémisphères.

C’est en effet sous la forme d’une membrane que chaque ^hémisphère se développe : née de la base , cette membrane se recourbe sur elle-même en arrière et en dedans , ainsi qu’on commence à l’apercevoir dès la neuvième semaine, et va recouvrir les corps striés et les couches des nerfs optiques ; le vide qui reste au-dessous d’elles constitue les ventricules latéraux. Les lobes antérieurs se montrent les premiers ; ils sont déjà très-apparens

à trois mois. Le Corps calleux se forme presqu’en même temps, par l’adossement des deux membranes des hémlsplières ; il n’occupe d’abord cjue leur partie antérieure , et se prolonge en arrière à mesure qu’ils s’accroissent : au sixième mois il ne s’étend encore C£ue jusqu’à la moitié de leur longueur. Avec le corps calleux paraissent les cornes d’ Amman, la voûte à trois piliers, les éminences mamiliaires , la commissure postérieure , les pédoncules du cerveau ; peu après On distingue l’ergot et l’anfra(;|;uoslté qui lui donne naissance, la glande pinéale et ses pédoncules , puis la commissure antérieure , le septum-lucidum et sa cavité, qui communique alors avec le troisième ventricule, entre les deux piliers de la voûte ; en dernier lieu , la bandelette demi-circulaire , le plexus choroïde et l’infundibulum : cette évolution successive s’achève vers le septième mois.

Toutes ces parties n’ont pas la même apparence dans les diverses périodes de leur développement : ainsi la voûte se compose-t-elle d’abord de deux cordons isolés dans toute leur étendue; ainsi les corps striés sont-ils pendant long-temps plus gros que par la suite et d’une forme dilFérente. Au troisième mois , les A^entricules latéraux sont ouverts à leur partie interne et postérieure; on peut encore, vers le quatrième mois, pénétrer dans leur intérieur en renversant la membrane qui les forme. Au cinquième, leur étendue est considérable, ce qui dépend du peu d’épaisseur de leurs parois : ils diminuent progressivement à mesure que ces parois se développent. La surface du cerveau est lisse

dans les premiers mois ; un peu plus tard elle est interrompue par la scissure de Sylvius , quelcpies anfractuosités s’y manifestent; les circonvolutions se prononcent enfin du septième au huitième mois.

Le cervelet, dans un embryon de sept semaines, représente une lame mince , tendue horizontalement de chaque coté de la fente qui partage l’encéphale à cette époque , et se continuant d’une part avec la moelle , de l’autre avec la protubérance. Cette lame , recourbée sur elle-même , forme , vers le quatrième mois , une grande cavité continue au cjuatrième ventricule ; elle s’épaissit ensuite et la cavité diminue. Celle-ci est réduite au quatrième ventricule vers le cinquième mois ; des sillons transverses divisent alors le cervelet en cinq lobes. La structure de ce viscère se développe de plus en plus. Les lames et les lamelles sont très-distinctes au septième mois.

La protubérance cérébrale seroit mieux nommée, dans le principe, masse des tubercules quadrijumeaux; sa partie inférieure ou le pont de Varole manque , il n’existe que la lame surmontée plus tard par les tubercules. Cette partie est creusée de l’aqueduc onde la cavité deSylvius, et offre un sillon qui est la trace de la division qu’on observoit primitivement. La protubérance annulaire proprement dite commence à paroître dans le cours du quatrième mois , mais son développement n’est bien complet qu’au septième ; c’est aussi à cette époque seulement que les tubercules se montrent.

La moelle épinière forme d’abord une espèce de ruban divisé par la scissure commune et qui oc-

cupe toute la longueur du canal vertébral , s’étendant jusqu’au coccyx. Dans le troisième mois , ses bords se renversent en arrière et s’accolent; il en résulte un canal qui se continue avec le quatrième ventricule. A douze semaines, la queue de la moelle allongée est très - marquée ; on y volt les pyramides postérieures qui se continuent avec le cervelet, et les antérieures faisant suite aux pédoncules du cerveau. C’est au troisième mois, suivant M. Serres , que la moelle se raccourcit et remonte successivement au niveau de la seconde vertèbre lombaire. Au cinquième , on distingue les renflemens cervical et lombaire ainsi que la queue de cheval ; le canal de la moelle communique encore manifestement avec le quatrième ventricule.

Tels sont les principaux changemens qui s’opèrent dans la conformation de l’encéphale. Ceux qu’il éprouve dans sa texture ne sont pas moins remarquables.

