AU SYSTÈME VASCULAIRË A SANG ROUGE
excejDtlon ; mais cette exception n’est qu’apparente, ce qu’on appelle extension dans cette partie étant réellement le sens de la flexion , si on la compare à la main , et d’ailleurs le sens du mouvement le plus étendu. Au reste , c’est dans l’anatomie descriptive qu’il faut voir jusqu’à quel point tout , aux environs d’une artère , s’accorde pour la protéger elficacement contre les lésions qui pourrolent altérer sa structure. La disposition qui nous occupe concourt évidemment à ce but , comme l’a trèsbien vu Sœmmerlng. Sans elle les artères serolent à chaque Instant exposées à des tlralllemens qui , en les allongeant outre mesure , aurolent le double inconvénient de gêner la circulation du sang dans leur Intérieur , et de produire dans leur tissu, d’ailleurs peu extensible, des ruptures Inévitables. Cette situation des artères a encore un autre avantage : il en résulte que , dans la flexion, elles deviennent beaucoup moins accessibles aux atteintes extérleul’es ; ce qui , en divers endroits , remédie jusqu’à un certain point à leur position superficielle.
Dans les Intervalles des articulations, les artères des membres occupent en général leur côté Interne, moins en butte cjue les autres à l’action des puis-sances extérieures , surtout lorsque le membre est porté dans l’adduction.
Terminaison des Arteres.
Page 277. fc Les systèmes pileux , épidermoïde, J) cartilagineux , etc. ; dépourvus d’artères , ne contiennent que des sucs blancs dans la dl-
)) vision du système capillaire général qui y a son )) siège. ))
Dans leur terminaison aux différens organes , les artères offrent encore plusieurs points à considérer.
i”. Le trajet qu’elles parcourent avant d’y arriver est plus ou moins long. On rencontre à cet égard de grandes différences, qui elles-mêmes ne sont pas constantes, à cause des variétés d’origine si fréquentes dans ce système. En général , les artères naissent à peu de distance de l’organe auquel elles sont destinées. Lorsqu’une disposition contraire existe , cela tient à quelque circonstance locale. C’est ainsi que les artères spermatiques sont, à leur origine , fort éloignées des testicules, parce que primitivement les testicules étoient situés beaucoup | plus haut.
3°. Le mode de distribution des artères , leur nombre , leur volume dans chaque organe , varient. Il en est qui possèdent plusieurs artères : c’est même le plus grand nombre. D’autres, comme le foie , les reins , la rate, etc. , ne reçoivent cju’un seul tronc. Presque toujours les artères se divisent i plus ou moins avant de pénétrer la substance des organes , comme on le voit dans le cerveau , dans les os, les muscles, etc. Tantôt elles y entrent d’un seul côté , et n’occupent à leur surface cju’une trèspetite étendue ; tantôt presque toute la ciixonférence de l’organe leur livre passage. Enfin leur ' volume difîère dans îçs divers organes ; il est gé- i néralement en rapport avec la nature des fonctions i qu’ils remplissent.
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S". Parvenues clans les tissus eux-mêmes, les artères donnent naissance, par leurs divisions et subdivisions, à des réseaux très-déiie's. La foi’me de ces réseaux n’est pas la même par -tout : Prochaska etSœmmering l’ont indiquée pour un grand nombre de parties. Ce sont des arborisations dans l’intestin, des étoiles sur le foie, des houppes à la langue, etc.; de sorte qu’à l’aide du microscope, on peut, pour ainsi dire, au seul aspect, reconnoître d’où proviennent des vaisseaux préliminairement injectés.
Résistance des Artères.
Page 284» Cette résistance longitudinale (des }) artères) à la distension est moindre c[ue la réi) sistance latérale opposée à l’injection : l’expé- )} rience le prouve; et cela tient sans doute à ce a qu’aucune fibre, dans le premier sens, ne se J) trouve directement opposée à l’effort. »
La tunique celluleuse est en effet presque la seule capable de soutenir un eflbrt cjui s’exerce dans le sens longitudinal , tandis que la tunicjue propre résiste conjointement avec elle cjuand l’effort est latéral. Au reste, la résistance des artères n’est pas la même pour toutes ; elle dépend en général de l’épaisseur de leurs parois : les artères cérébrales , qui les ont si minces, sont aussi beaucoup plus foibles c[ue d’autres artères du même volume. Par la même raison, les troncs offrent plus de résistance que les branches , celles-ci que les rameaux , etc. ;
seulement, comme 1 épaisseur ne diminue pas en raison de la capacité, il en résulte C[ue les artères les plus éloignées du cœur sont, relativement à leur calibre, les plus résistantes. Une autre cause, suivant Clifton-Wintringkam, qui fait que les petites artères résistent davantage, c’est que leur tissu est plus mou et plus lâche.
