A LA. SOCIÉTÉ ÉVANGÉLIQLE DE GENÈVE
en soient rendues à Dieu) depuis quelques années, qu'il ne m'appartient pas de former des projets pour l'avenir. C'est ainsi que vous avez marché vous-mêmes dans la formation de votre École de Théologie, et c'est par là que le Seigneur vous a bénis. Qu'il nous instruise toujours mieux à vivre au jour le jour, sans nous inquiéter pour le lendemain! Mais comme je ne puis différer davantage de vous donner une réponse positive au sujet de la vocation que vous avez bien voulu m 'adresser, je crois devoir, dans un esprit de simplicité chrétienne en même temps que de respect pour la liberté de votre marche, vous dire qu'il ne m'est pas possible de l'accepter.
C'est dans la foi que vous m'avez appelé : c'est dans la foi que j'ai pris la résolution que je viens de vous exposer. Peut-être, dans cette même foi, Dieu nous réunira-t-il un jour dans une même œuvre. Je n'ai pas besoin de vous dire combien la vocation que vous m'avez adressée m'est précieuse, m'est encourageante; combien il m'était doux de penser que je pourrais être associé aux travaux de frères que j'aime si tendrement, que j'estime si profondément, et de quel cœur je m'associerai, de loin du moins, à une œuvre qui m'est si chère en elle-même, et à laquelle ce qui s'est passé entre nous m'a encore attaché d'une manière toute particulière. Puis, je vous en prie, je vous en conjure par les entrailles de Christ, priez ce Dieu qui accomplit sa force dans
l'infirmité de ses serviteurs, de me bénir dans l'œuvre difficile et importante qu'il m'a donnée à. faire. L'expérience, la maturité, certains dons spéciaux me manquent. Tout me manque, excepté la confiance — hélas ! et trop faible — en la puissance d'en haut. Je dis avec notre frère Josaphat : Seigneur Eternel! je ne sais pas ce que je dois faire, mais mes yeux sont sur toi!...
Permettez-moi, chers frères, de soumettre à l'attention sérieuse du comité un désir que j'ai conçu déjà depuis plusieurs mois, qui m'occupe fréquemment, et dans lequel je suis persuadé que tous les chrétiens se rencontreront avec moi : Je voudrais qu'il fut publié un Journal de l'Ecriture sainte. Ce journal aurait exclusivement pour objet tout ce qui serait utile pour défendre, comprendre, mettre en pratique la Parole de Dieu. Le champ serait à la fois nettement dessiné et fort vaste : explication de la Bible, apologétique, critique, application pratique, histoire de la Bible, traduction, commentaire, tout cela y rentrerait. Les abonnés du journal pourraient être invités à la proposition de questions, objections, etc., auxquelles il donnerait des réponses, ce qui serait fort utile, surtout pour les explications que des correspondants chrétiens pourraient demander sur des passages de l'Écriture obscurs quant à leur sens ou difficiles quant à leur application. En même temps ce journal pourrait faire une controverse d'autant plus utile peut-être qu'elle n'aurait