AUGMENTE-NOUS LA FOI
Cette espérance, cette confiance, il faut qu'elle nous soit donnée. Donnée: celui qui demande reçoit. Hélas! que ce soit là une chose si difficile à croire ! Devant nous, Dieu qui nous dit : Invoque-moi au jour de ton adversité, je t'en délivrerai et tu me glorifieras; qui nous présente le Seigneur Jésus- Christ pour notre encouragement, et le Saint-Esprit pour notre force; — et de l'autre côté, derrière nous, une voix trop connue qui nous dit : Mais tu as tant prié ! tu as été si rarement délivré ! les choses suivent si bien leur cours naturel, et cette action du Saint-Esprit est chose si rare! Hélas ! c'est là que nous avons besoin de dire : Seigneur, augmente-nous la foi! Et si, dans ce moment même, nous pouvons dire avec foi : Seigneur, augmente-nous la foi ! sans nous inquiéter de l'éclaircissement de cet inexplicable mystère, un poids sera ôté de dessus nos cœurs à tous, et même nos pauvres corps en seront grandement soulagés. — Augmente-nous donc la foi, Seigneur ! nous croyons, subviens à notre incrédulité. Fais nous croire au Saint-Esprit et te le demander avec confiance, dans ce moment même. Nous te le demandons avec foi ; envoie ton Saint-Esprit dans nos cœurs!... Seigneur, sois attentif et opère! Seigneur, donne gloire à ton saint nom, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !...
Je ne suis pas le plus à plaindre : encore un peu de temps et celui qui doit venir, viendra. Je
l'attends; il est peut-être plus près que nous ne pensons. Je t'attends, ô mon Sauveur ! et je sais qu'alors je te rendrai grâces pour tout ce que j'ai souffert, et pour tout ce que je souffre, dans ce moment même!...
8 Mars. — ...Tout remettre entre les mains du Seigneur, et persévérer à prier, en nous pénétrant l'esprit, d'une part, des terribles calamités de la guerre, et de l'autre, des maux de la paix. J'appelle les maux de la paix, l'accroissement disproportionné du commerce, du luxe et de l'industrie, qui porte au matérialisme. Qu'il est doux de savoir que ni le cours des plus grands astres , ni le mouvement de cette petite table, ni rien au monde, n'a lieu sans la volonté de Dieu ; que c'est notre Père qui dispose de toutes choses ! Mon frère B. m'écrivait lorsque j'étais pasteur a Naples, et qu'il avait été depuis peu amené à la foi, il m'écrivait, lorsqu'il fit son premier voyage de Suisse après ce bienheureux changement : « Je ne saurais t'exprimer ce que j'ai éprouvé, en rentrant en Suisse par Saint-Cergues, et en me disant que Celui qui a planté le Mont-Blanc est aussi Celui qui m'a sauvé ! »
12 Mars* — O notre Père ! que deviendrionsnous sans toi ! La moindre souffrance nous serait insupportable, et maintenant la plus grande nous est adoucie par la foi. Oh ! que cette foi précieuse nous soit seulement augmentée ! Que nous soyons
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rendus par elle conformes à Celui qui a été l'Homme de douleurs, qui n'a accompli son œuvre que par la douleur, et que nous n'aurions jamais connu tel qu'il est, si nous n'avions été visités nous-mêmes par la douleur ! Que si quelques-uns, Seigneur, en sont visités en double mesure, certainement c'est un privilège que tu leur accordes , et ils le verront plus tard, quoique maintenant il soit bien difficile à la chair de recevoir cela et de le comprendre. Conduis-nous par l'Esprit seul, et fais taire la chair. Dompte cette chair rebelle, dans laquelle nous portons les fruits amers du péché ! Nettoie-nous de toutes nos souillures, de toutes nos désobéissances ; déracine-les complètement ; et ne nous abandonne point que tu ne nous aies fait selon toute ta volonté !...
lli Mars. — Quelle admirable chose que ce Psaume XC ! Ce psaume est de Moïse, et il a été inséré dans le recueil des cantiques composés plus tard, et surtout par David. Il est ainsi le plus ancien de tous les psaumes. Eh bien ! dans ce psaume nous trouvons déjà d'une part les expressions les plus redoutables de la colère divine contre le péché, et de l'autre les expressions les plus tendres de la miséricorde divine et de la disposition de Dieu, non seulement à accueillir favorablement ceux qui se repentent et qui croient en lui, mais encore à les combler de tous ses biens. Et puis il y a cette
pensée : Réjouis-nous au prix des jours que tu nous as affligés, et des années auxquelles nous avons senti des maux ; il y a cette pensée si délicate et si tendre, que Dieu considère les afflictions dont il nous a visités comme un motif de nous combler de tous ses biens, proportionnellement à ce que nous avons souffert. C'est ainsi que nous trouvons partout dans l'Écriture, l'Évangile en petit, dans une seule page, dans un seul psaume ; et que l'Écriture est tellement semblable à elle-même, que l'Ancien Testament est développé dans le Nouveau, et que le Nouveau se trouve en germe dans l'Ancien. Un Père de l'Église a dit à ce sujet une parole qui ne peut pas se rendre aussi énergiquement en français qu'en latin : « Le Nouveau Testament se montre dans l'Ancien, et l'Ancien est caché dans le Nouveau. »
15 Mars. — Quelqu'un récite le cantique :
Toujours content, c'est la maxime D'un vrai disciple du Sauveur...
Ah ! qu'il est facile de dire ce qui est dit dans ce cantique; mais qu'il est difficile de le mettre en pratique, de se réjouir, de goûter les consolations de l'Évangile dans le moment même qu'on est travaillé par la douleur physique ! C'est là que nous avons besoin d'une double mesure de grâce ; car ces choses sont vraies, puisqu'elles ne se trouvent pas seulement dans les cantiques, mais dans la Parole de Dieu, et puisqu'elles ont été réalisées par