Sancluai/'e cV Aphrodite à Paphos
Le sanctuaire d’Aphrodite, l’un des plus fameux de l’antiquité, se trouvait dans la vieille ville de Paphos (la moderne Kuklia) et il garda, invariables jusqu’à la fin, ses principaux caractères. Car sur des monnaies chypriotes de l’époque impériale'’* des représentations du sanctuaire correspondent parfaitement aux petits modèles d’or d’un temple fournis à Mycènes par deux tombes royales®’’. Tant sur les monnaies que sur les plaquettes nous voyons une façade surmontée d’un couple de colombes et divisée en trois compartiments ou chapelles, dont celle du milieu est couronnée par une superstructure élevée. Sur les plaquettes dorées on voit dans chaque chapelle une colonne qui s’élève entre une paire de cornes ; la superstructure centrale est surmontée de deux paiies de cornes symétriques l'une à l’autre ; et les deux chapelles latérales sont de même couronnées chacune d'une paire de cornes, avec une colombe perchée sur chaque corne extérieure. Les monnaies représentent des chapelles latérales renfermant un pilier ou un objet qui ressemble à un candélabre; la chapelle centrale contient un cône et est flanquée de
ADONIS A CHYPRE
deux hauts pylônes se terminant en pinacles à boules, et entre les deux tours on voit apparaître le croissant lunaire et le disque rayonnant, attributs d’Astarté. Les colombes sont indubitablement les oiseaux sacrés d’Apbrodite®®, et quant aux cornes et aux colonnes, elles nous rappellent les emblèmes religieux analogues mis à jour dans le grand palais préhistorique de Cnossos en Crète, ainsi que ceux trouvés sur plusieurs monuments de l'époque Mycénienne ou Minoéenne, en Grèce”. Si les archéologues sont fondés à considérer les plaquettes d’or comme étant des images du (emple d’Aphrodite à Paphos, ce temple a dû rester presque inchangé, extérieurement, pendant plus de mille ans, car les tombes royales de Mycènes où l’on a recueilli ces modèles ne peuvent guère dater, au plus tard, que du xii® siècle avant notre ère.