Tout est fluide et homogène dans le principe. La substance blanche devient ensuite plus distincte. Sa structure fibreuse se manifeste de bonne heure; l’entrecroisement des pyramides se volt dès la huitième semaine , suivant M. Serres. Tiedemann a vu au quatrième mois des fibres dans ces pyramides , et peu de temps après dans les faisceaux ollvalres : on suivoit ces fibres dans les couches optiques et les corps striés ; elles rayonnoient audelà pour former la membrane des hémisphères. Ces fibres divergentes deviennent de plus en plus sensibles ; au sixième mois , elles sont presqu’à nu sur les parois des ventricules latéraux. A la même

AÜ SYSTÈME NERYEUX DE IA VIE ANIMALE 4 4Q époque, la substance cérébrale a paru , au microscope > composée de globules immédiatement audessous de la pie-mère, et de fibres plus profondément. Au septième mois, la coupe des ventricules offre des couches très - apparentes de fibres rayonnées. Il s’en produit ensuite de nouvelles qui forment les circonvolutions ; elles semblent naître de la pie-mère extérieure et se joignent à angle droit avec les premières : ce sont les fibres dites convergentes^ Au neuvième mois , l’organisation s’achève 4

La substance grise n’apparoîh que long - temps après la blanche. Ce n’est que du sixième aiî septième mois que les cordons ollvaires constituent de véritables éminences , par le développement de cette substance dans leur intérieur ; les pyramides se renflent un mois plus tôt. Dans les derniers temps de la gestation , le canal de la moelle se remplit aussi de substance grise ; la même substance se développe dans les circonvolutions du cerveau, dans le cervelet, etc. > sa couleur n’est bien manifeste dans toutes ces parties qu’au neuvième mois. M. Serres pense, comme Tiedemann , que la substance blanche naît avant la grise dans la moelle; mais il n’en est pas de même , suivant lui , pour le cerveau : il regarde la couche optique et le corps strié comme entièrement formés de substance grise dans le principe; la blanche ne s’y développe que plus t^rd . Les substances grise et blanche sont toujours précédées, dans leur développement , de celui des vaisseaux rouges dans les points où elles se produisent.

ADDITIOHS

Développement des Nerfs.

Page 200. (f Les nerfs de la vie animale ont » un développement proportionnel à celui du cerjj veau. »

Ce rapport est différent dans le principe , car déjà on distingue la moelle épinière et le cerveau, que la plupart des nerfs manquent encore , à cause du développement tardif des autres systèmes. On ignore s’il en est de même pour le coeur et le tube digestif, qui se forment presque aussitôt que le système nerveux. M. Meckel pense que les nerfs de ces organes , comme ceux des autres parties , ne naissent qu’ après les centres nerveux. Cependant le grand sympathique paroit exister de très -bonne heui-e , et se développer sinon plus tôt , comme le croit Ackermann , du moins en même temps que le cerveau et la moelle. Une autre exception à cette règle , c’est qu’on trouve déjà , à un mois de conception , les nerfs intercostaux , ainsi que les ganglions vertébraux : or, le cerveau ni la moelle ne sont pas encore distincts à cette époque. Peut-être les filets du grand sympathique , plus transparens , échappent-ils à l’observation. Ce nerf se rencontre dans les fœtus qui naissent privés de toutes les parties de l’encéphale.

Sur* un fœtus de trois mois , on aperçoit distinctement les nerfs optiques et les olfactifs. Dans le mois suivant se montre la cinquième paire. Au septième, on voit parfaitement bien l’origine de tous

AU SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ANIMALE. 5t

les nerfs. Les olfactifs sont d’abord très-gros ; ils ont déjà diminué au sixième mois. Les nerfs spinaux sont, comme les cérébraux, très -distincts à leur origine bien avant qu’on ne découvre la substance grise (Tiedemann).

Le tissu des nerfs ne devient apparent que quand leurs vaisseaux se développent.

Anatomie pathologique du Système nerveux de la vie animale [page 212).

§ Altérations dans les formes extérieures»

Les maladies organiques augmentent souvent le volume des nerfs, ainsi que Reimarus l’a observé pour les tumeurs blanches. Les névralgies sont quelquefois accompagnées de la même altération : Cotugno a trouvé le nerf sciatique , dans la névralgie de ce nom , 'comme infiltré d’une matière gélatineuse. De la graisse peut aussi s’accumuler entre les fibres nerveuses. Une sorte d’atrophie des nerfs est au contraire le résultat de certaines paralysies ou d’une compression long-temps prolongée : ainsi , dans l’amaurose , le nerf optique est-il souvent racorni, pour ainsi dire, endurci et à-peu-près réduit à son névrilème : ainsi diverses tumeurs produisent-elles l’atrophie des nerfs qu’elles compriment. Le cerveau paroît avoir éprouvé une diminution dé volume dans les cas cités par Littré et Sabatier , et dans lesquels , après une forte commotion, ce viscère? assurent-ils, ne t'emplis-

soit plus la cavité du crâne. M. Cruveilhier a vu la même chose sur le cadavre d’une idiote.

