PROFESSORAT — CARACTÈRE
Dresser une liste de passages à expliquer, en rapportant chacun à sa place.
Faire des hommes sachant bien parler et bien écrire; après cela ils feront de bons sermons quand il le faudra.
Exercices & improvisation et conférences.
Les exercices de langues doivent se faire à livre ouvert. Examens particuliers dans le courant de l'année. Substituer des livres à des cahiers pour l'examen.»
Un trait frappant du caractère d'Adolphe Monod, c'est que la perfection morale, la sainteté qu'il poursuivait pour lui-même, son amour des âmes la lui faisait rechercher également pour les autres. Il ne pouvait en vérité souffrir le mal dans l'âme de son frère. De là la fidélité de ses rapports spirituels, non seulement comme professeur avec ses élèves, mais comme père de famille avec toute sa maison, pensionnaires, enfants, serviteurs.
Ce besoin de perfection portait sur les plus petits détails, selon une de ses maximes favorites : « Tout ce qui vaut la peine d'être fait, vaut la peine d'être bien fait; » et il en donnait l'exemple, en mettant autant de soin à l'impression et à la correction de ses sermons, que, dans un autre ordre d'idées, à leur composition. Ceux qui vivaient dans son intimité étaient frappés aussi de son humilité. Il était de ceux qui ont reçu le royaume de Dieu comme un
petit enfant. Son cœur simple et confiant ne savait pas soupçonner le mal chez les autres; et s'il pensait avoir eu quelque tort, il ne craignait pas de s'en humilier, même devant ses enfants et ses serviteurs.
Surtout, c'était un homme de prière. Nous avons eu occasion de le reconnaître plus d'une fois déjà. On peut dire qu'il ne faisait rien sans consulter le Seigneur et chercher sa direction. Il tenait beau-coup à la méthode dans la prière. Il s'y appliquait lui-même avec une grande fidélité, et pendant sa dernière maladie il disait que c'était grâce à cette méthode qu'il avait pu conserver des habitudes régulières de prière, ce qu'il ne croyait pas qu'il aurait pu faire autrement.
Un sentiment profond de reconnaissance nous contraint de dire un mot seulement des rapports d'Adolphe Monod avec ses enfants, parce qu'il peut être utile à d'autres. Jamais enfants ne furent plus tendrement aimés que les siens ; jamais peutêtre enfants ne le furent plus saintement, nous voulons dire pour eux-mêmes et pour leur vrai bien. Il était plutôt sévère ; mais nous ne pensons pas qu'aucun d'eux se rappelle d'avoir été puni injustement, ni dans un moment de vivacité ou de caprice. L'un d'eux commettait-il une faute grave, son père le prenait à part, s'en affligeait avec lui, s'en humiliait avec lui devant Dieu , et l'enfant
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ne le quittait pas sans se sentir pleinement pardonné.
Qu'il nous soit permis de le dire, c'était une relation paternelle qui faisait comprendre certaines expressions et comparaisons de l'Ecriture sainte, auxquelles trop peu d'enfants peut-être ont le privilège de pouvoir attacher une signification complète. Nous déposons cette pensée sur le cœur des parents chrétiens.
« ...Conduisons nos enfants à Jésus-Christ, écrivait-il. Que ce ne soit pas nous qui les élevions, mais lui qui les élève par nos mains. Souvenons-nous qu'ils lui appartiennent plus qu'à nous. Aimons-les en lui, avec détachement, et préparons-nous chaque jour à les lui rendre en paix, s'il veut les reprendre. Ne demandons pour eux autre chose, sinon qu'ils soient sauvés et sanctifiés en Jésus-Christ, et que Dieu soit glorifié en eux. Veillons, prions pour eux sans nous lasser. Croyons en Dieu pour qu'il change leur cœur. Soyons doux, fermes, patients, prudents, surtout simples et droits devant Dieu dans tout ce que nous faisons à leur égard. Ne soyons pas découragés ni par ce qui nous manque, ni par ce qui leur manque, ni par les difficultés particulières de notre position : faisons ce que nous pouvons, marchons devant Dieu, ne faisons rien que pour lui, et il nous conduira avec une fidélité parfaite et nous donnera une sagesse merveilleuse. Oh ! Seigneur, apprends-nous à aimer nos enfants
en toi, et à les élever en toi, pour toi, par toi, avec toi !
Veillons sur nos domestiques. Prenons d'eux un soin si affectueux, si charitable, si spirituel, que nous nous les attachions également par l'intérêt temporel et par l'intérêt spirituel, et les unissions a nous d'une véritable affection. Rendons notre culte domestique beaucoup plus vivant ; et surtout que notre vie domestique soit un culte continuel rendu à Dieu par notre maison. »
Du reste il aimait à voir les enfants gais et enjoués. Malgré sa réserve habituelle il savait se mettre à la portée des plus petits, s'occupait d'eux avec intérêt, leur consacrait chaque jour un moment de récréation, pendant lequel il se mêlait à leurs jeux, soit dans le vaste jardin attenant à la maison, sous les ombrages d'une magnifique allée de marronniers, soit dans des promenades à la campagne, pleines de charme et de liberté.
« Ma vie est vraiment fort douce et selon mon cœur. Je puis donner plus de temps à ma famille et de soins à mes enfants que dans ma position précédente. Je le pourrai surtout, quand j'aurai achevé le rude apprentissage auquel je suis condamné pour les trois premières années, durant lesquelles il faut que je compose mes cours. Ce travail me donne une peine proportionnée à ma faiblesse et à mon défaut de préparation pour la tâche qu'on m'a fait l'hon-