CONCLUSIONS
1°11 existe une forme atypique dela tuberculose expérimentale du cobaye caractérisée par la production de réactions exclusivement ganglionñaires, pouvant aller de la simple hypertrophie à la formation de véritables abeès.
20 Ces lésions sont le plus souvent compatibles avec.la survie des animaux inoculés; parfois elles amènent :la mort en quelques mois, mais jamais on n’observe de lésions viscérales à l’autopsie.
30 La nature tuberculeuse de ces lésions, mises à part les réactions inconstantes à la tuberculine, est affirmée par la présence dans ces ganglions de bacilles acido et alcoolo-résistants. Ceux-ci en nombre parfois cansidérable, peuvent n’exister qu'à l’état d'unités isolées, et il faut dans certains cas plusieurs heures de recherches pour les dépister. Les examens les plus prolongés et les plus minutieux peuvent même ne pas montrer de bacille acido et alcoolo résistant, alors cependant que les réinoculations en série permettent d'affirmer la nature tuberculeuse de ces adénites. Dans aucun cas nous n’avons pu cultiver ces bacilles.
40 La réinoculation de cobaye à cobaye permet dans bien des cas d'affirmer la nature tuberculeuse des lésions précédentes, soit que l’on reproduise uniquement des lésions ganglionnaires, soit que l’on voit apparaître une
tuberculose viscérale type Villemin. Plus rarement les animaux réinoculés peuvent succomber dans des délais trop brefs pour que se constituent des lésions appréciables.
5° Les passages successifs de cobaye à cobaye peuvent: tantôt diminuer le pouvoir pathogène du virus inoculé, au point qu'après 4 ou 5 passages les cobayes restent insensibles à l’inoculation des ganglions des groupes précédents — tantôt au contraire l’exhalter, si bien qu'après un certain nombre de passages on reproduit la tuberculose viscérale type Villemin. Ces deux modes évolutifs (atténuation ou exhaltation) peuvent se voir indifféremment, quel que soit le nombre de bacilles contenus dans les ganglions des cobayes de premier passage. L’inoculation d’adénites richement bacillifères peut ne donner lieu qu’à des lésions curables purement ganglionnaires ; inversemen des lésions apparemment abacillaires peuvent produire une tuberculose viscérale rapidement mortelle.
60 La date optima à laquelle on doit sacrifier les animaux pour déceler avec le maximum de chances de succès ke bacille tuberculeux dans ces ganglions est aux environs de la 5° semaine qui suit l’inoculation. Plus l'animal survit, plus il est difficile de le dépister — des animaux porteurs de lésions ganglionnaires qu’une biopsie a montrés riches en bacilles tuberculeux pouvant ultérieurement guérir et dans des délais éloignés (un an à dix-huit mois) ne présentent plus aucun signe de réaction pathologique.
La notion de tuberculoses ganglionnaires curables, unique manifestation de la tuberculose du cobaye, présente un grand intérêt pour le diagnostic de la tuberculose humaine. Nous avons ainsi observé plusieurs cas de suppuration osseuse ou articulaire, de pleurésie séro-
fibrineuses, de liquides méningés, ascitiques ou articulaires, de crachats abacillaires, d'états septicémiques… dont l’origine tuberculeuse était décelée à l'exclusion de toute autre méthode par la production de ces lésions ganglionnaires curables. Il convient donc lorsqu'on inocule un produit pathologique suspect, d’injecter ce produit à plusieurs cobayes et d’en sacrifier un après six semaines, un autre après trois mois... et de rechercher chez eux l’hypertrophie de différents groupes ganglionnaires où l’on pourra parfois déceler le bacille tuberculeux.
8 Ilest difficile de donner une interprétation des faits observés. Il convient cependant de noter que les lésions ganglionnaires que nous avons décrites sont très voisines de celles obtenues par inoculation de filtrats tuberculeux. De plus la production au cours des passages successifs de cobaye à cobaye, de lésions curables purement ganglion-
maires par inoculation de pus richement bacillifères préle-
vés chez les cobayes des générations précédentes, montre qu'il existe des bacilles tuberculeux de virulence atténuée.
Vu : le Président de la thèse, BEZANÇON.
Vu, le Doyen,