‹ Adolphe et Clara, ou, Les deux prisonniersChapitre 24 sur 27 · GASPARD, ADOLPHE · texte numérisé non relu

GASPARD, ADOLPHE

ADOLPHE, à part II est seul î... bon... ( à GaspafcL) Mon ami I... je ne puis pas rester là-haut d'abord ; sa fenêtre est f]u côté opposé à le» mienne;, je viens de nsonter sur le toit, pour. tâcher seulement de l'apercevoir.... impossible....

Dan» la ménie tour du moins... c'est tout ce que je vous demande.

GA.'^PARD , pendant gu'.Jdolphe va ret^dvder par la fenêtre , du côté où est celle de Clara. Le pauvre jeune homme .'....

monter sur le toit, risquer de se casser le cou... pour apercevoir seulement sa femme.... tandis qu'à Berlin.... dans la même maison.,., il n'avait qu'à... Ah!

îijon Dieu !

ADOLPHE , à part. Je ne la vois pas.-

( haut, ) Eh Lien î répondez donc.;, pouvez-voiis...

GASPARD. Patience î... avant de vous donner nne autre chambre , que diriezvous... {il regarde de tous côtés. ) si j'avais là... Prenons garde.. . un petit billet.. ,

ADOLHE. D'elle î... ah! mon ami ! mon sauveur». . donne. . . donne. . .

GASPARD. Doucement, je serais perdu si monsieur le commandant. . .

ADOLPHE. Ne crains rien. ( il prend la lettre^ et Ut.) « Cher Adolphe, j^ai etë » singulièrement sensible à l'intérêt que » vous venez de me témoigner.,.

— C'était si naturel. • .

» Il m*a fait sentir plus vivement mes

» torts envers vous... J'ose espérer qu'un » jour je pourrais les réparer. . .

— Cette pauvre petite I . . .

>) Je pourrai les réparer... Je crains

» bien de n'en avoir de long-temps Foc- » casion. , .

— Je le crains bien aussi î . . .

» Croyez que ma tête seule...

Eh ! c'est la mienne ! c'est la mienne !..

» a été coupable, et que mon cœur

— Le mien est gonfle. . . J'étouffe ! je ne puis plus lire... il m'est impossible d'achever. ( // baise la lettre et la met dans son sein. ) Je la relirai cent fois , quand je serai là-haut. Mon ami, ce que vous avez déjà fait pour moi m'autorise... Mon ami, je vais devenir fou, furieux , capable de tout... Il faut la sauver de celte prison, me réunir à elle... Cent mille francs , si vous m'aidez dans ce projet.

GASPARD. Cent mille francs !... Ah!...

ADOLPHE. Deux cents I si vous voulez , et je signe.

GASPARD. Mais mon devoiï... la punition... si on découvre...

ADOLPHE. Vous viendrez avec nous ; vous ne nous quitterez jamais.

GASPARD. Ma conscience... car enfin , c'est une femme mariée.

ADOLPHE. A moi !

GASPARD , continuant , sansVe'couter en appafence. Son mari, je l'avoue , est un jeune insensé... qui s'est conduit assez mal... Mais...

ADOLPHE. Et c'est moi ! moi... moi , qui la rendais malheureuse , et qui veux désormais consacrer mes jours à son bonheur.

GASPARD, C'est voire femme ! qgt-çe bien sur?

ADOLPHE. J'en atiesle le ciel... Pro • mettez-moi donc... vous êtes ému !..

GASPARD , feignant d'être touché , et s'amusant. Non, non, Monsieur...

ADoLP«E. Vous vous attendrissez!..

GASPARD, se retournant pour rire. Ça...

ça n'est pas vrai.

ADOLPHE. Vous versez des larmes

GASPARD , à part, et riant. Je nécrosais pas si bien faire.

ADOLPHE. Eh bien !..

GASPARD. Eh bien ! il faut en convenir, je ne puis vous résister, et je risqueriii tout pour vous suivre.

ADOLPHE , l'embrassant Ah ! mon cher ami!..

GASPARD. Ecoutez-moi... mais voyons avant...

ADOLPHE. // regarde de tous cotés. Oui, voyons^., personne.

GASPARD. Iln'3r a donc d'autre moyen pour vous sauver, que celte fenêlre qui donne sur les fossés , et qui est à peu près à vingt pieds du sol;

ADOLPHE. Je les sauterai.

GASPARD. Oui; mais ni elle, ni moi, nous ne les sauterons pas.

ADOLPHE. C'est vrai I comment donc faire ?

GASPARD. Il faut nne longue échelle...

j'en ai une là... nous descendrons, et nous arriverons au parapet.

ADOLPHE. ]Nous voilà au parapet!

GASPARD. Nous ne sommes pas encore au parapet , mais nous y serons... nous

trouverons une petite porte secrète

j'en ai la clef...

ADOLPHE. Nous ouvrons la porte secrète.

GASPASD. 11 y a Iri trois sentinelles.

ADOLPHE. Nous les tuous.

GASPARD. Non, non... nous ne les tuons pas...

ADOLPHE. Eh bien! nous ne les tuons pas...

GASPARD. Mais nous les payons bien.

ADOLPHE. Tout ce qu'ils demanderont.

GASPARD. Je vous mène chez mon fils; des chevaux sont préparés , un pour vous deux , l'autre pour moi , et nous voilà...

ADOLPHE. En Espagne.

GASPARD. En Espagne !.. Alors j notfs s( mmes en sûreté Ne perdons pas un instant... La nuit commence à être noire, tous les prisonniers doivent êtfç retiré^

APOLBBE. Et Cl/^ra»

GASPARD. Je vais la chereher... restez ïà...

ENSEMBLE

ADOLPHE

Oui , mon ami , je reste là.

GASPAUD.

Point de bruit , le plus grand siatice.

ADOLPHE

Point de bruit, le plus grand silence.

CASPAUD.

N'allez pas faire d'imprudence.

ADOLPHE

Comment peux tu craindre cela ?

L'amour répond de ma 'prudence,

GASPATiD.

L'amour... Eh , restez toujours l;i.

ADOLPHE

Je reste là.

Comme mon cœur bat et palpite, En ce moment cruel et doux.

O nuit , protège notre fuite ; Amour, daigne veiller sur nous.

GASPARD

Vous êtes là... bon , point de bruit ; A l'instant même elle me suit.

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