Bouchard, Microbes pathogènes, p
ÉTIOLOGIE.
tableau très complet que nous a lait notre interne M. Morandeau nous trouvons par exemple :
« M. Léopold, 7 ans ; père, 73 ans, alcoolique ;
« Alice, Sans : mère morte à 63 ans, alcoolique.
« Tous les deux sont atteints de ganglions cervicaux suppurés ; ils ont un frère et une sœur également écrouelleux. »
La tuberculose chez les ascendants existerait 77,3 fois p. 100 d’après Brun.
Voici notre statistique particulière :
Sur 243 cas d’adénopathies tuberculeuses nous trou vous 63 fois le père ou la mère phtisiques. — Nous sommes loin de la proportion de Brun. — Il est vrai que 63 autres fois les antécédents n’ont pas été signalés. En admettant que dans tous ces cas il y avait tuberculose des parents, nous n’arriverions encore qu’au chiffre de 130 : c’est à peu près à 30 p. 100.
Fait à noter, nous ne trouvons qu’une dizaine de fois dans les antécédents héréditaires une tuberculose locale : coxalgie, adénopathie; presque toujours il s’agit de la tuberculose pulmonaire.
Lebert, du reste, n’avait rencontré l’hérédité que chez un tiers de ses malades.
Contagion. — Quelque idée qu’on se fasse sur l’hérédité de la tuberculose, il faut bien admettre que l’adénopathie tuberculeuse est la plupart du temps le résultat d’un contage tuberculeux.
Les ganglions sont des organes d’arrêt sur le trajet des absorbants et des milieux de culture, « de bons tubes d’agar mis à une étuve bien réglée* ».
i. Marinescü.
2fi ADÉNOPATHIES TUBERCULEUSES.
Dans les ganglions on a trouvé :
La bactéridie charbonneuse ;
Le bacille d’Eberth et Gaffky au cours de la fièvre typhoïde (Verneuil et Clado) ;
Les agents infectieux de la diphtérie dans les adénites cervicales (L. Thomas) ;
Les spirilles buccaux de la carie dentaire dans les adéno-phlegmons sous-maxillaires consécutifs.
On peut donc dire que la présence des bacilles de la tuberculose dans les ganglions secondaires est un fait aussi banal que celui des microbes de la suppuration dans les adéno-phlegmons.
Point n’est besoin de faire intervenir l’hérédité directe pour expliquer l’existence d’adénites cervicales par exemple. Nous verrons combien sont nombreuses les portes d’entrée qui peuvent produire l’adénopathie tuberculeuse secondaire.
Mais les écrouelleux sont-ils contagieux pour les gens qui les approchent, les soignent et vivent avec eux?
Un antique préjugé, dit Brissaud ’, qui pèse encore sur les malheureux affligés de la scrofule fait que jusqu’à la fin du siècle dernier cette maladie a été considérée comme essentiellement contagieuse. Hippocrate l’avait dit; Arétêe, particulièrement sévère, avait affirmé qu’il était imprudent de converser avec les scrofuleux:il n’est donc pas étonnant que la Faculté de médecine consultée par le Parlement (celui de 1368) ait porté un jugement conforme. Si les motifs invoqués alors étaient fondés, la décision qui en fut la conséquence mérite l’approbation rétrospective de nos hygiénistes contemporains. Les xv“ et xvi^ siècles, en