Les nerfs ont quelquefois paru moins consistans que dans l’état naturel. Weinhold , cité par Hufeland , leur a trouvé, à la suite du typhus, une mollesse et une flaccidité particulières. Ils offrent, diton , cette altération dans les hydropisies , les hémorrhagies mortelles.

Le cerveau présente les deux extrêmes par rapport à sa consistance ; son endurcissement se voit dans la manie, l’idiotisme , l’épilepsie ; son ramollissement , observé d’abord dans les mêmes circonstances , a été vu depuis dans les fièvres ataxiques et adynamiqueSy dans l’hydrocéphale. M. Rostan a donné de nouveaux détails sur cette dernière altération et sur la maladie qui en est le résultat. Dans les cas qu’il a observés y le ramollissement varloit beaucoup par rapport à son étendue, sa profondeur, son Intensité, la couleur de la substance cérébrale, etc. M. Lallemand a également décrit cette altération.

La moelle perd sa consistance dans le spina-bifida. Le ramollissement de la moelle a été rencontré tout récemment par M. Sclplon Pinel dans des cas où il paroissoit avoir produit des symptômes particuliers. Fran]j/a trouvé cet organe endurci.

Des tumeurs , telles que des anévrysmes , placées sur le trajet des nerfs, peuvent les déplacer, les distendre, les aplatir. On a vu (t. i, p. i6o) comment ils cèdent dans ces circonstances. Peut-être faut-il attribuer leur allongement en grande partie à l’espèce de déplissement qu’ils éprouvent. En effet, les nerfs sont, dans l’état naturel, repliés sur

AU SYSTÈME NERVEUX DE lA VIE ANIMALlS; 53

eux-mêmes ; leur surface est comme ridée : en l’examinant attentivement , on y découvre une quantité innombrable de petites stries transversales pour la plupart, obliques pour d’autres, entrecroisées pour quelques - unes , formant des zigzags , des spirales , etc. Ces stries sont remarquables par leur couleur jaunâtre ou fauve, qui tranche avec la blancheur nacrée que conserve le nerf dans leurs intervalles. Cela est même si frappant au premier coup-d’oeil, qu’on ne voit d’abord qu’une multitude de filets blancs , disposés absolument comme les stries : la couleur plus foncée de ces dernières fait quelles fixent moins l’attention. Or, ces stiàes s’effacent dans l’extension et reparoissent quand le nerf est de nouveau abandonné à lui-même. La même chose doit donc avoir lieu dans les cas dont nous parlions.

Le cerveau et la moelle sont exposés à des compressions qui altèrent plus ou moins leur configuration. La moelle en particulier subit parfois des inflexions remarquables ; ses fonctions n’en sont pas toujours troublées. La forme du cerveau éprouve • encore de très - grands changemens dans l’hydrocéphale.

§11. Altérations dans V Organisation,

L’inflammation des nerfs est une maladie fort rare. Peut-on donner ce nom aux engorgemens sanguins , aux dilatations vasculaires , qu’offre leur surface dans certains cas , dans le typhus , par exemple ? Pour être certain de la nature de ces engor-

gemens , il faudroit détruire le névrilème par un acide, et observer quelle seroit alors la couleur de la substance médullaire, Reil , qui a suivi cette marche dans plusieurs cas, a trouvé la moelle nerveuse d’une couleur rouge et manifestement enflammée. La suppiu’ation , la gangrène, l’ulcération, peuvent atteindre les nerfs, mais ne les affectent jamais primitivement. Au contraire, le cerveau est souvent le siège de collections purulentes ; la gangrène le frappe quelquefois , comme on le voit surtout à la suite des plaies de tête , lorsque ce viscère est intéressé ou même simplement mis à nu : on l’extrait alors par cuillerées sous la forme d’une sanie grisâtre , extrêmement fétide. Des fausses membranes se produisent dans le cerveau , particulièrement sur les parois des abcès qui occupent son intérieur. Elles sont susceptibles de s’organiser et de devenir vasculaires.

11 a déjà été question (pag. iqS) du mode de réunion des nerfs quand ils ont été coupés. Arnemann l’a décrit avec beaucoup de soin. Peu de temps • après la section , le bout supérieur se tuméfie à son extrémité , et forme une espèce de noeud grisâtre , allongé et très-dur; l’inférieur se renfle de même, mai# moins , puis l’un et l’autre se réunissent et leur écartement disparoît. Le nœud persiste et acquiert même assez souvent une consistance presque cartilagineuse. La portion du nerf qui est au-dessous éprouve aussi quelques changemens , quoique tous les observateurs ne soient pas d’accord sur ce point. En général elle s’amincit , se flétrit, pour ainsi dire, sa couleur change, ses plis s’effacent. Quant à la na^

