ATI SYSTÈME VASCULAIRE A SANG ROUGE
I Développement du Système vasculaire.
! Page 355. (f ... Les artères ne font que se dé- » A^elopper, ... le coeur ne les creuse point, comme V') l’a dit Haller, dans rintérieur de nos parties , par ï» la force de son impulsion — Cette manière meitj canique de concevoir leur formation est manifes- ;» ment contraire aux lois connues de l’économie )) animale. »
L’opinion de Haller est d’autant moins admisjsible , qu’il paroît y avoir des vaisseaux avant que le coeur n’existe. Le développement de ces vaisseaux, et en général de tout le système vasculaire, est un point encore obscur , mais néanmoins cuii’ieux. Malpighi, Haller, Wolff, et surtout dans 4 ces derniers temps M. Pander , l’ont suivi dans le T poul.et. Les premiers vaisseaux apparoissent dans la ■membrane du jaune, qui représente la vésicule ombilicale de l’homme et des animaux supérieurs. La veine de cette partie se montre avant tout le reste dusystème vasculaire. Ses ramifications commencent , par des petites cavités isolées, des espèces devésiicules , que réunissent plus tard des sillons. Ce sont d’abord de simples routes creusées dans la membrane du jaune, et remplies d’un fluide incolore ; le sang I y manifeste ensuite sa couleur , les parois de- 1 viennent plus distinctes , leur consistance se pror « nonce. Les rameaux , les branches , le tronc de la veine , se développent de la même manière. La I veine porte succède à celle de la vésicule, dont elle
seralile n’ètre alors qu’ime continuation. Peu après, cette veine se renlle à son exti’éinitë supérieure pour donner naissance au cœur. Celui-ci est alors demicirculaire, et formé en entier par le ventricule gauche. L’origine de l’aoi’te s’y joint ensuite, puii^ l’oreillette ; l’une et^ l’autre , d’abord assez distantes du Aœntrlcule , s’en raj>|3roclient peu à peu. Le rétrécissement cpil subsiste ainsi pendant cpielque temps entre ce dernier et l’oreillette, est le canal auriculaire. De l’aorte naissent successivement toutes les autres artères , à commencer par celle du jaune ou de la vésicule, que suivent de près les vaisseaux de la membrane allantoïde : le développement des artères est suivi de celui des veines correspondantes. D’un autre côté, le foie sé développe, et la veine porte , réunie à l’ombilicale,' vient à s’y distribuer prescpie en totalité ; la portion de cette veine qui se prolongeoit au-delà forme le canal veineux. Les cavités du cœur se complètent; une cloison partage l’oreillette en deux moitiés, qui communiquent encore par une large ouverture ; il s’élève de la partie supérieure du ventricule gauche » un petit tubercule , cpil , en se prolongeant A^ers la pointe du cœur , donne naissance au ventricule droit. A cette époque , la base du cœur , que forme le gauche seulement , établit une communication entre les deux ventricules , ce qui fait c[uc l’aorte semble naître de tous les deux ; l’artère pulmonaire n’est encore qu’indiquée par une bifurcation que présente l’aorte un peu au-dessus de son origine : les deux bx’anches qui résultent de cette bifurcation se réunissent de nouveau après un court
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trajet. Par le développement ultérieur du coeur, le lieu de leur séparation se trom e de plus en plus rapproché de cet organe ; les deux divisions finissent par se détacher entièrement, et l’artère pulmonaire devient un tronc isolé à son origine, formant comme une seconde racine à l’artère aorte. Elle se divise elle-même pour chaque poumon , et prend au-delà le nom de canal artériel.
