‹ Adèle est grosse; comédie en un acteChapitre 3 sur 15 · SCÈNE III MONSIEUR, PAUL · texte numérisé non relu

SCÈNE III MONSIEUR, PAUL

PAUL

Bonjour, père. (Posant desjournau.Y sur le bureau.) TicnS, VOilà les journaux, (il s'assied et se met h lire.)

MONSIEUR, sans lever la lète.

Bonjour... (Après un temps, à part, regardant Paul.) TicUS,

tiens... (Haut.) Je ne suis pas fâché de te voir... Je n'ai pas de compliments à te faire...

PAUL, surpris.

Parce que?

MONSIEUR Parce que... (Il se lève, prond sa chaise et vient s'asseoir en face

de Paul.) Tu sais, n'est-ce pas?... Tu me rendras cette justice que je t'ai toujours traité plutôt en camarade. Nous avons toujours fait bon ménage et je n'ai jamais, autant que je me le rappelle, été pour toi d'une sévérité...

PAUL

Toi ? Tu es le meilleur des pères !

MONSIEUR

J'aurais donc quelque droit de demander que tu sois le meilleur des fils.

PAUL

Voilà une déduction qui n'est pas absolument logique.

MONSIEUR

Soit. Nous ne faisons pas de logique.

PAUL

J'ai beau m'interroger, je ne vois pas ce que tu as à me reprocher.

MONSIEUR

J'ai à te dire ceci : Je comprends qu'un garçon de vingt ans n'est pas sans avoir besoin... à de certains moments... lorsque... Mais, enfin, nom d'un chien, il y a des femmes à Paris! Je n'admets pas... je n'admettrai jamais qu'un fils soit assez peu respectueux... ait assez peu de dignité pour prendre... dans la maison même de ses parents.

PAUL

Hein!

MONSIEUR

Ta conduite est abominable.

PAUL

Mais où veux-tu en venir?

MONSIEUR

Allons. Tu ne vas pas me dire que tu ignores.

PAUL

Quoi?

MONSIEUR

Adèle :

PAUL

Qu'est-ce qu'elle a, Adèle?

MONSIEUR

Elle est grosse.

PAUL

MONSIEUR

Oui.

Eb bien! qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?

MONSIEUR

J'aurais voulu que lu ne lui fasses rien.

PAUL

Mais je ne lui ai rien fait. Comment, tu crois que moi.

Ah ! non, tu en as de bonnes! Adèle! Tu ne l'as donc pas regardée. Ce souillon mal peigné!

MONSIEUR

Souillon... souillon... Elle n'est pas si souillon que ra.

PAUL

Tu la trouves peut-être bien ?

MONSIEUR

Je ne dis pas cela.

l'ALL

lleureusemenl. Ettuas pu supposer?... (Riant.) Voyons... voyons... père... tu ne voudrais pas.

MONSIEUR

Cependant...

PAUL, l'interrompant.

Cependant... Veux-tu que je te dise? Eh bien, je te vois venir avec tes gros sabots.

Tu me vois venir.

PAUL

Faut pas te gêner, tu sais... Et c'est tout ce que tu as trouvé. Une procuration forcée? Tu me mets sur le dos, à moi...

MONSIEUR

Je te mets.

PAUL

Parfaitement. Tu me crois donc aveugle. Je ne t'ai peutêtre jamais vu...

MONSIEUR

Tu m'as vu?

PAUL

Tourner autour des fourneaux.

MONSIEUR

Moi?

PAUL

Ne nous fâchons pas. Au fond, tout cela ne me regarde pas. Tu es absolument libre, et ce n'est pas moi, ton fils, qui vais me permettre... Seulement garde tes trophées, et si tu fus à la peine ne te dérobe pas à l'honneur.

C'est sérieux ce que lu dis là? t\

PAUL

Très sérieux. Certes, ma situation de fils unique autoriserait des remontrances. Je t'en fais grâce! Mais ne me fais pas endosser les traites que tu tires.

MONSIEUR

Ainsi tu nies.

PAUL

Est-ce bien toi qui le demandes?

MONSIEUR

Alors, nous retombons dans le gâchis! Quelle situation! Que va-t-il advenir? Que faire? iii va sonner, puis rodoscond

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