A.U SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ANIMALE. 55 ture de la cicatrice, la plupart des auteurs la croient nerveuse , et , comme telle , susceptible de rétablir la continuité du nerf par rapport à ses fonctions. Halghton a même fait à ce sujet des expériences qui semblent décisives. Après avoir coupé sur un grand nombre de chiens les deux nerfs de là huitième paire, soit en même temps, soit l’un après l’autre, mais seulement à quelques jours d’intervalle , et s’être ainsi assuré que la mort est constamment le résultat de cette lésion , il mit sur un autre chien six semaines d’intervalle entre la section de l’un et de l’autre nerf. L’animal se rétablit parfaitement. On en pouvait conclure , ou que la cicatrice du premier nerf coupé transmettoit l’influence nervéuse, ou que les fonctions de ce nerf s’étoient rétablies entre la première et la seconde opération , par le moyen des anastomoses. Pour lever toute espèce de doute , les deux nerfs réunis furent coupés une seconde fois sur ce même animal , et il mourut : donc c’ était la cicatrice qui l’avolt fait survivre. Arnemann refuse aux cicatrices des nerfs la propriété dont il s’agit ; elles sont purement celluleuses , suivant lui , et quand les fonctions du nerf se rétablissent , c’est qu’il y a eu réunion immédiate entré les deux bouts; mais lorsque ces bouts s’écartent ou qu’il y a perte de substance , il nie ([u’une régénération puisse se faire. Le nœud qui se produit lui paraît incapable de remplacer la substance nerveuse ; il l’a vu naître du tissu cellulaire et ne se confondre que peu à peu avec les deux bouts du nerf. Cependant Fontana, Michaëlis, Mayer, disent avoir suivi des filamens nerveux à travers la portion ré~

générée. Ces filamens se contlnuolent manifestement avec le nerf. Traités par l’acide nitrique, loin d’êti’C détruits par faction de cet acide, ils se sont endurcis , comme le fait la substance médullaire ( Mayer). Or, ces physiologistes avoient enlevé une ligne, deux lignes, six lignes, jusqu’à un pouce de la longueur du nerf.

Dans les amputations , le bout supérieur, qui fait partie du moignon, se renfle comme dans le cas précédent, M, Lobstein a donné de nouveaux détails sur ce fait , qu’avoit observé Vanlioorn,

Les lésions du cerveau paroisseiit , comme celles des nerfs , être suivies d’uue sorte de régénération. Des solutions de continuité d’un autre genre ont, en outre , leur siège dans ce viscère. Ce sont des déchirures intérieures, à la suite desquelles le sang s’épanche soit dans la substance cérébrale , soif dans les ventricules : les commotions du cerveau , l’apoplexie , en offrent des exemples, Le sang devient alors un corps étranger dont la présence donne lieu à des accidens graves. Ces accidens doivent aussi être en partie attribués à ce que la substance cérébrale est désorganisée dans une plus QU moins grande étendue ; sa couleur est jaunâtre, rougeâtre, son tissu ramolli. Quand la mort n’en est pas le résultat , il se forme une membrane autour du sang , ce fluide est absorbé , et il ne reste qu’un kyste séreux , qui lui -même peut dlsparoître à la longue, La moelle est aussi sujette à éprouver eette altération : elle étoit convertie en une sorte de bouillie infiltrée de. sang, dans un cas observé par M. Gaultier de Claubry,

Jfu SYSTÈME NERVEUX DE LA. VIE ANIMALE.'

Les nerfs ne sont presque jamais ossifiés. Le cerveau l’est quelquefois , comme on en trouve divers exemples dans les auteurs. Ce sont presque toujours des productions osseuses , en grande partie libres , rarement intimement adhérentes à la substance cérébrale. Des tumeurs, qui semblent appartenir aux tissus fibreux ou cartilagineux , se développent dans l’épaisseur des nerfs , dans le cerveau ou même dans la moelle. Elles sont dures , grisâtres , et ne font qu’écarter les fibres médullaires, lesquelles ne sont pour rien dans leur développement. M. Dubois et Home ont extirpé de ees tumeurs. Quelques-uns les rapportent au cancer des nerfs. Il se forme des kystes dans le cerveau : nous avons déjà indiqué une des circonstances dans lesquelles ils se produisent. On les prend souvent pom'des hydatldes. Celles-ci sont rares chez l’homme, quoiqu’on en trouve quelquefois.

La dégénération scrophuleuse est la plus commune dans le cerveau. Elle se présente sous la forme de tubercules d’un volume très- variable, arrondis, grisâtres ou jaunâtres, mous, friables, dont le nombre est quelquefois ti’ès - considérable. Une membrane celluleuse les entoure. Le cancer du cerveau a également été observé. Enfin M. Meckel parle de tumeurs fongueuses et spongieuses, analogues aux productions dites érectiles , et qui auroient leur siège dans ce viscère. Elles doivent y être extrêmement rares. Les nerfs sont étrangers à presque toutes ces altérations.

