Milton, Saint-Thomas Hosp. Reports, p
ÉTIOLOGIE. 23
Concomitance d’autres tuberculoses locales.
Dans 84 cas sur 245 l’adénopathie tuberculeuse
s’accompagnait d’autres tuberculoses locales.
Dans 43 cas il y avait une lésion incontestablement tuberculeuse : coxalgie, mal de Pott, ostéite.
Dans 41 cas il y avait une affection concomitante moins nettement tuberculeuse mais pouvant expliquer l’adénopathie ; conjonctivite, blépharite, impétigo, eczéma de la face. Si nous ne signalons pas d’adénopathies coïncidant avec la tuberculose pulmonaire,, c’est qu’on n’accepte pas à Pen-Bron d’enfants atteints, de manifestations viscérales.
Hérédité. — Nous ne voulons point, à propos des adénopathies tuberculeuses, entrer dans la discussion toujours ouverte de l’hérédité directe ou indirecte ; de l’hérédité de graine ou de l’hérédité de terrain : — cette question grosse de difficultés trouve bien mieux sa place dans les études générales sur la tuberculose. Nous ne voulons que signaler ici les renseignements que nous donnent nos notes sur les antécédents des écrouelleux que nous avons soignés. Ces renseignements cadrent bien avec les idées que le professeur Bouchard professe sur l’hérédité en matière de tuberculose :
Si la phtisie, dit-il, est héréditaire, c’est bien moins par la transmission de l’agent infectieux que par la transmission d’un type nutritif vicié. Ce n’est pas la maladie qui est transmise par le générateur à l’engendré, ce n’est pas une survivance, mais de simples droits à sa survivance, que le père lègue à son enfant. Ce n’est pas la maladie mais bien le malade, si l’on pent ainsi dire, qui est héréditaire, en ce sens que l’enfant détient de son père cet ensemble de qualités physiques et chimiques condition-
liant la viciation organique et l’aptitude auxbradytrophies; la phtisie, en somme, paraît héréditaire de la même façon et au même titre que l’est la goutte, eu ce sens que l’enfant apporte avec lui les aptitudes organiques viciées de ses parents, à la faveur desquelles il pourra devenir goutteux*.
Les états organiques ancestraux qui produiraient chez l’enfant cette déchéance organique, « cette faillite de l’économie », sont :
La syphilis, —alors même qu’elle n’a pas été transmise à l’enfant. La syphilis des conjoints ou d’un seul conjoint constitue un état de déchéance organique qui le rend plus apte à devenir ganglionnaire. — « Les syphilitiques engendrent des écrouelleux » est une croyance très ancienne, qui se justifie non dans les termes, mais dans les faits observés. — A côté de la fausse scrofule ganglionnaire des hérédo-syphilitiques nous trouvons à chaque instant des adénopathies tuberculeuses véritables se comportant comme telles cliniquement et anatomiquement. L’âge avancé des parents et leur débilité constitutionnelle rappellent la vieille formule de Fernel : « Senes et valetudinarii imbecilles fllios vitiosa constitutione gignunt ». Les parents vieux ou malades ne transmettent point une maladie qu’ils n’ont point du reste, mais une constitution vicieuse, et c’est assez pour établir une connivence organique avec la tuberculose.
Mêmes réflexions pour l’alcoolisme, la misère, le cancer, etc.
Quand ces causes viennent se combiner entre elles, on arrive parfois à des résultats désastreux. Dans le