SÉJOUR A PLOMBIÈRES
fois et plus sûr. Mais ce serait fort lent. Que le Seigneur nous éclaire!
Je suis persuadé toujours plus pour moi, et jusqu'à un certain point pour nos amis chrétiens, qu'il est nécessaire d'avoir une nourriture intellectuelle. Mon corps est nourri; mon âme est nourrie; mon esprit ne l'est pas et il en est malade. Je désire ardemment et je prie fréquemment que Dieu me montre ce que je dois faire à cet égard... Mais je crois un changement, quant a moi, indispensable, et qu'il y aurait infidélité à affamer et à énerver ma pauvre intelligence, déjà bien assez faible de sa nature. Je m'attends au Seigneur pour cela aussi. Que sa volonté soit faite ! et que notre épreuve à cet égard serve à nous faire mieux apprécier la nourriture spirituelle, seule nécessaire. Oh! qu'il me conduise comme un enfant, par son chemin, et que je n'aie d'autre désir que de le glorifier !
Pour la vie spirituelle, je suis un peu mieux. J'ai fait quelques expériences sur la prière. Je mets dans mes prières un certain ordre, par exemple : prières se rapportant à la gloire de Dieu : avancement de son règne, missions, missionnaires, serviteurs de Dieu, institutions pieuses, et plus spécialement dans notre contrée, dans notre ville, etc.; — prières d'intercession pour la famille de mon père, pour la mienne, pour des personnes spécialement recommandées à mes prières; — prières pour moi-même, comme chrétien et comme ministre; — prières d'actions de
grâces; application de ce verset : Mon âme, bénis r Eternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits. Ordinairement une fois par jour, je fais une prière d'actions de grâces, surtout quand je suis abattu : c'est un excellent remède. Avec un tel ordre, on prie plus fortement, plus complètement, plus mûrement : l'ordre va bien partout. J'aimerais chez moi à avoir deux services domestiques, et consacrer celui du soir à l'action de grâces plus spécialement.
23 Juillet 1833. — ...Dans la promenade de jeudi dernier avec Mrae Gautier, la femme qui conduisait son âne leur dit qu'elle avait reçu la veille, d'une dame suisse, et lu avec intérêt, un traité que nous comprîmes être YOrage. Là-dessus nous nous sommes mis en recherche de cette dame, et l'avons trouvée, moyennant un livret dans lequel sont inscrits les noms des voyageurs, qui demeurent dans chaque maison... C'était une dame Bovet, de Neuchâtel, avec sa fille. Je connais deux frères Bovet, qui sont dans la foi. Je me présentai chez ces dames, en me réclamant d'eux, et pensant qu'elles leur seraient parentes en quelque manière. C'était leur mère et leur sœur, l'une et l'autre d'une piété décidée et vivante. Elles, de leur côté, instruites par un des jeunes B. que j'étais ici, me cherchaient depuis deux jours. Elles avaient soif de société chrétienne. Je les ai mises en rapport avec les Monnier et nous allons le soir chez elles, lire, causer, chanter