‹ Adèle est grosse; comédie en un acteChapitre 5 sur 15 · MONSIEUR, PAUL · texte numérisé non relu

MONSIEUR, PAUL

l'Al'L, dés (pi'Adélc est sortie.

Mais enfin, (pud est le cociion'

MONSIEUR, se retournant, froisse.

Paul !

PAUL

Comment? Mais alors... tu ?

MONSIKUH, avec un j^este nnvro.

Je. . . Il s'assied.)

l'AUL

Je te félicite.

MONSIEUR

Oh ! ne raille pas. Ma situation est abominable.

PAUL

N'exagère rien.

MONSIEUR

Je n'exagère pas.

Est-ce qu'Adèle t'accuse? Non. Eh bien, alors'? Tu n'es pas obligé d'aller crier la chose sur les toits. Prends tes mesures.

MONSIEUR

Trop tard. Ta mère s'en est aperçu!

PAUL

Maman. Tu lui diras que ce n'est pas toi.

MONSIEUR, se levant.

Elle ne m'éçoutera pas. Tu ne connais pas ta mère, mon pauvnî enfant!

PAUL Permets. x

MONSIEUR

Oh! je ne veux pas nier ses qualités. Elle est femme de tète, honnête, active... quoiqu'un peu hrusque...

PAUL

Elle ne nous rend malheureux ni l'un ni l'autre.

MONSIEUR

Elle est pour toi une mère modèle. Elle est aussi une épouse correcte. Seulement...

PAUL

Seulement?

Elle est d'une jalousie féroce.

PAUL

Voilà.

MONSIEUR

C'est heaucoup plus grave que tu ne crois. Il y a huit ans... Tu étais au collège et tu n'as jamais su... d'ani l'arrête du geste.) Si, il faut que tu saches, (lin temps.) La honne que nous avions alors s'appelait Justine... Elle était assez gentille, et... ma foi... Bref, ta mère nous surprit un jour et... dans des conditions telles que toute négation était superllui;... J'ai cru d'abord qu'elle allait nous tuer... Puis ce fut uni^ crise effroyable et... le lendemain... l'irréparable s'accomplit... j»' j»artis.

i>Ari, Mon pauvre papn. Mais elle a pardonné.

MONsnirR

Oui. Six semaines après. A causf» de loi, surtout. Je réintégrai le domicile conjugal. Je jurai que jamais plus... Ta mère, de son côté, stipula que la première récidive entraînerait une rupture définitive, irrévocable cette fois.

l'AUL

Oui... oui...

MOXSIRIU

Et voilà qu'aujourd'hui Adèle est grosse! Comprends tu"? Adèle pourra dire tout ce qu'elle voudra! Je pourrai nier, m'indigncr! Ta mère n'entendra rien. C'est moi ! c'est moi ! Ce ne peut être que moi ! (il tombe sur le cunapo,

accablé.)

Oui... j'y suis. Tu avais songé que si Paul pouvait avoir... lui aussi...

MONsu;rii Dam... ce serait plus de ton âge, et ta mère...

l'Ail.

Assurément. Si j'avoue, toi tu es hors de cause, et moi, je me débrouille.

M()Nsii:i:u C'éiait une idée, une simple idée.

PAUL

C'était une bonne idée ! Et tu as bien fait de compter sur moi.

MONSIEIU

Comment !

PAUL

Calme-toi. 11 faut, avant tout, détourner l'orage, tu

as raison... D'abord, Adèle, (il va vivement sonner et redescend.)

Nous verrons bien ensuite à nous tirer de là !

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