§ III. Ætérations dans le développement.

Clarke a donné , dans les Transactions philosophiques , la description d’un foetus tellement imparfait, qu’il n’avoit pas de système nerveux. C’est le seul fait de ce genre que l’on connoisse. On rencontre bien plus souvent des foetus acéphales ou plutôt anencéphales , c’est-à-dire, privés d’une partie ou de la totalité du cerveau. La moelle épiïiière existe dans le plus grand nombre des cas , mais dans certains elle manque également. Des exemples de ce dernier genre sont cités par M. Lallemand dans sa dissertation inaugurale. J’en ai vu moi-même quelques-uns. Dans ces circonstances, la membrane propre de la moelle forme les parois d’une cavité qui contient un liquide , et les nerfs s’implantent, comme à l’ordinaire, dans cette membrane. Otto ( Traité d Anatomie pathologique J fait mention de plusieurs cas dans lesquels le nerf optique ou d’autres nerfs des sens manquoient sur des individus privés de la vue , de l’ouïe , etc. -• le reste du système nerveux étoit comme dans l’état naturel.

Les anomalies sont assez rares dans le système nerveux , surtout dans la portion de ce système qui appartient à la vie animale. Cependant le cerveau ollre quelquefois de l’inégalité dans le volume de ses lobes : Bichat en étoit lui-même un exemple remarquable. L’hydrocéphale est le plus souvent une affection congénitale. Le canal de la moelle est quelquefois conservé jusqu’après la naissance, ainsi

AU SYSTÈME NERVEUX DE lA ViE ANIMALE.'

que M. Portai et autres l’ont vu dans l’hydrorachis. Les nerfs vainent un peu dans leur dlstriLution , bien quelle soit plus constante que celle des artères.

Le tissu nerveux ne se produit jamais accidentellement , si ce n’est dans le cas de plaie dont nous avons parlé plus haut.

do

AU

Isolement du grand Sympathique,

JP AGE 217. (f II est manifeste qu’une ligne de » démarcation tranchée sépare les nerfs des gan- M gllons de ceux du cerveau , et que c’est une ma- » nière Inexacte, que celle qui consiste aies regarder J comme formant un nerf unique émané de ce der- » nier par une origine quelconque. »

Le grand sympathlcjue a toujours été , pour les anatomistes , un sujet de discussions. Haller, Zinn, Scarpa , Legallois , ont soutenu qu’il dépendoit du cerveau et de la moelle , ainsi que les autres nerfs , et que , de même que ces derniers , il ne faisoit que transmettre une influence qu’il recevolt de ces parties. Beaucoup d’autres physiologistes pensent au contraire que ce nerf est isolé , par sa disposition comme par son action, du reste du système nerveux. Authenrieth le fait bien sortir du système nerveux général ; mais il suppose qu’à mesure que ses filets traversent les ganglions , ils sont

AU SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ORGANIQUE. 6l

de moins en moins soumis à Faction cérébrale; Suivant Reil, le grand sympathique n’a que des filets de communication et point d’origine , mais il jouit d’une propin été M. Gall

en fait , comme Bichat , une multitude de systèmes isolés , ce qui tient à la manière dont il a considéré en général le -<^stème nerveux. Enfin J. -F. Meckel admet une sorte d’opinion mixte, suivant laquelle le grand sympathique, quoique isolé, dépendroit pourtant jusqu’à un certaint point des organes centraux.

Il seroit superflu de détailler ici les raisons alléguées pour ou contre toutes ces opinions ; nous nous contenterons d’indiquer les principales. Et d’abord rien n’empêche d’appeler points d’origine, dans le grand nerf sympathique , les points de communication de ce nerf avec la moelle et le cerveau , si l’on se souvient de ce qu’on doit entendre par origines dans le système nerveux : ce sont les extrémités centrales des nerfs , celles qui sont les plus voisines des centres nerveux. Tout ce qui a été dit plus haut pour prouver qu’ici les ganglions sont ces centres , montre seulement qu’il y a de grandes différences d’organisation entre le grand sympathique et les autres nerfs. Il est également indifférent de considérer comme un seul ner-f cette série de ganglions et de cordons intermédiaires , ou bien d’en faire autant de parties isolées et réunies par des anastomoses. Mais ce qui ne l’est pas, c’est de savoir si réellement ce système est indépendant du cérébral, ou si, comme le prétendoit Legallois, e’est au contraire de ce dernier qu’il tire toute son