On a peu fait d’expériences comparatives sur la force des parois artérielles dans le sens longitudinal. Celles de Wintringham avoient pour bout de mesurer la résistance latérale : elle lui a paru plus grande, relativement à l’épaisseur meme des parois, dans les petites artères que dans les grosses. L’aorte a aussi supporté sans se rompre un plus grand effort à son extrémité inférieure qu’auprès de son origine. Gordon a cherché à mesurer les effets de la distension : il a vu qu’il falloit un poids plus considérable pour produii-e la rupture de l’iliaque externe, que pour celle de la carotide primitive. Mais, dans ses expériences, la déchirure s’est opérée à l’endroit où se trouvoit attaché un fil de suspension : il y a donc eu en même temps section de l’artère; de sorte qu’on n’en peut rien conclure par rapport à la distension pure et simple. Si l’on vouloit répéter ces expériences, qui, d.’ailleurs, ne paroissent devoir mener à aucun résultat bien important, on pouiToit isoler l’artère d’un membre dans une certaine étendue sans la séparer entièrement, et exercer ensuite sur ce membre désarticulé tous les efforts nécessaires. On éviteroit de cette manière l’inconvénient des ligatures.
Dans les courbures artérielles, le côté de la con~
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vexité est plus épais et plus fort que celui de la concavité. Cette disposition , sans doute accommodée à l’effort du sang plus considérable de ce côté, est bien manifeste à la crosse de l’aorte.
Nature de la tunique moyenne des artères.
Page 285. (( L’action des différens réactifs >) sur le tissu artériel prouve manifestement com- » bien il diffère du musculaire. 11 y a bien alox’S » des phénomènes généraux communs à tous les » solides ; mais divers phénomènes particuliers » sont distinctifs. )>
Ceux qui regardent comme de nature musculeuse cette membrane propre des artères , et Haller, Walter, Sœmmering, sont de ce nombre, se fondent 1°. sur ce que ses fibres deviennent molles, grisâtres dans les petites artères, et se rapprochent beaucoup, du 'moins pour l’aspect , de celles de f intestin, de la vessie ; etc. ; 2°. siu- ce qu’on retrouve la même apparence dans les animaux ; 5°. sur ce que, malgré la sécheresse, la résistance, l’élasticité, l’espèce de fragilité , qui distinguent la fibre artérielle , il n’y a pas plus de différence/entre cette fibre et la musculaire , qu’il ne s’en trouve entre les divers genres de muscles , entre le grand pectoral des oiseaux et leurs muscles de la patte ou de l’estomac , par exemple; enfin, sur ce que les propriétés dont jouissent les artères pendant la vie rapprochent également leur tissu du musculaire. On pourroit ajouter qu’il ne s’en éloigne pas beaucoup non plus sous le
ADDITIOKS
rapport des propriétés chimiques; car je mè suis assuré qu’il contient une certaine quantité de filu'ine.
Néanmoins , ces considérations ne me semblent pas suÜisantes pour que l’on doive ranger le tissu artériel parmi ceux qui ont essentiellement pour base la fibre musculaire. Je crois plutôt que, vu l’élasticité qui en forme le caractère principal , ce 1 tissu appartient, comme l’ont déjà pensé quelques anatomistes, au système fibreux jaune ou élastique , dont il sera question par la suite.
Membrane et Gaine celluleuses dés artères. '
Page ag8. (( Les artères ont autour d’elles deux >j espèces de tissus cellulaires, Tun, qui est très- » extérieur, lâche, graisseux, plein de sérosité, à a lames distinctes, les unit aux parties voisines ; |
)> l’autre dense, serré, non graisseux, filamenteux , :
)) et non laminé , forme la première de leurs tu- J) niques, w |
Cette tunique celluleuse ( cellulosa propria de ' Haller) , rejetée par Monro , Walter , Scarpa , Mascagni , et que Sœmmerlng réunit à la membrane ' propre, n’est pas moins distincte des autres tuni- | ques qu’elle revêt, que du tissu cellulaii’e qui l’en- { yironne. w-. v
C’est une membrane fibro-cellulaire, mince, as- ! sez dense pourtant , faisant réellement pai'tle constituante du tube artériel. Dans les grosses artères, on la divise en deux lames; l’iine externe, qui se
AÜ SYSTÈME VASCPLAÏRE A SANÇ ROÏIGE.
rapproche davantage du tissu cellulaire ; l’autre interne , jaunâtre , coriace , qui ressemble* aux couches de la tunique moyenne. Son aspect sur les ar^ tères moyennes est celui des aponévroses, ou bien encore du névrilème. Son tissu se compose de fibrilles entrelacées et obliques , plus écartées en dehors qu’en dedans ; ces fibres sont surtout apparentes dans la distension de l’artère, soij^^e'n long, soit en travers, parcé quelles s’allongent -et 9*écartent avant que de se ronj-pre : Mascagni'’en a donné une bonne figure. Les petites artères ont cette tunique plus épaisse que les grosses , relativement à leur volume : c’est pour cela qu’elles supportent mieux les ligatures ,. qui, comme on sait, ne portent que sur la tunique celluleuse.
