‹ Adénopathie tuberculeuse à marche rapide chez l'adulte: Observations anatomo-cliniques ses relations avec la lymphadénie tuberculeuseChapitre 3 sur 11 · OBSERVATION I (INÉDITE · texte numérisé non relu

OBSERVATION I (INÉDITE

Communiquée par Monsieur A. Dumas.

Marthe R. ., 21 ans. Envoyée pour syndrome typhique dans le service, entrée le 11 septembre 1919. A. P. Bonne santé habituelle.

Depuis avril la malade présente des symptômes d'anémie : pâleur, essoufflement, céphalée, bouffées de chaleur, règles peu abondantes et irrégulières. Pas de rhumes qui aient retenu son attention.

L'affection actuelle a débuté il y a 3 semaines d'une façon insidieuse par de la céphalée, de la température, de l’anorexie et de la diarrhée ; elle s’est mise au lit il y a 18 jours.

A l'examen. — Malade un peu pâle, d’un roux ardent, langue saburra'e un peu sèche. Rien à la gorge. Abdomen d'aspect normal. Un peu de douleur dans la fosse iliaque droite, pas de gargouillemnents. Taches rosées lenticulaires surtout abondantes dans le dos.

La rate paraît grosse à la percussion. Il semble que son pôle inférieur est senti également à la palpation.

Au cœur. — Pointe dans le IV* espace sur la ligne mamelonnaire, bruits normaux rapides, pas de souffles. Pouls à 130 régulier.

Au poumon submatité du sommet gauche très nette en avant. En arrière à gauche submatité, rudesse inspiratoire, souffle expiratoire. La malade tousse un peu.

Pas d’albumine, pas d'œdème des jambes. Adénite susclaviculaire, bilatérale volumineuse.

De

Le 13 octobre. — L'examen du sang ne montre pas d'hyper-

leucocytose, pas de modifications de la formule leucocytaire.

Le 23 octobre. — La température se maintient toujours entre 39° et 400 depuis son arrivée, en plateau continu. La malade

tousse beaucoup.

Le 4 novembre. — A la base droite matité qui sans être absolue est plus que de la submatité. Pas d'abolition des vibrations, obscurité respiratoire sans souffle, sans frottements, sans râles. Cette matité tourne dans l'aisselle, pas de skodisme sous la clavicule.

Ponction exploratrice positive : liquide citrin qui semble disposé en couche mince, on en retire 150 grammes et l’on est obligé de faire une aspiration un peu forte. Les mêmes signes persistent après la ponction : quelques râles discrets dans la fosse sus-épineuse gauche, en avant sous les deux clavicules mais surtout à gauche où persis'e la matité; bruits respiratoires perçus aux deux temps sous forme de sibilants et râles muqueux ressemblant à des froltements, se modifiant peu à la toux.

Foie gras et douloureux. Le bord tranchant n’est pas senti, on a seulement de la résistance et de la matité. La rate n’est pas sentie à la palpation, elle donne une zone mate de 4 travers de doigt à la percussion.

Gros disque d'albumine, léger œdème dur mais dépressible des malléoles. Pas d'adénite de l’aine. Les ganglions cervicaux précédemnient notés ne sont pas modifiés.

En somme, jeune femme de 21 ans présentant une poussée de tuberculose à forme ganglionnaire et séreuse (épanchement droit), fièvre continue avec type inverse très net, Albuminurie.

Le 20 novembre. — À gauche en avant où on avait cru autrefois entendre des bruits et même des craquements on a une

respiration moins marquée qu'à la base sans bruits surajoutés.

Même chose en arrière dans les fosses sus-épineuses.

al

Pouls 140, régulier. Cœur pointe dans le 4° espace, rythme pendulaire très rapide. Grosse albuminurie.

En somme, épanchement de la base droite, intégrité remarquable du parenchyme pulmonaire au-dessus de l'épanchement, gros œdème blanc des membres inférieurs, tachycardie.

Le 22 novembre. — Ponction de la plèvre droite qui ramène 3/4 de litre de liquide citrin clair, léger culot à la centrifugation avec mononucléose A la base du cœur au niveau du 2° espace intercostal gauche on entend un frottement systolique et diastolique rythmé sur les bruits du cœur, non modifié par la respiration et qui disparaît à la pointe. On pense à une péricardite. .

Le 27 novembre. — La dyspnée a reparu après la ponction, le niveau de la matité atteint presque la pointe de l’omoplate, au-dessus comme sous la clavicule droite, craquements à la fin de l'inspiration, skodisme, souffle pleurétique en arrière. Nouvelle ponction qui ramène un liquide citrin légèrement hémorragique. L’œdème remonte jusqu'aux hypocondres.