influence. On connoît les expériences de ce physiologiste sur des animaux auxquels il enlevoit le cerveau et qu’il faisait vivre ensuite à l’aide d’une respiration artificielle. La destruction de la moelle épinière entraînoit constamment la mort par la cessation subite des battemens du coeur. Quand la moelle n’étoit détruite qu’en partie , les battemens étoient seulement affaiblis , la section des membres ne donnoit point de sang , mais la vie persistait encore. Legallois en conclut, 1°. que le coeur recevoit le principe de son action de tous les points delà moelle par l’intermède du grand sympathique ; 2°. que l’intégrité de la moelle étoit indispensable aux fonctions de ce dernier. Mais on a vu des foetus monstrueux naître sans moelle , et pourtant ils avaient vécu dans le sein de leur mère. M. Ph. Wilson , ayant répété les expériences que nous venons de citer , a trouvé que les battemens ne cessoient pas aussitôt après que la moelle avoit été détachée ; ils disparoissoient plus vite quand on la déchirait violemment que loi^squ’on l’enlevoit avec précaution. Les animaux soumis à ces expériences résistent aussi en général d’autant plus qu’ils sont plus jeunes. Enfin, sur plusieurs poissons, sur des carpes en particulier, M. Cllft a vu les battemens du coeur continuer malgré la lésion de la moelle. Il faut donc avoir égard , dans les conclusions que l’on peut tirer de ces sortes d’expériences , à l’âge et à l’espèce de l’animal. On peut appliquer à la moelle , sous ce dernier rapport , ce qui a été dit ailleurs du cerveau (t. i, p. i58) : c’est que dans les animaux inférieurs les centres sont beaucoup moins

nécessaires à l’actipn du reste du système nerveux. Leur moindre importance chez ces animaux s’accorde avec leur développement moindre. De même, chez l’homme et les animaux supérieurs , le grand sympathique dépend d’autant moins du cerveau et de la moelle, que ces parties sont elles -mêmes moins développées , qu’en un mot l’individu est plus jeune. C’est ainsi, et non d’une manière absolue, qu’on doit résoudre la question que nous nous sommes proposée.

Structure des ganglions.

Page 224- « Je crois qu’en admettant , jus- >1 qu’à un certain point, la disposition intérieure a que cet auteur ( Scarpa ) a observée dans les )) ganglions , on peut ne point envisager ces or- » ganes sous le point de vue sous lequel il les a w présentés. »

On a répété de nos jours les observations faites par Scarpa. Les ganglions se composent , comme cet anatomiste l’avoit démontré , de deux substances très-différentes , déjà indiquées par Winslow.

1°. 11 est presque toujours facile de suivre dans les ganglions les filets nerveux qui en émanent ; ces filets y conservent leur forme cylindrique , leur couleur blanchâtre , et se distinguent aisément de la substance non médullaire dans laquelle ils sont, pour ainsi dire, plongés. Il suffit souvent, suivant la remarque de Haase , de couper un ganglion pour apercevoir une foule de petits points blancs, qui

ne sont autre chose que les extrémités des filets nerveux divisés. Ces filets s’anastomosent fréquemment entre eux. Dans les ganglions placés sui* le trajet d’un seul nerf, leur direction est parallèle à celle du nerf lui-même ; lorsqu’au contraire plusieurs nerfs se réunissent pour former un ganglion^ elle n’a plus rien de constant ; on voit les filets médullaires s’entrelacer dans tous les sens , et établir de cette manière des communications nombreuses entre ces nerfs. De là vient que les ganglions de la première espèce sont allongés et ordinairement ovoïdes , tandis que ceux de la seconde ont une forme bien plus irrégulière.

2®. La substance particulière des ganglions est molle , pulpeuse , comme albumineuse ou gélatineuse, d’un gris rougeâtre , quelquefois jaunâtre, logée dans les aréoles d’un tissu cellulaire très-délié. On l’isole avec plus ou moins de facilité des filets nerveux qu’elle entoure : «ette séparation ne se fait qu’avec difficulté dans les ganglions du grand sympathique ; les filets médullaires y sont très-mous et comme dlffluens à leur circonférence, de sorte que leurs couches extérieures se confondent avec la matière grise pulpeuse dont il s’agit. Les plexus n'offrent rien de semblable à cette substance : c’est ce qui les distingue essentiellement des ganglions.

On a pensé que la substance grise des ganglions étolt identique avec celle du cerveau ; que l’une et l’autre avoient pour visage de renforcer la substance blanche des fibres nerveuses. Si l’on examine comparativement un ganglion dépouillé de tissu cellulaire et une portion du cerveau dans laquelle la

A.U SYSTÈME NERVEUX DE LA VIE ORGANIQUE. 65 substance grise prédomine , on verra que rien n’autorise ce rapprochement. Sans parler de leur aspect si dissemblable , des caractèi’es physiques qui les distinguent, la manière dont ils se comportent avec les divei-s réactifs établit des différences bien tranchées entre ces deux tissus. C’est un fait déjà reconnu par Bichat. Les expériences de Wutzer ne laissent rien à désirer à ce sujet : voici un extrait du tableau comparatif qu’il a donné des propriétés chimiques de ces deux substances dans son Traité de Gangliorum Usa et Fabricâ.

