‹ Adolph MonodChapitre 131 sur 143 · LA JOIE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

LA JOIE CHRÉTIENNE

26 Janvier. — Une chose bien recommandée par les Ecritures, c'est la joie chrétienne. Je vous engage beaucoup pour vous-mêmes, et pour ceux que Dieu pourrait vous donner à conduire plus tard dans les voies de l'Evangile, à revêtir une disposition d'abord toujours sereine, et ensuite aussi heureuse, aussi joyeuse que possible. L'esprit de tristesse est un péché, parce que c'est un esprit d'incrédulité. L'abattement, le découragement donnent le démenti à la Parole de Dieu. Je désire que si vous sentez en vous quelque disposition à la tristesse, vous la combatliez vigoureusement. C'est une disposition dans laquelle on se flatte quelquefois ; on y voit quelque chose de plus élevé : vaine illusion, séduction du cœur naturel, disposition que Dieu condamne, qui nous entrave dans l'accomplissement de la volonté de Dieu, qui nuit à notre utilité auprès des autres, et qui est un grand piège aux yeux du monde.

27 Janvier. — ...C'est une chose difficile que l'exercice -de la patience dans les souffrances du corps, parce que les autres souffrances sont en dehors de nous, tandis que ces souffrances-là sont en nous ; en sorte que nous pouvons contempler les autres souffrances comme du dehors, et les dominer par notre foi : mais cette souffrance-ci était en nousmêmes, et faisant partie de nous-mêmes, il faut pour la dominer sortir de nous-mêmes. Eh bien ! établis-

sons-nous dans le cœur du Seigneur Jésus, dans l'amour de Dieu, et dans la puissance du Saint- Esprit, et nous serons en effet élevés en dehors et au-dessus de nous-mêmes ; et nous serons capables de marcher sur les traces de Celui qui a tout accompli en souffrant.

13 Février. — Vous qui avez la vie, la force, le bien-être, la liberté de penser et d'agir, soyez reconnaissants , mes amis ; et songez pour quel usage ces biens, qui ne vous resteront pas toujours, vous ont été prêtés. Vivez tellement en chrétiens que l'on ne voie pas en vous autre chose que le désir de glorifier Dieu, et de faire comme Jésus du bien aux hommes, tout en sauvant et en sanctifiant vos propres âmes, ces âmes précieuses pour lesquelles Jésus-Christ a vécu et est mort. Oh ! sentez votre bonheur de pouvoir librement servir Dieu. Et d'autres sentent leur bonheur, quoique en gémissant, de pouvoir le servir par le sacrifice de ces biens mêmes, et par l'abandon de ce même service qui a fait leur vie. Quels sont les plus privilégiés? Dieu le sait. C'est à chacun de nous de faire de sa position la plus privilégiée, en étant entre tous le plus désireux de marcher fidèlement devant Dieu, de jour en jour, d'heure en heure, de moment en moment, disant à Dieu : Que puis-je faire, ô mon Père, pour te glorifier? Chaque heure, chaque jour, chaque minute ne nous a été donné que pour cela ;

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et tout ce que nous en retranchons est infidélité. Oh ! que Dieu est bon! que le chrétien est heureux! quelle est sa paix, et combien il apprécie doublement la possession de cette paix quand il est environné de tout ce qui semblerait devoir la rendre impossible , mais qui ne peut l'anéantir. Gela ne vient pas en un jour ; c'est un long apprentissage que l'usage chrétien des afflictions. Rachetons l'occasion, et ne négligeons aucun moyen de croître dans la patience des petits maux, en attendant que viennent les grands... Mes amis, le temps est court, l'éternité est près; elle est là — un voile nous en sépare ; un voile que la main d'un enfant pourrait déchirer, et que la main de Dieu déchirera dans son temps. C'est pourquoi je vous conjure, par les entrailles de la charité de Christ, et par les marques manifestes que Dieu nous donne de son horreur pour le péché et de son amour pour le pécheur — ô mes amis ! qui avez devant vous une destinée éternelle si heureuse ou si malheureuse — saisissez la vie éternelle ! Embrassez par la foi la croix de Jésus-Christ, pour le suivre quoi qu'il en coûte, et malgré l'ardeur du combat; montez à l'assaut, malgré les boulets et la mitraille, et arrivez avec ce Sauveur miséricordieux à la victoire... Abstenez-vous de toute apparence de mal. Attachezvous fortement au bien; aidez au Seigneur a arracher ces racines si profondément enracinées, et tendez à la perfection et au royaume où nous serons bien-

tôt réunis pour jamais ! Que le Seigneur veuille nous assister pour sa gloire, et par les richesses infinies de sa grâce, et par les vertus créatrices du Saint-Esprit !

2 Mars. — Voici encore un dimanche que Dieu m'a permis d'adresser quelques mots à notre petite assemblée, malgré ma faiblesse croissante et dont mon accent rendait témoignage. Que Dieu daigne me soutenir jusqu'à la fin, et m'accorder, s'il est possible, car je n'ai garde de lui rien prescrire, la grâce de ne cesser de proclamer son nom que quand je cesserai de vivre. N'oublions pas d'arroser de nos prières ce que nous plantons ainsi au nom du Seigneur, et demandons-lui de ne pas permettre qu'une curiosité stérile, ni même qu'une affection purement humaine prenne la place que doit occuper ici , dans celui qui parle et dans ceux qui écoutent , le pur désir de glorifier Dieu. Oh ! que Dieu nous préserve de faire de la parole de l'homme la chose première, et de la communion du Seigneur Jésus une chose secondaire! Qu'il nous préserve de jamais réduire le Seigneur et sa grâce à n'être qu'un moyen ; mais que tout le reste lui soit subordonné et n'aboutisse qu'à cela seul!

6 Mars.

Si je n'eusse eu cette douce espérance, Qu'un jour en paix, après tant de travaux, Des biens de Dieu j'aurais la jouissance, Je succombais sous le poids de mes maux...

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