‹ Adélaïde Labille-GuiardChapitre 17 sur 24 · LETTRE DU COMTE D'ANGIVILLER A LENOIR · texte numérisé non relu

LETTRE DU COMTE D'ANGIVILLER A LENOIR

LIEUTENA^JT DE POLICE

Versailles, 23 septembre 1783.

Je viens, Monsieur, d'être informé par les plaintes des personnes intéressées qu'il se débite des couplets gravés oîi, sous prétexte du Sallon, on attaque d'une manière odieuse Mme Guiard, M^e Goster et M™e Lebrun, et surtout la première. Quoique je voye avec peine les critiques injustes que l'ignorance hasarde sur les ouvrages des artistes, l'impossibilité de les arrêter sans une inquisition trop rigoureuse pour nos mœurs me les fait tolérer ; mais il n'est pas ici question de cri'iques d'ouvrages ; ces couplets attaquent les mœurs de ces artistes et sont vrayment diffamatoires, ce qui m'engage à m'adresser à vous pour en arrêter rigoureusement et le plus tôt possible le débit au dehors des Maisons Royales et même pour punir, s'il y en a moyen, l'auteur; à quoi l'on parviendra peut-être en arrêtant un des débitans qui déclarera sans doute le graveur, par le moyen du quel on pourra connoître l'auteur.

Je vous aurai, Monsieur, une véritable obligation d'en imposer par ces ordres et ces perquisitions à des gens assés méchans pour se livrer à des e.xcès pareils. Je viens d'en écrire à M. Clos relativement à l'intérieur du Louvre et des Maisons Royales, et je le prie de se concerter s'il est besoin avec vous pour arrêter et punir ces e.\cès.

J'ai l'honneur d'être, avec un parfait attachement. Monsieur, votre, etc..

d'Angiviller '.

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