Le 29 novembre. — La pointe du cœur ne peut être localisée à la palpation les bruits sont sourds et lointains, les frottements se perçoivent toujours au ?° espace. La matité cardiaque est augmentée détendue. En haut elle remonte jusqu’au 2e espace, en dehors elle dépasse de trois travers de doigt la ligne mamelonnaire, elle se confond en dedans derrière le sternum avec la matité hépatique.

Au poumon en avant, skodisme sous la clavicule droite, craquements fins à l'inspiration, en arrière matité, et au-dessus . d’elle un léger souffle. Le foie n'est pas senti à travers la paroi très œdématiée. Urines abondantes très albumineuses.

L'examen des crachats faits par le laboratoire ont été ? fois négatifs.

Aultopsie. — Un peu de liquide dans l'abdomen. Symphyse pleurale à gauche. Adhérences pleurales à droite avec liquide

LUN, Ce

{2 litre environ). Cœur dilaté. Périsplénite, périhépatite et adhérences pleurales diaphragmatiques. Masse ganglionnaire médiastinale, qui entoure l'aorte sans la comprimer.

Au cœur. — Liquide hémorragique dans le péricarde, environ 250 grs ; péricardite végétante avec poche postérieure contenant le liquide, exsudats surtout abondants à la partie antérieure du péricarde viscéral.

Poumon gauche. — Peti'es tâches jaunâtres formées au dépens de la plèvre viscérale principalement sur la face antérieure, quelques nodules plus consistants facilement énucléables faisant saillie sous la plèvre. Nombreux ganglions caséeux au niveau de la bronche gauche, pénétrant dans le poumon en suivant les bifurcations bronchiques, et en restant toujours indépendantes du parenchyme qui autour d'eux reste sain. Au sommet grosses granulations, très nombreuses, en grain de plomb, uniformément réparties non confluentes et sans aucune tendance à l’évolution ulcéro-caséeuse.

Poumon droit. — Même orientation hilaire des tubercules ganglionvaires, le poumon dans son ensemble est congestionné ne présentant que de rares granulations à son sommet, sans aucune trace d'évolution ulcéro-caséeuse.

Rate. — Ferme, volumineuse, quelques rares tubercules miliaires, poids : 360 grs.

Foie. — Légèrement muscade, non volumineux, poids : 2 k. 400, surrénales, rien à noter.

Reins. — 160, 170.

OBSERVATION Il (M. Dumas, Lyon-Médical)

Yriméa, en Orient depuis 10 mois, envoyé à l'hôpital le 18 avril pour bronchite des sommels, fièvre, a succombé le 24 juillet. Chez lui les lésions pulmonaires ont eu le temps d'évoluer. Les dernières semaines il présentait des bacilles de

Koch dans ses crachats.

Radioscopie. — Au début, elle ne montrait qu'une opacité

Dan 5 Le.

hilaire très étendue et des sommets s'éclairant mal. Mais peu à peu on vit s'établir des pommelures surtout marquées au sommet gauche. Le malade succomba en état d'hecticité.

Autopsie pratiquée le 24 juillet.

Poumon gauche. — Petits tubercules (non caséifiés) disséminés dans tout le lobe supérieur, à l'extrême sommet, petite cavernule de Ja grosseur d'une petite noix. Ganglions anthracosiques le long des bronches.

Poumon droit. — Ganglions bronchiques volumineux. Le côté supérieur est infiltré de tubercules et de granulations.

Péricarde et cœur normaux.

Médiastin. — Comblé d'énormes masses ganglionnaires caséeuses moulées, entre la trachée et les vaisseaux qui ne paraissent pas comprimés. Masse ganglionnaire ayant formé un véritable abcès froid derrière la clavicule gauche.

Foie. Quelques granulations.

Rate bourrée de petits tubercules presque confluents.

Péritoine. Quelques ganglions mésentériques caséifiés.

OBSERVATION III (M. Dumas, Lyon-Médical)

Djadi-Bergou. Tirailleur Sénégalais. Entre le 29 avril 1918

Examen clinique. — Mauvais état général, bronchite diffuse prédominant au poumon gauche, râles muqueux variables des sommets.

Expectoration abondante, mucoséreuse, mélangée de salive, plus tard légèrement teintée de rouge, uniformément et de façon transitoire : pas de bacilles de Koch.

Radioscopie. — Elle nous montre en mème temps que des sommets clairs “ne ombre médiastine très marquée avec ramifications hilaires, surtout prononcée à gauche. De ce côté ces travées obscures s'étendent vers la base où elles augmentent d'intensité et prennent un contour arrondi sans intéresser les

sinus.

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