Traitées à froid

L’une, fournie par les ganglions cervicaux ou semilunaires, pris chez l’adulte, dépouillés de leur tissu cellulaire et lavés à l’eau distillée , éprouve les phénomènes suivans ; i“. elle se racornit; 2°. au bout de huit jours , le racornissement persiste , la matière noircit , et donne , si on l’agite et qu’on la laisse ensuite déposer , un précipité friable , dans lequel on démêle encore çà et là une apparence de structure ; 3». au bout d’un temps plus long , la putréfaction la par l’acide nitri-/rend diffluente , mais sans exhaler d’odeur autre que que concentré, de l’acide.

L’autre , prise dans des parties du cerveau ou du cervelet formées aux trois quarts ou à-peu-près de substance grise, i®. s’endurcit sans se racornir ; a®, diminue un peu , et prend la consistance du caséum ; donne , après avoir été mêlée à la liqueur par l’agitation , des flocons albumineux jaunâtres qui surnagent ; 3". l’odeur de sa dissolution a quelque chose de semblable à celle de l’huile rance.

Le ganglion se dissout : seulement la liqueur est un [peu trouble ; par le refroidissement il se forme un lé- Iger précipité , vme petite quantité de la matière vient à la surface.

Par ce meme acide bouillant,

Par une dis- , solution de potasse caustique à’ froid ,

La substance cérébrale ne se dissout qu’en partie, lune certaine quantité surnage la liqueur ; la dissolu- Ition conserve sa transparence apres le refroidissement , quoiqu’on y distingue une infinité de particules médullaires en suspension.

Le premier se ramollit un peu ; ses filamens blancs disparoissent ; sa dissolution est lente et imparfaite.

La seconde se dissout plus aisément ; de la ma- ^tière surnage le liquide , et ae se mêle point ayecl ui.

Par une dissolution de potasse caustique bouillante;

' Pour l’un , quelques filamens restent insolubles; le refroidissement est suivi d’un dépôt formé par des globules d’un rouge foncé :

Pour l’autre, la dissolution est presque complète; par le refroidissement, la surface du liquide se recouvre de flocons d’un blanc jaunâtre.

Par l’alcobl bouillant;

La substance du ganglion se resserre, puisse dis • jsout aux deux tiers ; la liqueur- est trouble.

La matière cérébrale s’endurcit , et éprouve ensuite Idivers ebangemeus observés par M. Vauquelin ; ou [eu retire de l’albumine.

Enfin, difl'érens réactifs, qui n’ont point d’action isole'ment sur la dissolution acide de ces substances, donnént des précipités quand on les emploie réunis : la dissolution alcaline offre le même phénomène quand on la traite par l’acide muriatique, puis par la noix de galle. Ces précipités fournissent de nouveaux caractères par les dilïérenees qu’ils présentent dans leurs propriétés , suivant qu’ils appartiennent à la substance du ganglion ou à la cérébrale.

Sans doute il resteroit à faire une bonne analyse des ganglions pour connoître au juste la diHiS-ence qui existe entre leur substance et celle du cerveau ; mais ces données suffisent pour prouver que cette différence est réelle.

Suivant Scarpa, la substance propre des ganglions seroit remplacée par de la graisse chez les sujets trèsgras : il paroît que cela n’est pas constant. Lorsque l’embonpoint étoit le plus considérable, on a seulement trouvé quelques vésicules adipeuses sous la membrane propre des ganglions (Wutzer). On conçoit c{ue si la graisse venoit à s’y accumuler , elle comprimeroit la matière grise , et pourroit la faire disparoître en tout ou en partie.

Usages des Gaaglcons,

Page 245. « Scarpa a rassemblé les opinions )) de tous ceux qui Font précédé, avec la sienne D propre, sur les usages des ganglions. Je renvoie à » ce qu’il a dit à ce sujet. »

On peut, ranger en deux classes les opinions des ■physiologistes sur les usages des ganglions.

Les uns leur en attribuent de purement méca-*^ niques, comme de faciliter la distribution des nerfs, d’opérer le mélange intime des filets nerveux, de favoriser leur réunion, leur séparation, etc. Meckel Fancien, Zinn, Scai’pa sont de ce nombre.

Les autres leur accordent des fonctions d’un ordre plus relevé , essentiellement vitales , et pensent i qu’ils sont destinés à modérer, à détruire même F influence réciproque du cerveau et des nerfs. Us expliquent par là comment les organes de la vie j intérieure sont jusqu’à un certain point indépeni dans de Faction cérébrale, comment le cerveau à I son tour perçoit à peine les impressions portées sur I ces organes ou sur leurs nerfs. En un mot, les deux vies ne dilféreroient plus que par la dilférence de leurs systèmes nerveux.