Sur cette membrane s’implantent une foule de filamens mous et extensibles , qui v3^inent- de l’espèce de gaine que l’artère reçoit du tissu cellulaire ambiant. C’est là le seul rapport qu’il y ait entre elle et ce tissu cellulaire. A la faveur de cette disposition , l’artère glisse aisément dans l’intérieur de son canal celluleux ; la rétraction des artères coupées est par là singulièrement favorisée.
La gaine celluleuse des artères, tunique externe de Sœmmering , décrite par Haller sous le nom de timica cellulosa adscititia, n’est en effet autre chose que ce tissu cellulaire lamelleux qui les avoisine et les embrasse de manière à former autour d’elles un véritable canal. Hebenstreit s’en est occupé dans une dissertation qui fait partie du Recueil des dissertations de Haller. Cette gaine tient d’un côté à la membrane externe par les prolongemens dont nous
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venons de parler, et se continue de l’autre avec le système cellulaire. Elle manque dans quelques artères que recouvrent des enveloppes séreuses. D’autres en sont dépourvues, par le défaut de tissu cellulaire dans les pavtiefs où elles se rencontrent; Sa disposition varie comme celle de ce* tissu :’en général serrée aux membres , elle est très-lâche dans certaines .relions , autour des artères spermatiques , paJî exemple. Ces différences méritent d’être examinées,*parce qu’elles peuvent rendre raison de divers phénomènes morbides. Ainsi , les ruptures artérielles sont «suivies dans le cerveau d’un épanchement diffus qui désorganise sa substance , tandis j qu’a'ux membres la gaine celluleuse prévient cet ac- ' cident en bornant les progrès de l’épanchement : ( ainsi, dans ce dernier cas, le sang s’infiltre dans une plus* . ou. moii^^ grande étendue, suivant la résis- | tance que lui oppose la gaine , etc. I
Nerfs des Artères.
Page 3o2. « Il y a simplement juxtaposition » ( entre les nerfs céi'él)raux et les artères) , comme » on le voit aux membres , aux espaces intercos- » taux, etc. »
Les nerfs des artères sont d’autant plus abondans que ces vaisseaux sont d’un calibre moindre ; ils sont plus marqués sur les rameaux que sur les troncs. Ceux des artères des membres viennent en partie des nerfs cérébraux. Lucae dit les avoir suivis dans l’épaisseur des artères. Il en fait deux classes par rapport à leur trajet : i°. les uns s’arrê-.
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» tentdans la tunique celluleuse et s’y perdent, après .avoir rampé quelque temps dans le tissu cellulaire qui l’entoure ; 2°. les autres traversent cette tunique, et arrivent à la membrane propre, sur laquelle ils se répandent en un réseau très-délié. Les premiers sont mous et aplatis ; les seconds , d’une finesse extrême ,. ont un peu plus .de consistance, leur forme est plus arrondie , ils parcourent un trajet moins long. Aucun ne s’étend jusqu’à la membrane interne : Oudemann assure pourtant en avoir suivi ■ dans la membrane nerveuse de Haller. Quelques artères paroissent dépourvues de nerfs. L’arbre pulmonaire en reçoit moins que l’aortique. Suivant Lucae , les nerfs des artères sont moins appareils chez le vieillard , particulièrement les filets destinés à la tunique moyenne.
Irritabilité du tissu artériel.
Pas;e 5 16. « La contraction produite par le dé- )) faut d’extension est ce (jui caractérise la con- » tractlllté de tissu. L’irritabilité ou contractilité )) organique sensible sujqiose constamment, au • » contraire, l’application td’ un stimulus. »
Malgré toutes ces considérations, il est encore des physiologistes qui accordent au tissu artériel îa faculté de se contracter sous l’influence d’un excitant approprié. Les raisons qu’ils allèguent en faji veur de cette opinion sont les suivantes. 1°. Si les t artères, disentriîs , ne se contractent pas toujours . dans les expériences, elles ont cela de commun^ avec des tissus dont l’irritabilité n’est pas douteuse.