En admettant que ces phénomènes, observés sur des ovipares , ont également lieu chez l’homme , comme quelques faits semblent l’indiquer, on volt , i“. que, dans le principe, les organes circulatoires sont beaucoup moins nombreux qu’ils ne le seront parla suite. Le coeur n’a qu’un ventricule, qu’une oreillette ; la veine porte est le seul tronc veineux, l’aorte la seule artère, etc. Le mouvement du sang doit donc être peu compliqué à cette époque : c’est aussi ce qu’on observe dans le poulet. Le sang, chez ce dernier, parcourt un trajet fort simple au commencement; c’est un cercle unique, représenté par la A^eine du jaune, la A-elne porte qui lui fait suite, le cœur, l’aorte et fartère du jaune. Ü faut y joindi’e plus tard lès vaisseaux ombilicaux, dont le développement suit de près celui des vaisseaux delaAœsicuie : cela donne un peu plus d’étendue à la circulation sans la compliquer beaucoup plus. 2.°. Dans une seconde période , au contraire , les organes circulatoires sont plus nombreux qu’après la naissance. Ainsi , le canal artériel , le canal veineux , les artères ombilicales , la Aœine du même nom , le trou de Botal, doivent-ils disparoître un jour. Cependant il reste des traces de la simplicité de la pre-*
inière époque : les oreillettes, qiiolqu’au nombre de deux , communiquent ensemble ; le trajet du sang est bien plus complexe, mais les deux circulations sont encore en partie confondues. Ce n’est qu’à cette seconde épocpe que la circulation commence à être bien connue chez l’homme.
jinatomie pathologique du système vascu~ laire à sang rouge (Pag. 373). ,
§ P’’. Altérations dans les formes extérieures.
Souvent les artères augmentent de volume , soit dans toute leur étemlue , soit dans un point isolé , ou même d’un côté seulement de leur circonférence. L’accroissement des artères dans toute leur longueur est une véritablè hypertrophie , qui survient quand les organes eux-mêmes sont le siège d’un excès de nutrition , rjuand ils éprouvent une irritation trèsvive et long-temps prolongée, et dans diverses circonstances indiquées plus haut {Voj. pag. 572). Après l’oblitération d’une artère , les branches collatérales ne croissent pas seulement en largeur , mais encore en longueur : aussi décrivent-elles des courbures qu’ elles n’olFroient pas auparavant. La dilatation partielle constitue une des variétés de l’anévrysme, l’anévrysme vrai des anciens. Cette affection n’est en eftet dans le principe qu’une simple dilatation circonscrite et sacciforme des trois tuniques artérielles, comme le prouvent une foule d’observations : rarement l’artère est-elle dilatée
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îmlformëment et dans toute sa circonférence ; lorsque cela a lieu , la maladie présente des différences assez tranchées pour que l’on doive , à l’exemple de Scarpa , la distinguer de l’anévrysme : ces deux genres de dilatation sont quelquefois réunis.
Le rétrécissement des artères est moins commun que leur dilatation. i“. On l’observe toutes les fois que le sang cesse de les traverser, ou qu’il les traverse en moindre quantité , ainsi que cela airive dans la gangrène , surtout dans cette variété connue sous le nom de gangrène sèche , dans certains cas d’atrophie, de paralysie, etc. 2°. On a encore rencontré, particulièrement sur les grosses artères, telles que l’aorte, la pulmonaire, des resserremens circonscrits dont la cause est assez difficile à déterminer. Dans le plus grand nombre des ms le tissu de l’artère étoit sain d’aiîieui’S ; quelquefois on l’a trouvé épaissi, lise joint souvent à cette altération quelque maladie organirue du cœur , ou même la rupture de cet organe. 5°. Diverses tumeurs, situées sur le trajet des artères , peuvent aussi , par la pression qu’ elles eîercent, en diminuer plus ou moins le calibre. Les tumeurs anévrysmales anciennes produisent cet effet sm' les artères quelles occupent et sur les branches quelles avoisinent et quelles compriment. Dans presque toutes ces circonstances, le rétrécissement des artères peut être porté jusqu’à l’oblitération.
Le mode de distribution des artères • subit des changemens importanS' quand un tronc principal est oblitéré dans une partie : il s’établit alors une ou plusieurs voles anastomotiques qui suppléent au
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tronc dans toute l’étendue de roLlitération , et qui portent le sang de la dernière branche fournie audessus de cette dernière dans la première foin-nie au-dessous. C’est ce qu’on voit dans la ligature, à la suite des plaies des artères , des anévrysmes, etc.
§ IL Allér citions dans V organisation.
