‹ Adolph MonodChapitre 138 sur 143 · VIVRE C'EST CHRIST, .MOURIR C'EST GAIN · texte numérisé non relu

VIVRE C'EST CHRIST, .MOURIR C'EST GAIN

moment d'après, il songe à Jésus-Christ, auquel il a consacré son existence terrestre; il considère tant d'âmes irrégénérées quil pourrait lui gagner, tant de disciples qu'il pourrait affermir, tant de contrées païennes où il pourrait porter son nom, et il souhaite de vivre, seulement parce que la vie lui fournit l'occasion de servir Jésus-Christ, avant d'aller se reposer en lui...

Quel est donc le secret de cette vue si nouvelle, si élevée, si heureuse, tant de la vie que de la mort? Vous venez de l'entrevoir, c'est Jésus-Christ contemplé dans la vie et dans la mort, qui réconcilie saint Paul et avec l'une et avec l'autre. Cette pensée, il la détache et la résume dans le verset qui me sert de texte : Pour moi, vivre c'est Christ, et mourir cest gain, c'est-a-dire : pour moi la vie n'a qu'un seul objet, le service de Jésus-Christ, et la mort m'est un gain, parce qu'elle me réunit à Jésus- Christ...

Un mot résume tout ceci : l'amour de Jésus. Il faut l'aimer, pour que son service attache à la vie : l'aimer, pour que sa société prévue charme la mort. Autrement on se laisserait arrêter dans les fatigues de la vie et dans les amertumes de la mort : la vie, ce sera la terre avec ses maux; la mort, la perte de la terre avec ses biens. Ce n'est pas une négation qui peut donner la paix; c'est l'affirmation de la vie impérissable, dans sa puissance, que Jésus-Christ a mise en lumière par son Evangile

(Héb.YII, 16; IITim. I, 10). — Cet amour de Jésus est-il le caractère de notre Réveil? Hélas! la conscience, la conviction, l'activité, le dévouement, la fidélité, oui; mais l'amour de Jésus, non. Compareznous à l'Église primitive. L'esprit d'un saint Paul, d'un saint Pierre, du larron, de Marie-Madeleine, est celui de toute l'Eglise qui, touchant comme de la main aux jours de Jésus-Christ, s'entretient de lui comme d'un ami qui est parti. Je viens bientôt. — Oui, Seigneur Jésus, viens! Voilà l'histoire intérieure de l'Eglise primitive. Ah! si nous avons échangé cette simplicité d'amour contre plus de doctrine, de lumière, d'activité même, nous avons moins gagné que perdu.

0 Jésus ! qui semblés n'être que le Sauveur de l'âme, tu l'es aussi de tout le reste, et de la vie et de la mort. Hélas! tu le serais aussi de l'Église et de la société, si l'Église voulait, et si la société savait!

Adolphe Monod Paçe vu

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