‹ Adolph MonodChapitre 67 sur 143 · RAPPORTS AVEC LES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LES ÉTUDIANTS

assistait à cette première soirée. Peu à peu cependant d'excellents rapports s'établirent; bon nombre d'étudiants devinrent les habitués de la rue de l'Hôpital et en restèrent toujours des amis fidèles.

Le professeur s'efforçait de rendre ces réunions non seulement agréables, mais utiles; et pour compléter les exercices de diction qu'il donnait à l'auditoire, il organisa chez lui des soirées de lectures dans lesquelles il lisait à ses élèves les principaux chefs-d'œuvre de notre littérature. Une excellente mémoire, fortement exercée dans sa jeunesse, lui permettait de réciter des scènes et parfois des actes entiers de telle pièce de nos auteurs classiques. ... « Je vous quitte, écrivait-il un jour à un ancien étudiant, pour aller lire une tragédie à nos élèves. Je leur fais une lecture, que je varie pour le sujet, le jeudi soir. Nous lisons ce soir Y Orphelin de la Chine, pièce intéressante, mais de second, si ce n'est de troisième ordre. Il manque dans presque tout ce qu'a fait Voltaire cet improbus labor, dont un homme si léger et si immoral était incapable, ou capable tout au plus par accès. Quel esprit diabolique! Je vous embrasse en esprit, et prie Dieu de nous garder du péché. »

Il était bien secondé par sa compagne et sa sœur dans son désir de rendre ses relations avec les étudiants cordiales et affectueuses. « Je me rappelle, disait M. E. de Pressensé en rendant les derniers devoirs à Mme Adolphe Monod, ce foyer du professeur de Montauban, où tant de jeunes

étudiants, aujourd'hui pasteurs, ont reçu d'ineffaçables impressions. La part de notre sœur a été considérable dans cette action de la famille qui était à Montauban un centre de vie chrétienne. Cette bienfaisante hospitalité était une riche bénédiction.»

Quant à l'esprit dans lequel il avait entrepris ses fonctions, il se montre dans une note de son journal intitulée : Règles pour le professorat :

Que l'enseignement soit aussi biblique qu'il est possible de le faire, sans sacrifier Tordre, la variété et la Vollstândigkeit ; tel que le professeur et les étudiants soient obligés de beaucoup lire l'Ecriture.

Que l'enseignement soit aussi historique que possible ; et que le cours de morale évangélique consiste principalement à faire connaître les faits et discours des serviteurs de Dieu les plus éminents.

Que Y utilité soit mon but; non un idéal scientifique ou logique, ou l'usage de l'enseignement, etc.

En morale, m'attacher moins à faire un cours complet, ce qui serait sans fin, qu'à traiter toutes les questions importantes.

M'attacher à faire avec les étudiants ce qu'il est le plus difficile qu'ils fassent seuls.

Donner une large place à la vie de Jésus-Christ dans la morale. Obliger l'étudiant à lire la Bible.

Remplacer la récitation par la lecture des meilleurs auteurs. Cours de rhétorique lue, et récitée de temps en temps.

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