La membrane interne est beaucoup plus que les autres susceptible d’inflammation. Tantôt cet état se développe primitivement dans cette membrane , tantôt il lui est transmis par divers organes : c’est ainsi cpie, dans les Inflammations aiguës de la poitrine ou de l’abdomen , il n’est pas sans exemple de trouver en même temps la membrane interne de l’aorte fortement enflammée ; dans les parties affectées elles-mêmes , les artères participent communément à l’inflammation des autres tissus. La rougeur cjui caractérise cette phiegmasic artérielle est ordinairement accompagnée de l’épaississement de la membrane et d’un épanchement de nature albumineuse , C|uelc|uefois fort abondant ; fréquemment aussi les vaisseaux de la membrane propre sont plus ou moins engorgés.
L’inflammation des altères est suivie de leur oblitération , cjuand la membrane interne enflammée vient à s’unir à elle-même. Cette adhésion dépend , comme la plupart des phénomènes de ce genre , de ce que le fluide épanché passe à l’état solide et forme une sorte de fausse membrane qui ensuite s’organise. C’est de cette manière qu’il faut concevoir comment , malgré la destruction des ar-
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tùres daiîs des ulcères souvent très-étendus, il ne se fait point d’hémorrhagie : rioliammation qui a précédé a d’abord oblitéré les vaisseaux. On ne trouve jamais de pus dans les artères; peut-être est-il enti’aîné par le sang à mesure qu’il se forme. Doit-on rapporter à un état d’induration ou d’inllaramation chronique plusieurs des maladies organiques des artères, cju’accompagnent une épaisseur et une consistance plus grandes de leur tissu ? Cette question ne sauroit être résolue.. Ce qu’il y a de certain , c’est que , comme complication ,. comme effet, ou comme cause, l’inflammation est souvent jointe à de semblables altérations. La gangrène ne succède jamais à F inflammation isolée de la membrane interne ; mais les artères sont souvent comprises dans des escarres : il arrive alors que le sang se coagule au-delà de la portion morte, de manière qu’il n’y a pas d’hémorrhagie à la chute de l’escarre, à moins que le vaisseau ne soit très-gros.
Le tissu cellulaire extérieur aux altères est sujet aux mêmes altérations que le reste du système cellulaire : l’inflammation peut l’engorgei', l’épaissir, l’ulcérer, la suppuration le détruire, etc. La tunique celluleuse proprement dite s’enflamme trèsrarement. Quand cela arrive et que l’inflammation se prolonge , il en résulte quelquefois cette sorte de fragilité dont il a été question à Fai’ticle du système cellulaire; fragilité que l’on a peut-être, au reste, beaucoup exagérée ici.
Cet état des artères , dont Bichat a parlé (p. 3 1 7 ) , et qui simule leur inflammation, parce qu’il consiste dans une rougeur plus ou moins étendue de
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leur membrane Interne, a été rencontré dans des cas où on ne pouvoit l’attribuer ni à la macération , ni à l’exposition à l’air, ni à la présence d’un caillot , ni au temps écoulé depuis la mort ( Voyez Hodgson, Maladies des Ai'tères). On Ignore donc si ce n’est pas, dans quelques circonstances, une véritable altération morbide. Suivant Franck , cette rougeur seroit constante et occuperoit toute l’étendue du système artériel dans une espèce de fièvre C[u’il a eu occasion d’observer.
Les solutions de continuité des artères diffèrent suivant qu’elles pénètrent dans la cavité du vaisseau, ou qu’elles n’intéressent qu’une partie de ses membranes.
Le premier cas, qui est le plus ordinaire, a été très-bien observé sur les chiens par le docteur Jones. J’ai fait aussi quelques expériences à ce sujet. Voici ce qui arrive quand on ouvre une artère sur un animal vivant.
1°. Si c’est par une simple piqûre , avec la pointe d’une aiguille, par exemple, il s’écoule un peu de sang, un caillot se forme dans la gaine celluleuse , et arrête l’hémorrhagie. Plus tard ce caillot disparoît, les bords de l’oiwerture s’enflamment, leur adhésion s’établit. La cicatrice se confond à la longue avec le tissu artériel, et la petite plaie ne laisse point de traces. La cavité de l’artère est conservée.
2.°. Quand la plaie a une certaine étendue , l’issue est différente selon l’état de la gaine celluleuse , la direction, la largeur de l’ouverture. Si la gaine a été détruite, l’hémorrhagie persiste dans tous les cas; et, quoique suspendue momentanément par