8a ADDITIONS
L’intestin, la vessie, l’estomac, ne donnent quel-, quefois aucune marque d’irritabilité. 2“. L’action des acides , que Bichat regarde comme un simple racornissement, est différente pendant la vie et après la mort ; dans le premier cas, on observe une contraction réelle; dans le second, c’est plutôt une sorte de corrosion , comme l’a très-bien \v. Verscbuir. 5“. Le même auteur a réussi à déterminer le resserrement de l’artère, en l’irritant simplement avec le scalpel. 4°- Dans d’autres expériences , le seul contact de l’air a jirodult un resserrement * subit et très-marqué, jusqu’à elïàcer presque entièrement la cavité de l’artère. 5“. Ce resserrement, dans toutes ces circonstances, s’étendoit au-delà du point touclié ; il cessoit quand on enlevolt l’excitant. 6°. L’étincelle électrique a aussi déterminé des contractions d’après Bikker et Van-den-Bos. y". On dit môme avoir obtenu cet effet eu appliquant les excitans aux nerfs des artères. IjC galvanisme a été employé avec succès de cette manière par Giuîlo et Bossi. Home s’est servi des alcalis : ; leur contact avec le grand nerf sympathique a été suivi de batteraens violons dans l’artère carotide.
11 avoit été conduit à cette expérience par des. variations locales ([lie paroissoit éprouver la circulation, dans un ulcère, à la suite de certaines douleurs.
iliomson a vu les parois ai'térieîies resserrées par Faction de l’ammoniaque , au point que la cavité sembloit avoir totalement disparu. Le muriate de soude, au conti'aire, les dilatoil presijue constamment.
Plusieurs de ces expériences ont sans doute bc-
!au système vasculaire a sang rouge. 8o soin d’être répétées ; mais on ne peut disconvenir '.|que la contraction des artères ne soit Lien diffé- ^l| rente pendant la vie de ce cpi’elle est après la mort ;
^i jcar, i“. l’artère, ouverte entre deux ligatures, ne se ^*[vide plus quelques instans après la mort, à moins que, parmi excès de distension, son élasticité ne ■ ; la fasse revenir sur elle-même. 2°. Les artères vides i I à l’instant de la mort, et encore resserrées en vertu • de cette contraction , reviennent à leurs dimensions ordinaires dès que toute Inlluence vitale a entlè- ‘‘i; rement cessé; leur élasticité, qui reprend le dessus,
■ imaintient alors leurs parois écartées : c’est ce que d l’on voit surtout dans la mort par hémorrhagie.
3". De même, dans les expériences citées plus • haut, le resserrement s’évanouissoit après la mort, et celui qu’on oLtenoit en mettant en jeu l’élasti- ' cité par la distension des parois étoit beaucoup - moins marqué. Nul doute que la force qui fait ainsi - contracter les artères pendant la vie ne diffère de re! celle qui préside à la contraction du cœur, de l’in- ^ testin , etc. ; peut-être même a-t-on eu tort de lui lii( donner comme à celle-ci le nom à' irritabilité ; mais c, ( Celui de contractilité de tissu ne lui convient pas 1- davantage. Kramp a proposé d’en faire tine force !- particulièx-e qu’il appelle force vitale des artères.
Parry rapporte tous ses effets à la tonicité ou con- , tractilité organique insensible. Quelle que soit sa 5- nature, son intensité croît à mesure que les artères !' deviennent plus petites , ce que Sœmmering attri- - bue à la plus grande quantité de nerfs que reçoi- A'ent les dernières ; l’élasticité diminue dans la - même proportion.
Action des Artères dans la circulation^
Page 55a. « Ce n’est point la contraction des! n artères qui pousse le sang à leurs extréml-
» tés Chaque saccade du jet artériel devrait
» correspondre à chaque relâchement du ventri-^ }) cule; ce qui est le contraire. » j
Si les artères ne se contractolent pas sur le sang l’écoulement de ce fluide ne serolt pas continu,: mais intermittent; tandis qu’il est, pour ainsi dire, rémittent. Le jet d’une artère ouverte s’élève à chaque contraction du ventricule, parce que cette contraction augmente la vélocité de la circulation.! Il s’abaisse dans le relâchement , parce qu’il ne reste plus alors que l’action artérielle qui fasse couler le sang. Le jet devroit cesser entièrement à chaque; relâchement du ventricule, s’il il’étolt dû qu’à lai contraction de ce dernier. Il y a donc deux câuses dans le mouvement du sang. i“. Les artères, con-S tinueilemcnt pleines, tendent sans cesse, par leur élasticité et leur contractilité , à réagir sur ce fluide. > 2°. La contraction du coeur s’ajoute à celle-ci par intervalles, et donne au mouvement une nouvelle^ activité. Cette dernière cause est bien la plus impor^ tante , surtout dans les grosses artères , mais la pre~J mière n’en est pas moins réelle, ^