MONSIEUR, PAUL
l'Al'L, dés (pi'Adélc est sortie.
Mais enfin, (pud est le cociion'
MONSIEUR, se retournant, froisse.
Paul !
PAUL
Comment? Mais alors... tu ?
MONSIKUH, avec un j^este nnvro.
Je. . . Il s'assied.)
l'AUL
Je te félicite.
MONSIEUR
Oh ! ne raille pas. Ma situation est abominable.
PAUL
N'exagère rien.
MONSIEUR
Je n'exagère pas.
Est-ce qu'Adèle t'accuse? Non. Eh bien, alors'? Tu n'es pas obligé d'aller crier la chose sur les toits. Prends tes mesures.
MONSIEUR
Trop tard. Ta mère s'en est aperçu!
PAUL
Maman. Tu lui diras que ce n'est pas toi.
MONSIEUR, se levant.
Elle ne m'éçoutera pas. Tu ne connais pas ta mère, mon pauvnî enfant!
PAUL Permets. x
MONSIEUR
Oh! je ne veux pas nier ses qualités. Elle est femme de tète, honnête, active... quoiqu'un peu hrusque...
PAUL
Elle ne nous rend malheureux ni l'un ni l'autre.
MONSIEUR
Elle est pour toi une mère modèle. Elle est aussi une épouse correcte. Seulement...
PAUL
Seulement?
Elle est d'une jalousie féroce.
PAUL
Voilà.
MONSIEUR
C'est heaucoup plus grave que tu ne crois. Il y a huit ans... Tu étais au collège et tu n'as jamais su... d'ani l'arrête du geste.) Si, il faut que tu saches, (lin temps.) La honne que nous avions alors s'appelait Justine... Elle était assez gentille, et... ma foi... Bref, ta mère nous surprit un jour et... dans des conditions telles que toute négation était superllui;... J'ai cru d'abord qu'elle allait nous tuer... Puis ce fut uni^ crise effroyable et... le lendemain... l'irréparable s'accomplit... j»' j»artis.
i>Ari, Mon pauvre papn. Mais elle a pardonné.
MONsnirR
Oui. Six semaines après. A causf» de loi, surtout. Je réintégrai le domicile conjugal. Je jurai que jamais plus... Ta mère, de son côté, stipula que la première récidive entraînerait une rupture définitive, irrévocable cette fois.
l'AUL
Oui... oui...
MOXSIRIU
Et voilà qu'aujourd'hui Adèle est grosse! Comprends tu"? Adèle pourra dire tout ce qu'elle voudra! Je pourrai nier, m'indigncr! Ta mère n'entendra rien. C'est moi ! c'est moi ! Ce ne peut être que moi ! (il tombe sur le cunapo,
accablé.)
Oui... j'y suis. Tu avais songé que si Paul pouvait avoir... lui aussi...
MONsu;rii Dam... ce serait plus de ton âge, et ta mère...
l'Ail.
Assurément. Si j'avoue, toi tu es hors de cause, et moi, je me débrouille.
M()Nsii:i:u C'éiait une idée, une simple idée.
PAUL
C'était une bonne idée ! Et tu as bien fait de compter sur moi.
MONSIEIU
Comment !
PAUL
Calme-toi. 11 faut, avant tout, détourner l'orage, tu
as raison... D'abord, Adèle, (il va vivement sonner et redescend.)
Nous verrons bien ensuite à nous tirer de là !