‹ Adénopathies tuberculeusesChapitre 26 sur 86 · L. Daraillon, Thèse de Lyon · texte numérisé non relu

L. Daraillon, Thèse de Lyon

la forme la plus fréquente d’adénopathie tuberculeuse iliaque se verrait surtout chez des adultes peu atteints par ailleurs par la tuberculose, n’ayant point de tuberculose locale apparente dans les régions tributaires, possédant même les apparences extérieures d’une bonne santé, chez « les beaux lymphatiques », suivant l’expression de Milcent.

Chose bizarre, cette forme d’adénopathie serait presque exclusive aux adultes du sexe masculin.

Les ganglions inguinaux sont dans ces cas ou bien également hypertrophiés, ou bien au contraire très légèrement augmentés de volume. Ils pourraient être enfin complètement indemnes. Il n’y a pas lieu de s’en étonner, car l’agent infectieux a pu traverser la première chaîne sans l’infecter, ou bien encore, comme Sappey en a signalé la possibilité, quelques lymphatiques efférents ont pu se jeter directement dans les ganglions iliaques sans traverser les inguinaux.

La porte d’entrée de la bacillose échappe le plus souvent aux recherches du fait de son insignifiance ou parce qu’elle est cicatrisée depuis longtemps, alors qu’on constate l’adénopathie.

On a pu constater cependant un érythème du pied, un eczéma, un herpès préputial, un tubercule testiculaire, l’existence antérieure de lésions osseuses sur diverses parties du membre pelvien.

La suppuration estpossible et amènerait des fistules interminables, mais cette terminaison est l’exception. La régression est très lente et les ganglions inguinaux ont disparu depuis longtemps qu’on constate encore les ganglions iliaques indurés.

r)6 ADÉNOl'ATHIES TUBERCULEUSES.

VI. Région du coude. — Le ganglion épitrochléen est atteint par les lésions tuberculeuses du petit doigt, de la région hypothénar et du bord interne de l’avantbras, tandis que les lésions de la face externe et dor. sale du pouce et de la partie postérieure de la région thénar entraînent, sou vent l’engorgennent de l’organe lymphatique (ganglion de Mascagni ou enroulement vasculaire d’Aubry) qui accompagn e la veine céphalique dans le sillon pectori-deltoïdien.

Toujours d’après Félizet, et nous avons été à môme de vérifier le fait, il y a souvent dans le ganglion susépitrochléen et dans l’organe lymphatique externe un moment d’arrêt de l’envahissement bacillaire, et ce n’est que postérieurement que les ganglions axillaires sont envahis.

Nous avons vu dernièrement le ganglion épitrochléen très volumineux dans une tumeur blanche du poignet.

Dans une artrite tuberculeuse du coude ayant nécessité la résection, le ganglion sus-épithélial était suppuré et en communication avec l’articulation, formant là un décollement.

Les synovites fongueuses donnent aussi des dégénérescences secondaires du ganglion épitrochléen, mais elles sont plus rares que les petits abcès caséeux sur le trajet même des lymphatiques au niveau de l’avant-bras.

VIL Région rétro-pharyngienne. — Deux ou trois ganglions situés entre l’aponévrose prévertébrale et le pharynx, au niveau de l’axis ou de la troisième vertébrale, reçoivent les lymphatiques de la partie supérieure du pharynx, de la pituitaire et peut-

ÉTIOLOGIE. ."jT

être de l’oreille moyenne (Gilette, Luschka, Sappey, Simon Cocteau, Gautier).

Ils peuvent être le siège de dégénérescences tuberculeuses secondaires.

Ces ganglions auraient une tendance à s’atrophier au fur et à mesure que l’individu avance en âge.

En résumé l’adénopathie est toujours le résultat d’une infection initiale dont la porte d’entrée peut souvent se retrouver. La peau et la muqueuse sont les voies les plus ordinaires de cette infection.

Les tuberculoses locales, os et articulations, produisent des adénopathies secondaires, mais ellesmêmes ne sont-elles pas le résultat d’une infection secondaire ?

Il paraît vraisemblable, dit Kœnig*, que la grande majo rité de tous les cas d’ostéo-arthrite tuberculeuse ne sont pas primitifs, mais secondaires, métastatiques.

Sur 67 autopsies il a trouvé 53 cas où, indépendamment de l’affection ostéo-articulaire, il existait des foyers anciens, plus anciens que les premiers. Ces foyers étaient 21 fois des tuberculoses ganglionnaires, le plus souvent bronchiques.

Nous-mêmes, àPen-Bron, en dehors de toute autopsie, nous constatons, dans au moins un tiers des cas des adénopathies souvent fort éloignées de la tuberculose ostéo-articulaire et antérieures à son début.

I. Kcenio, La tuberculose des os et des articulations, p. 33.

3» ADÉNOPATBI]

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