Lannelonque, Académie des sciences
impossible à reconnaître cliniquement, les injections hâtent la conclusion et provoquent un abcès ; il faut alors ouvrir cet abcès et on aura soin, en ouvrant l’abcès, d'enlever le ganglion ou de modifier sa coque par le chlorure de zinc ou autres agents médicamenteux.
Le professeur Lannelongue a été suivi dans cette voie par un grand nombre d’expérimenlateurs et de cliniciens. Les uns ont eu à s’en féliciter comme Moncorvo, par exemple ; les autres ont eu des résultats nuis ou des accidents fâcheux de suppuration là où elle ne paraissait pas encore fatale et où on pouvait arriver à une solution par le traitement médical seul.
La méthode sclérogène est pourtant bien séduisante dans l’adénopathie où la nature procède de la même façon pour arriver à la guérison ; peut-être n’a-t-elle pas dit son dernier mot.
6 ” Injections de teinture d'iode.
La teinture d’iode mitigée a été souvent employée comme injection interstitielle dans les adénopathies tuberculeuses, mais elles donnent lieu à une inflammation trop vive (Reclus) et ne paraissent pas donner de résultats supérieurs.
A propos des injections de teinture d’iode faites dans les ganglions du cou, Félizet a signalé un fait assez intéressant; la douleur consécutive n’existait pas tant au niveau du ganglion infecté que plus bas dans des ganglions inférieurs de la chaîne. Ces mêmes ganglions présentaient du gonflement le jour de l’injection.
traitement.
Il en tire cette conclusion que l’action de l’iode peut retentir assez loin et a proposé cette diffusion d’un agent curateur pour le traitement d’adénopathies inaccessibles comme l’adénopathie trachéo-bronchique tuberculeuse; il attribue à la tuméfaction de ces ganglions l’aggravation de crises dyspnéiques correspondant aux injections.
Morel-Lavallée admet en effet que certaines formes d’altérations lymphatiques restent compatibles avec la perméabilité des voies lymphatiques ‘.
Bien d’autres substances encore ont été essayées en injections.
Signalons :
La liqueur de Foivler (Treves) 8, 10, 12 gouttes dans 24 heures. Mais les résultats n’ont pas été appréciables (Reclus). ^ .
La pyoctanine recommandée tout d abord par Quenu, mais les expériences n’ont pas été suffisamment continuées pour qu’on puisse se prononcer.
ha solution phéniquée forte à S p. 100 (Hueteh, Schiller).
La papaïne (Bouchut).
Le phosphate acide de chaux (Kolescher).
Le naphtol B (Lasserre).
Le nitrate d’argent.
L’essence de girofle (Tihoch, Kanasz-Nannote), 2 a 20 gouttes de la formule suivante : .
Essence de girofle. 3 grammes
Huiles d’olives stérilisée. ... 30
En somme, les injections médicamenteuses bien
faites avec toutes les précautions aseptiques ont donné
1. Société française de dermatologie et syphütgraphie, avrül891.
de très sérieux résultats et elles constituent une précieuse ressource :
1° Quand l’intervention chirurgicale est contre-indiquée par le volume, les adhérences, la situation profonde de la masse ganglionnaire ;
2 ° Dans les cas ou l’exérèse possible au point de vue chirurgical nécessiterait une cicatrice telle que les malades redoutent une semblable solution ;
3° Quand au contraire on a affaire à des adénopathies superficielles, isolées, sans menaces du côté de l’état général et qu’on veut éviter au malade toute cicatrice désagréable, si minime qu’elle soit.
Dans ces deux derniers cas il sera, en cas d’insuccès, toujours temps de recourir à l’ablation ou au curettage.
Contrairement à certaines assertions que nous avons reproduites, Tuffier et Segond, lors d’une discussion très récente à la Société de chirurgie, font cette remarque fort juste que les injections préalables, en produisant de la sclérose périganglionnaire, rendent les dissections beaucoup plus difficiles quand on se décide plus tard à l’intervention.
Le traitement par les injections, quand il est adopté, doit toujours s’accompagner du traitement général sans lequel nous ne croyons guère à des résultats durables.