‹ Adolph MonodChapitre 51 sur 143 · A LA. SOCIETE EVAXGELIQUE DE GENEVE · texte numérisé non relu

A LA. SOCIETE EVAXGELIQUE DE GENEVE

vous le demande : Dans cet état de choses, puis-je quitter Lyon, quand tout y est en mouvement, et si visiblement préparé du Seigneur, pour une formation si importante, et à laquelle il semble que j'aie une vocation aussi claire de Dieu que s'il m'eût appelé par mon nom? Et si quelqu'un de vous en pouvait douter, je suis persuadé que s'il voyait de ses yeux ce qui se passe à Lyon, il n'en douterait plus. Tous les frères qui ont passé à Lyon récemment, croient que c'est Dieu qui m'a donné actuellement une œuvre à faire, sans en excepter le bien-aimé Gonthier, qui me croyait si fermement appelé à me joindre à vous, et qui paraît le croire moins. Les frères de Paris jugent de même. Frédéric, mon frère, m'écrivait le 2Z|. mars que plusieurs frères réunis se sont entretenus de ce qu'il était à désirer que je fisse, après ma destitution. «Nous avons été unanimes à penser que tu ne peux pas quitter Lyon dans ce moment; que ta tâche actuelle est d'y fonder une Église fidèle. Plus tard, Dieu te montrera s'il veut t'appeler ailleurs.» Il dit encore : «Nul n'est placé comme toi aujourd'hui pour fonder cette Eglise, et les chrétiens de Lyon ne doivent pas être abandonnés. Il est d'une grande importance de montrer aux Consistoires que s'ils peuvent chasser les pasteurs fidèles de l'Eglise nationale, ils ne peuvent pas chasser l'Evangile des localités où il a commencé d'être prêché. Nous avons considéré l'influence que pourra exercer au loin une Église fidèle à Lyon » etc. Si je

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vous cite l'opinion de ces divers frères, ce n'est pas que j'aie formé mon jugement sur le leur; je ne l'ai formé que sur ce qui m'a paru être la volonté du Maitre ; mais mon sentiment n'a pu manquer d'être fortifié, en le voyant partagé par des frères qui avaient, il y a quelques mois, un sentiment différent.

Il vous semble peut-être qu'un autre pourrait faire cette œuvre à ma place. Je suis persuadé qu'il serait facile de trouver un ministre plus propre à l'œuvre pastorale que moi. Mais je ne sais s'il s'en trouverait un qui fût, vu la position, plus préparé pour cette œuvre, et l'œuvre pour lui. J'entends par cette œuvre la fondation de l'Église, non sa conduite. Nouveau venu, il ne sera pas aussi bien placé pour agir sur les chrétiens, ni pour attirer les regards du monde. Dissident, il aurait moins que moi la confiance des chrétiens nationaux. National, il aurait moins celle des dissidents. Enfin, s'il devait survenir quelque difficulté de la part du gouvernement, ce que je ne veux point prévoir, il ne serait pas aussi bien placé pour maintenir l'entière liberté de culte que le pasteur destitué.

Par ces considérations, dont je ne puis faire dans une lettre qu'un exposé très-succinct et fort imparfait, je suis pleinement persuadé que la volonté de Dieu à mon égard est que je demeure à Lyon actuellement.

Je dis actuellement, parce qu'à chaque jour suffit sa peine, et que j'ai abondamment appris (et grâces

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