Cette idée, obscurément énoncée dans les écrits de Wlllis, de F. Petit, de Blanchi, appartient vé^ ritablement à Johnstone; la plupart des physiologistes modernes Font adoptée. Il faut convenir quelle s’accorde assez bien avec ce que nous savons de la structure des ganglions ^ et que rien nç semble

plus Capable de briser la force nerveuse que Ceâ entrelaceraens médullaires entourés d’une substance tout-à-fait différente de celle des nerfs. On se demande néanmoins pourquoi certaines impressions sont transmises malgré l’obstacle que leur opposent les ganglions J pourquoi les ganglions vertébraux ne remplissent point , à l’égard des parties qui en re- ! çoivent leurs nerfs , les mêmes usages que les gan- | glions de la vie organique. On a répondu à la pre- j mière objection en disant que les ganglions sont j des conducteurs imparfai-ts , qu’ils isolent assez j pour arrêter la transmission des impressions ordi- I naires, mais qu’ils sont traversés par des impressions trop vives. W utzer a vu l’action de la pile sur les ganglions lombaires causer des douleurs vives , accompagnées de mouvemens convulsifs , tandis qu’une irritation moindre ne produisoit rien de semblable. Quant à la seconde objection, on ne peut guère la combattre qu’en invoquant les différences de structure qu’offrent les ganglions des nerfs spinaux comparés à ceux du grand sympathique, différences qui en doivent amener d’autres dans les fonctions.

Concentrer la force nerveuse , la renforcer , la répartir unifoi’mément sur tous les appareils de la vie organique et concourir ainsi à la régularité de leur action , tels sont encore les usages communément attribués au système qui nous occupe. Il est difficile d’assigner ceux des ganglions.que présentent les branches postérieures des nerfs de la moelle.

lü SYSTÈME NERYEUX DE LA. VIE ORGANIQUE. “^9

Ganglions des animaux.

Page 244. « Si les ganglions n’étoient pas les )) centres de certaines fonctions importantes que » nous ignorons, seroient-ils si invariables dans » l’organisation animale? »

Il est assez difficile de déterminer à quelle partie -du système nerveux appartiennent les organes de ce genre que l’on rencontre dans les dernières classes d’animaux. Les vers, les insectes, ont des renflemens isolés, réunis par des cordons nerveux qui s’en séparent sous la forme de rayons. Dans les mollusques , tout le système consiste en deux gros nerfs contournés autour de l’oesophage et en un renflement annulaire qui embrasse ce conduit. Blumenbacli , M. Cuvier, M. Gall, J. -F. Meckel admettent que ces parties répondent à la moelle épinière des ani- » maux vertébrés. Si l’on en croit au contraire Reil et plusieurs autres, c’est le grand sympathique qu’ elles représentent. Walter, de Landshut, assimile aux nerfs de la huitième paire les cordons nerveux des mollusques , en comparant à la moelle ceux des insectes et des vers. Weber prend les ganglions des nerfs vertébraux pour terme de comparaison. Mais aucune ne sauroit.être exacte; il y a 5 trop de différence de structure, de distribution, i de fonctions, entre ces systèmes nerveux imparfaits S et ceux des animaux supérieurs. Celle qui semble

le plus approcher de la vérité est celle cîé Walter pour les nerfs des molluscjues , qui en effet ressemblent beaucoup aux nerfs de la huitième paire. i

Par la même raison , on ne peut guère donner le nom de ganglions à ces fenllemens, ou plutôt à ces amas irréguliers, encore peu connus dans leur nature, qui paroissent remplacer dans les animaux inférieurs les organes centraux dont sont dépourvvis ces derniers- C’est pourtant sur ce rapprochement qu’est fondée en grande partie l’opinion de ceu^ qui prétendent que le cerveau et la moelle sont des assemblages de ganglions : la preuve en est, disentils, que ces ganglions sont isolés dans les animaux inférieurs. Nous ne reviendrons pas sur cette opinion , que Contredisent des faits déjà exposés dans l’organisation, le développement, etc. , du système nerveux. M. Serres pense, comme Weber, c[ue les ganglions isolés des animaux inférieurs répondent aux ganglions vei'tébraux.

Dans les animaux qui , tels que l’homme , ont une moelle renfermée dans un canal osseux, le système des ganglions n’est pas à beaucoup près développé au même degré, i®. Eu égard à la grandeur totale du corps, ce système a d’autant plus d’étendue que l’animal est plus élevé dans l’échelle des êtres, par Conséquent que son organisation est plus parfaite. La huitième paire diminue, aü contraire, dans la même proportion, a'’. Son développement est toujours proportionné à celui de la moelle, si on compare l’un

et l’autre sous ce rapport à tout le corps en général et non au cerveau seulement. 5°. Le grand sympathique suit encore le canal alimentaire dans son développement. 4°- Enfin il est également lié sous ce rapport au système vasculaire.

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