SCÈNE III MONSIEUR, PAUL
PAUL
Bonjour, père. (Posant desjournau.Y sur le bureau.) TicnS, VOilà les journaux, (il s'assied et se met h lire.)
MONSIEUR, sans lever la lète.
Bonjour... (Après un temps, à part, regardant Paul.) TicUS,
tiens... (Haut.) Je ne suis pas fâché de te voir... Je n'ai pas de compliments à te faire...
PAUL, surpris.
Parce que?
MONSIEUR Parce que... (Il se lève, prond sa chaise et vient s'asseoir en face
de Paul.) Tu sais, n'est-ce pas?... Tu me rendras cette justice que je t'ai toujours traité plutôt en camarade. Nous avons toujours fait bon ménage et je n'ai jamais, autant que je me le rappelle, été pour toi d'une sévérité...
PAUL
Toi ? Tu es le meilleur des pères !
MONSIEUR
J'aurais donc quelque droit de demander que tu sois le meilleur des fils.
PAUL
Voilà une déduction qui n'est pas absolument logique.
MONSIEUR
Soit. Nous ne faisons pas de logique.
PAUL
J'ai beau m'interroger, je ne vois pas ce que tu as à me reprocher.
MONSIEUR
J'ai à te dire ceci : Je comprends qu'un garçon de vingt ans n'est pas sans avoir besoin... à de certains moments... lorsque... Mais, enfin, nom d'un chien, il y a des femmes à Paris! Je n'admets pas... je n'admettrai jamais qu'un fils soit assez peu respectueux... ait assez peu de dignité pour prendre... dans la maison même de ses parents.
PAUL
Hein!
MONSIEUR
Ta conduite est abominable.
PAUL
Mais où veux-tu en venir?
MONSIEUR
Allons. Tu ne vas pas me dire que tu ignores.
PAUL
Quoi?
MONSIEUR
Adèle :
PAUL
Qu'est-ce qu'elle a, Adèle?
MONSIEUR
Elle est grosse.
PAUL
MONSIEUR
Oui.
Eb bien! qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?
MONSIEUR
J'aurais voulu que lu ne lui fasses rien.
PAUL
Mais je ne lui ai rien fait. Comment, tu crois que moi.
Ah ! non, tu en as de bonnes! Adèle! Tu ne l'as donc pas regardée. Ce souillon mal peigné!
MONSIEUR
Souillon... souillon... Elle n'est pas si souillon que ra.
PAUL
Tu la trouves peut-être bien ?
MONSIEUR
Je ne dis pas cela.
l'ALL
lleureusemenl. Ettuas pu supposer?... (Riant.) Voyons... voyons... père... tu ne voudrais pas.
MONSIEUR
Cependant...
PAUL, l'interrompant.
Cependant... Veux-tu que je te dise? Eh bien, je te vois venir avec tes gros sabots.
Tu me vois venir.
PAUL
Faut pas te gêner, tu sais... Et c'est tout ce que tu as trouvé. Une procuration forcée? Tu me mets sur le dos, à moi...
MONSIEUR
Je te mets.
PAUL
Parfaitement. Tu me crois donc aveugle. Je ne t'ai peutêtre jamais vu...
MONSIEUR
Tu m'as vu?
PAUL
Tourner autour des fourneaux.
MONSIEUR
Moi?
PAUL
Ne nous fâchons pas. Au fond, tout cela ne me regarde pas. Tu es absolument libre, et ce n'est pas moi, ton fils, qui vais me permettre... Seulement garde tes trophées, et si tu fus à la peine ne te dérobe pas à l'honneur.
C'est sérieux ce que lu dis là? t\
PAUL
Très sérieux. Certes, ma situation de fils unique autoriserait des remontrances. Je t'en fais grâce! Mais ne me fais pas endosser les traites que tu tires.
MONSIEUR
Ainsi tu nies.
PAUL
Est-ce bien toi qui le demandes?
MONSIEUR
Alors, nous retombons dans le gâchis! Quelle situation! Que va-t-il advenir? Que faire? iii va sonner, puis rodoscond
lentrniont.i