HISTORIQUE
Les rapports existant entre les infections qui se développent dans le tissu lymphoïde du naso-pharynx d’une part, et dans celui du tube gastro-intestinal, d'autre part, ont déjà été signalés.
C'est ainsi que Chassaignac, dans ses leçons cliniques qu il fit à l'hôpital Lariboisière, en 1854, attire l'attention de ses élèves sur « l'état dyspeptique qu'il avait parfois rencontré chez certains malades ayant des sécrétions pathologiques du pharynx. »
Plus tard, en 1888, dans sa thèse, Balme signale « de la gastralgie avec ou sans dilatation d’estomac chez des adultes atteints d’hypertrophie amygdalienne ». Louis Fischer, en 1891, dans le Médical Record, déclare qu'il a observé, sur lui-même, des troubles dyspeptiques au cours d’une affection catarrhale rhino-pharyngée et il pense que ces deux états inflammatoires : concomitants peuvent très bien être sous la dépendance l’un de l’autre.
En 1896, Alfred Deglaire publie une observation d’un malade souffrant d’une gastralgie tenace, accompagnée de fréquents vomissements. Aucune médication gastrique n'avait, jusqu'à ce jour, ap-
porté d'amélioration à l’état déjà inquiétant du malade. Il eut alors l’idée d’examiner le naso-pharynx où il trouva de notables lésions catarrhales. Après un traitement relativement court, il vit les symptômes gastriques s’amender et bientôt la guérison survenir.
Gastou, dans la thèse de Audart, soutenue à Paris, en 1898, appelle l'attention sur des cas d’anorexie, de vomissements et de diarrhée survenus par suite d’ingestion d’exsudats pharyngiens purulents. Dans son « Traité des maladies de l'enfance », Lermoyez signale bien cette étiologie et ajoute que l'on pense rarement à rapporter aussi haut la cause de ces troubles intestinaux.
Depuis, Triboulet, au sujet de l’étiologie de l'entéro-colite muco-membraneuse chez les enfants, a publié des observations dans lesquelles il rend responsables de l'affection intestinale des poussées d'adénoïdite contemporaine.
Aviragnet, en 1900, consacra tout un mémoire à la question, La même année, Attias, reprend ses idées et en fait un excellent exposé dans sa thèse de Paris.
Ensuite, en divers journaux médicaux, il retraite le même sujet, le tirant ainsi de l'ombre où il était resté jusqu'alors.
Depuis, Landolt, à Paris, en rgo1 et Aton, à Montpellier, en 1903, ont confirmé, dans leurs thèses, l'existence de troubles gastro-intestinaux con-
séculifs aux affections chroniques du rhino-pharynx. |
Quant aux poussées d’appendicite sécondaires aux inflammations du cavum, elles ont été signa- “lées par Legendre, en 18g1. |
« 11 est possible, dit-il, que sous l'influence d'irritations locales, telles que les substances chimiques, résultant de mauvaises digestions gastro-intestinales ou de pullulations microbiennes, le tissu lymphoïde de la région typhlo-appendiculaire subisse périodiquement des poussées congestives inflammatoires ou scléreuses ainsi que cela se passe du côté du tissu lymphoïde de l'appareil amygdalopharyngien chez les sujets adénoïdiens ».
Egalement en 1891, à Londres, le docteur Row-
land Humphreys, signale un cas de péri-typhlite comme complication d'une amygdalite.
En 1893, le docteur Kélymiak, de Londres, et depuis Brazil, Apolant, Andriaux, Samenburg, ont rapporté de nouvelles observations.
Au cours de l’année 1902 un médecin de la marine allemande, le docteur H. Weber, publia, aveé dé nombreuses annotations, trois nouveaux cas d’appéndicite au cours d'une angine. Il donné ces obsérvations comme émanant de la clinique médicale de Breslau.
Le D’ Krètz, professeur de l'hôpital François-Joseph, à Vienne, relate, peu de temps après, deux cas du même genre, fort démonstratifs. =— Lejars,
en 1904, parle d’uné jeuñe malade du service de.
Jeanselme, ayant une angine et qui présentait des poussées d’appendicite aussitôt que s'élevait sa fièvre amygdalienne.
En 1904, également, Delacour publie une étude importante sur le « Syndrôme adénoïdien ». Il signale la fréquence de l'ozène, des végélations adénoïdes et de l'appendicite chronique contemporains. Puis il étudie l’étiologie de ces affections el y voil la conséquence des mêmes troubles trophiques du tissu Iymphoïde.
L'année suivante, Groc, dans sa remarquable thèse de Lyon, reprend ces idées en les commentant et en élargissant le cadre de la question. « Les cas sont nombreux, dit-il, dans la littérature médicale, d’appendicite consécutive aux angines, mais il n’est, dans aucun, fait mention de l’état des muqueuses rhino-pharyngiennes. Nous ‘croyons que cette localisation abdominale succède rarement à une première atteinte mais presque toujours à une poussée aiguë se greffant sur une inflammation chronique, c’est-à-dire sur un terrain adénoïdien ».
En 1906, Roux et Josserand (de Cannes) dans le Bulletin de la Société de Pédiatrie, publient un court résumé de leur travail sur « Les Relations des entérocolites avec les adénoïdites, chez les enfants ».
La même année, Guinon, dans le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux, consacre un article sur les « Entérites et appendicites chez l'enfant ». Puis il y revient dans le Bulletin de la Société de Pé-
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diatrie, où il parle également des relations des entéro-colites avec les adénoïdites chez les enfants.
Toujours la même année, en 1906, Comby publie un fort intéressant article dans le Bulletin de la Société Médicale des Hôpitaux, relatif aux entériles et appendicites chez les enfants.
Cet auteur, avec de nombreuses observations à l'appui, conclut : « Nous voyons souvent chez l'enfant, les entéro-colites et appendicites être précédées de rhino-pharyngites et adénoïdites, qui semblent marquer une première étape de l'infection intestinale et appendiculaire. »
Enfin, en 1907, dans « La Médecine Infantile », Terrien, publie un article sur « Les relations étioloviques de l’adénoïdite, de l’entéro-colite et de l’appendicite chez l'enfant. »
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